JO Tokyo 2020 : Belgian Cats, une faute évitable, un dernier shot manqué pour passer du paradis à l’enfer…

Le basket est cruel. Diablement cruel. C’est probablement même l’un des seuls sports où tout peut aller si vite. Où une seule erreur ou approximation peut changer le cours d’un match. Où, en l’espace de quelques instants, on peut passer du paradis à l’enfer.

Au paradis, les Cats pensaient l’être. Elles étaient, certes, bousculées par de cyniques Japonaises mais on sentait, sans oser se l’avouer, qu’elles allaient le faire. Qu’elles allaient parvenir à remporter ce quart de finale pour effleurer, d’encore un peu plus près, cette médaille dont elles rêvaient secrètement.

Quand Emma Meesseman fixe le score de ce thriller à 77-81 à moins de trois minutes du terme, tout le monde se dit que ça commence à sentir bon. Deux possessions d’avance, de quoi voir venir, non ?

Et puis, cette percée à priori anodine de Rui Machida dans la raquette. Dépassée, Julie Vanloo emploie les grands moyens et retient grossièrement son adversaire. Les arbitres n’hésitent pas. Faute antisportive, deux lancers et la possession de balle pour les Japonaises. Patatra. On ne le sait pas encore, mais c’est le tournant du match.

Parce que les Japonaises fructifient évidemment ce cadeau tombé du ciel. 81-81, tout est à refaire. A partir de ce moment-là chaque possession devient irrespirable. Chaque passe devient difficile. Chaque tir devient contesté. Mais les Belges sont toujours dans le match. Toujours bien là.

La preuve, la guerrière Jana Raman remet les Cats devant d’un lay-up difficile. Julie Allemand plante ses deux lancers-francs à 37 secondes du terme. C’est 83-85. On y croit !

Mais ces diables de Japonaises ont de la ressource. Ou cette énergie du désespoir qui nous a peut-être manqué, qui sait. D’un trois-points monstrueux et plein de sang-froid, Saki Hayashi remet les locales devant. 86-85, 15 secondes à jouer.

Dernière possession belge. Julie Allemand au ballon. D’une passe latérale, elle trouve Kim Mestdagh. Logique, la #5 est en feu (24 points) depuis l’entame du match. Une petite feinte pour mettre son opposante dans le vent et un tir, à mi-distance, qu’elle a déjà mis 1000 fois dans sa carrière. Mais cette fois, son envoi rebondit sur le cercle et ressort. Cruel.

Les dernières secondes s’égrènent et le gong retentit. Les larmes se mettent à couler. De joie côté japonais, d’une infinie tristesse côté belge. Julie Vanloo est inconsolable, probablement consciente que son erreur coûte cher au final. Kim Mestdagh est K.O debout. L’exemplaire capitaine Ann Wauters tente de remobiliser ses troupes. Peut-être trop gentilles, peut-être trop naïves en défense dans ce final haletant, les Cats sont éliminées. Le rêve de médaille s’envole, le retour sur terre est brutal.

Mais ces Cats reviendront plus fortes. Oui, c’est peut-être un barbant cliché sportif mais quelque chose nous empêche de baisser les bras. Cette belle histoire n’en est qu’à ses balbutiements. Emma Meesseman n’a que 28 ans. Julie Allemand n’a que 25 ans. Les soeurs Mestdagh 31 et 28 ans. Paris 2024 est proche. La revanche sera sanglante. Parce que ces Cats ont du coeur. Et après une telle désillusion, elles voudront le prouver.

 

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Julie Vanloo en larmes après l’élimination des Belgian Cats. © Belga
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