J-30 avant les JO : Biles, Riner, Federer, où en sont les stars attendues ?

De Simone Biles à Teddy Riner, d’Armand Duplantis à Roger Federer, où en sont les stars annoncées des Jeux de Tokyo (23 juillet-8 août), à 30 jours de la cérémonie d’ouverture ?

Simone Biles

L’histoire personnelle et les prises de position de la gymnaste après l’affaire Nassar (l’ancien médecin de l’équipe américaine condamné à de lourdes peines de prison pour avoir sexuellement abusé de centaines de sportives, dont Simone Biles), la font rayonner largement au-delà des frontières de son sport.

Devenue en 2019 la gymnaste la plus médaillée de l’histoire en championnat du monde (hommes et femmes confondus), avec 25 récompenses, dont 19 en or, elle s’attaquera à un autre record à Tokyo : celui du plus grand nombre de sacres olympiques en gymnastique (9), établi par la Soviétique Larissa Latynina dans les années 1950-60. Six seront en jeu.

Et si, à 24 ans, Biles n’y tirait finalement pas sa révérence, comme prévu initialement ? "Cécile et Laurent (Landi, ses entraîneurs depuis 2017, ndlr) sont Français, alors ils m’ont en quelque sorte fait du chantage affectif pour que je revienne comme spécialiste" en 2024 à Paris, a évoqué la Texane la semaine dernière.

Teddy Riner

Son obsession : devenir le premier poids lourd sacré triple champion olympique de l’histoire, au pays du judo, dans le "temple" du Nippon Budokan.

Le judoka français a accumulé plus de couronnes mondiales que personne depuis 2007 : dix. Huit en +100 kg, deux en toutes catégories. Mais il s’est fait rare tout au long de l’olympiade et sa vertigineuse invincibilité de plus de neuf ans a pris fin en février 2020 au bout de 154 combats.

Riner, 32 ans, a remis les pendules à l’heure en s’imposant de manière probante pour son retour en compétition internationale près d’un an plus tard, en janvier au Masters de Doha. Pas tout à fait de quoi s’assurer un tableau plus favorable à Tokyo.

Armand Duplantis

A 21 ans, le détenteur du record du monde du saut à la perche (6,18 m) sera le grandissime favori, avec en embuscade l’inusable Français Renaud Lavillenie (34 ans) et la colonie américaine (Kendricks, Lightfoot, Nilsen). Le prodige suédois a débuté l’année sur des bases élevées. Il a survolé la saison en salle avec quatre meetings à plus de six mètres et la meilleure performance mondiale (6,10 m), une barre de nouveau passée en extérieur en juin à Hengelo (Pays-Bas). Il en a également profité pour gonfler son palmarès avec un titre de champion d’Europe en salle.

Roger Federer

Il reste un dernier titre derrière lequel court le champion suisse, qui fêtera ses quarante ans le 8 août, jour de la cérémonie de clôture : l’or olympique en simple – il a remporté le double avec Stan Wawrinka en 2008 à Pékin.

La première condition pour y croire : avoir suffisamment récupéré de sa double opération au genou droit subie début 2020. Federer a fait son retour sur le circuit après treize mois d’absence début mars, à Doha. Bilan : une victoire et une défaite. A Roland-Garros, il a déclaré forfait au troisième tour pour se ménager dans la perspective de Wimbledon, son "jardin". Ses performances sur le gazon londonien en diront plus sur ses chances de peser à Tokyo, qui se disputera sur dur.

Outre l’armada de jeunes ambitieux (Tsitsipas, Zverev, Medvedev,…), ce sera face à un seul de ses deux rivaux historiques, Novak Djokovic, car Rafael Nadal a choisi de faire l’impasse.

Caeleb Dressel

Il semble s’inscrire dans le sillage de Michael Phelps. A 24 ans, le sprinter américain, "seulement" titré en relais en 2016 (4x100 m et 4x100 m 4 nages), est encore très loin des 23 médailles d’or olympiques, record de Phelps. Mais au rythme de ses razzias aux Mondiaux-2017 – sept sacres – et 2019 – huit médailles, dont six en or – le Floridien a les moyens de se mesurer à la légende. D’autant que, testées la semaine dernière en meeting, les finales matinales – comme ce sera le cas à Tokyo – ne lui ont pas paru "si différentes ou si bizarres mentalement et physiquement" qu’il l’avait imaginé.

Katie Ledecky

Son défi : rafler cinq médailles d’or, du 200 m au 1500 m – distance pour la première fois au programme olympique -, en passant par le 4 x 200 m.

Deux finales, celles du 200 m et du 1500 m, auront lieu le même jour, mais pas de quoi affoler la placide nageuse américaine. "C’est un peu un défi, mais c’est un défi pour lequel je m’entraîne", pose-t-elle.

Avec la pandémie, "je n’ai pas vu ma famille depuis plus d’un an. Pas une seule personne", raconte Ledecky (24 ans), originaire de la côte Est et installée à Stanford, en Californie. "Ca me manque. Je veux que ce temps passé à travailler en vaille le coup."

La quintuple championne olympique, sous les 4 min sur 400 m et les 1 min 54 sec 5/10 sur 200 m la semaine dernière, est déjà en forme.

Kohei Uchimura

Champion du monde du concours général six fois de suite entre 2009 et 2015 – du jamais-vu – et double champion olympique en titre – inédit depuis plus de quarante ans -, le Japonais a dominé la gymnastique comme personne pendant ces huit années.

Mais, à 32 ans et au bout d’une olympiade minée par les blessures, ses épaules douloureuses le contraignent à concentrer ses efforts sur un seul agrès, la barre fixe.

Qualifié depuis le 6 juin dans ce seul agrès, il peut rêver à une huitième médaille olympique. Son titre de champion du Japon obtenu en décembre dernier a constitué un pas "important" à ses yeux.

Bekele et Kipchoge

Dans un pays féru de cette discipline, le duel sur marathon entre l’Ethiopien Kenenisa Bekele et le Kenyan Eliud Kipchoge (tenant du titre et détenteur du record du monde), les deux meilleurs performeurs de l’histoire, s’annonce comme un sommet des Jeux. A condition que Bekele, qui a fait l’impasse sur les sélections éthiopiennes, soit repêché par sa fédération et que ne se renouvelle pas le scénario du marathon de Londres en 2020 : Bekele n’avait finalement pas pris le départ avant que Kipchoge connaisse une défaillance et ne doive se contenter de la huitième place (sa deuxième défaite en 13 marathons…). Le duel sera aussi une opposition de styles, entre un marathonien à la régularité métronomique (Kipchoge) et un autre venu plus tardivement à la discipline (Bekele), plus irrégulier mais capable d’énormes accélérations et probablement plus rapide en cas d’arrivée au finish. Ils se sont affrontés quatre fois, à chaque fois Kipchoge l’a emporté. La chaleur et l’humidité à Sapporo seront des éléments cruciaux de l’équation.

Fraser-Pryce et Felix

Après son exploit en avril (10 sec 72 sur 100 m), la jeune Américaine Sha’Carri Richardson s’est affirmée parmi les meilleures sprinteuses du monde. Mais elle devra partager l’affiche avec deux "anciennes", la Jamaïcaine Sheryl-Ann Fraser-Pryce, 34 ans, et l’Américaine Allyson Felix, 35 ans. La première est devenue en juin la deuxième performeuse de l’histoire sur la ligne droite (10 sec 63), tandis que la seconde a couru en avril son 400 m le plus rapide depuis 2017 (50 sec 88). Une médaille à Tokyo serait sa dixième, soit autant que Carl Lewis. Quant à Fraser-Pryce, elle peut remporter un troisième titre olympique sur 100 m. Autre point commun entre les deux trentenaires : elles sont revenues à la compétition après être devenues mères.

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