JO 2020: "Le CIO a raté une chance de montrer de l'empathie", selon l'ancien bras droit de Jacques Rogge

Urs Lacotte, ancien bras droit du Belge Jacques Rogge, estime que le CIO a manqué d'empathie en ne prenant pas position plus rapidement par rapport aux Jeux de Tokyo 2020.
Urs Lacotte, ancien bras droit du Belge Jacques Rogge, estime que le CIO a manqué d'empathie en ne prenant pas position plus rapidement par rapport aux Jeux de Tokyo 2020. - © MARK RALSTON - AFP

Le Comité international olympique qui a pour la première fois évoqué dimanche un possible report des Jeux olympiques de Tokyo-2020 face à la pandémie de coronavirus "a raté une chance de montrer de l'empathie", a estimé lundi Urs Lacotte, ancien directeur général de l'instance.

"La communication est trop défensive et technique, pas assez près des gens dans ces jours difficiles", a déclaré dans un entretien à l'AFP Urs Lacotte, directeur du CIO de 2003 à 2011, sous la présidence du Belge Jacques Rogge.

Malgré les nombreux appels au report lancés depuis plusieurs jours par des sportifs et des Comités nationaux olympiques, le CIO a attendu dimanche pour évoquer pour la première fois un possible report des JO de Tokyo qui doivent débuter le 24 juillet.

Lundi, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a admis qu'un report "pourrait devenir inévitable" face à la pandémie de coronavirus.

Jacques Rogge avait pensé au risque de pandémie il y a 17 ans déjà

M. Lacotte a rappelé que c'est Jacques Rogge qui en 2003 avait décidé de constituer une réserve financière pour que le CIO puisse faire face à une éventuelle annulation des JO.

Médecin de profession, M. Rogge avait évoqué parmi les risques celui de pandémie, pour justifier la constitution par le CIO d'une réserve d'environ 350 millions de dollars afin de faire face à une crise.

Pour M. Lacotte, âgé de 66 ans et de nationalité suisse, "si jamais on retarde les Jeux, il faut profiter de cet arrêt pour réfléchir aux leçons que le mouvement sportif doit tirer suite à cette crise mondiale".

"Le sport de compétition doit se rendre compte que la bulle de croissance incessante dans laquelle il se trouve, avec un calendrier surchargé, vient d'éclater. C'est le moment où le sport doit se demander si la direction engagée est encore la bonne", a-t-il ajouté.

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