JO Tokyo 2020 : L’inconnue Johnson-Thompson, un trio US et Schäfer, cinq adversaires à tenir à l’œil pour Nafi Thiam

Ces 4 et 5 août, Nafissatou Thiam va tenter de réaliser un doublé olympique à l’heptathlon que seule la légendaire Jackie Joyner-Kersee a réussi aux Jeux. Outsider discrète à Rio, Nafi est devenue la reine des épreuves combinées. Elle sera la grande favorite pour l’or à Tokyo. La concurrence ne compte pas se laisser faire. Tour d’horizon des adversaires que Thiam devra tenir à l’œil.

Notre compatriote se présente au Japon en confiance. Avant son départ, elle a affirmé qu’elle était "meilleure" qu’en 2016 lors de son titre olympique. "Je sais qu’on en attend beaucoup de moi, mais je veux continuer à m’amuser, sans penser à ce que les gens veulent absolument que je réalise. Je fais de toute façon toujours le maximum, je fais beaucoup d’efforts et de sacrifices pour ça. L’athlétisme, c’est ma passion, je ne veux pas perdre ça de vue et ne pas profiter de la compétition en pensant à tout ce qu’on attend de moi. Il y aura des concurrentes très fortes, certaines filles ont fait de très bonnes performances cette saison, et on veut toutes la même chose", a-t-elle déclaré à notre micro.

Palmarès planétaire : Champion olympique à Rio, championne du monde à Londres, vice-championne à Doha, championne du monde en salle (pentathlon).

Points forts : Nafi Thiam est sans doute la meilleure sauteuse du plateau. Elle a franchi 2m02 en hauteur et a bondi à 6m86 en longueur dans sa carrière. Elle est aussi un cran au-dessus de ses concurrentes dans les lancers (15m41 au poids, 59m32 au javelot), c’est d’ailleurs dans ces deux disciplines qu’elle peut faire le plus d’écart.

Points faibles : Athlète exceptionnelle, elle est l’une des 4 femmes à avoir totalisé plus de 7000 points (7013). Si on doit indiquer une faiblesse, on irait la chercher du côté des courses (13.34 sur 100m haies, 24.37 sur 200m). Même si elle ne l’aimera jamais, elle s’est bien améliorée sur 800m (2 : 15.24) au fil des années.

L’inconnue Johnson-Thompson

Depuis son sacre olympique brésilien, Nafi a tout raflé. Tout à l’exception du titre mondial à Doha en 2019. Katarina Johnson-Thompson, plus solide que jamais, avait fait tomber la reine de son trône. La Britannique devait être la plus sérieuse rivale de Thiam. Aujourd’hui, sa forme est entourée d’un énorme point d’interrogation. La faute à une rupture du tendon d’Achille qui date de décembre dernier. Son retour à la compétition a été timide (6m10 en longueur, 1m84 en hauteur). La N.1 mondiale de l’hepta a eu trois semaines pour "monter en pression".

Palmarès planétaire : Championne du monde à Doha, championne du monde en salle (pentathlon), 2x5e des championnats du monde, 6e des Jeux de Rio.

Points forts : Avant sa blessure, KJT était l’une des heptathloniennes les plus rapides (13.09 sur 100m haies, 22.79 sur 200m) et les plus impressionnantes dans les sauts (6m92 en longueur et 1m98 en hauteur).

Points faibles : même si elle a progressé, les lancers (13m86 au poids, 43m93 javelot) restent ses disciplines les moins performantes.

La force collective américaine

Annie Kunz (6703 pts), Kendell Williams (6683 pts) et Erica Bougard (6667 pts) trônent au sommet de la hiérarchie planétaire 2021. Dans cette année particulière, les trois Américaines ont déjà dû prester à haut niveau aux Trials pour décrocher leur sésame olympique. Là où plusieurs grands noms de la discipline – dont Nafi et KJT – se sont concentrés sur l’entraînement et ne se sont pas encore alignés en hepta. Avec ces totaux, elles figurent clairement dans les candidates au podium.

Annie Kunz (13e des mondiaux de Doha) a vraiment franchi un palier cette saison en faisant bondir son record personnel de plus de 500 points ! Elle a battu tous ses records personnels cette saison, à l’exception du 800m.

Points forts : Son principal atout est qu’elle n’a pas réellement de gros "trous" dans son hepta. Elle émarge aux meilleures en lancer du poids (15m80). Sa régularité sera la clé. Ses autres références sont : 13.12 (100m haies), 23.71 (200m), 2.14.90 (800m), 1m81 (hauteur), 6m50 (longueur), 45m06 (javelot)

Points faibles : Elle ne possède pas une discipline qui permet de vraiment faire la différence par rapport à la concurrence.

Kendell Williams (5e des mondiaux de Doha) possède sans doute le plus gros potentiel du trio US. Mais il faudra réussir à enchaîner pendant deux jours.

Points forts : Grande spécialiste de haies (elle a été championne du monde U20 en 2014, rec. perso : 12.58), Kendell présente le profil typique de la coureuse-sauteuse (1m85 en hauteur, 7m en longueur !). Elle a déjà goûté à l’ambiance olympique (17e à Rio).

Points faibles : son lancer du poids (13m41) est un handicap.

Erica Bougard, avec 4 Mondiaux au compteur (4e à Doha), est la plus expérimentée du gang US. Elle va par contre découvrir les Jeux. Avec 6725 pts à Götzis en 2018, elle affiche le plus gros total des Américaines.

Points forts : Son expérience peut lui servir. Très solide en haies (12.78) et en hauteur (1m92), elle sera aux avant-postes après deux épreuves. Capable de boucler son 800m en 2 : 08.24, elle pourra gratter quelques places dans cette ultime discipline.

Points faibles : Comme sa compatriote Bougard, elle n’est pas impressionnante au poids (13m02).

Schäfer un vaccin enfin digéré ?

En 2017 à Götzis, un trio avait mené un train d’enfer le premier jour : Nafi, Johnson-Thompson et… Carolin Schäfer. Elles avaient toutes les trois viré à plus de 4050 points. Un départ historique en termes de densité à ce niveau. En Autriche, l’Allemande avait tenu la distance et claqué un total de 6836 points. De quoi viser un podium dans tous les grands championnats. En retrait cette saison (13.55 sur 100m haies, 1m73 en hauteur, 5m61 en longueur), elle a eu du mal à digérer son vaccin. Quelques semaines plus tard, elle espère que ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Palmarès planétaire : 5e des Jeux de Rio, 2e aux Mondiaux de Londres

Points forts : A l’image d’Annie Kunz, quand elle est en forme, Schäfer est très constante dans ses performances : 13.07 (100m haies), 1m86 (hauteur), 14m84 (poids), 23.27 (200m), 6m57 (longueur), 53m73 (javelot), 2 : 14.10 (800m).

Points faibles : Comme l’Américaine, elle ne peut pas s’appuyer sur une discipline "forte". Une épreuve qui peut lui permettre de marquer les esprits face à la concurrence ou de se relancer. Depuis sa grande année 2017, elle n’a pas retrouvé ce niveau.

Et aussi : Xenia Krizsan (Hongrie, victorieuse à Götzis en 2021, record personnel : 6651 pts), Verena Mayer (Autriche, 3e à Doha, record personnel 6591 pts), Laura Ikauniece (Lettonie, 4e à Rio en 2016, 3e à Pékin en 2015 record personnel : 6815 pts).

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