Discrètement, Tokyo se prépare à accueillir les Jeux Olympiques

Le futur village des athlètes se situe en bord de mer
Le futur village des athlètes se situe en bord de mer - © Tous droits réservés

C’est une ville en perpétuelle effervescence. La mégapole la plus peuplée du monde : près de 40 millions d’habitants dans le « grand » Tokyo. Dans cette ville tentaculaire qui vit en permanence à 300 à l’heure, la tenue prochaine des jeux olympiques d’été l’année prochaine (du 24 juillet au 09 août 2020) ne saute clairement pas littéralement aux yeux.

Il faut observer attentivement la vie trépidante de la cité tokyoïte pour découvrir un logo sur la portière d’un des milliers de taxis officiels de la ville ou un magasin officiel (on en recense 6 actuellement) installé discrètement dans un des gigantesques centres commerciaux que compte la capitale japonaise

Direction donc l’ouest de la ville, à un jet de pierre de Shibuya, le plus grand carrefour du monde, pour découvrir le chantier du stade olympique national, actuellement en pleine construction sur le site de celui qui accueillit les jeux de 1964. Un héritage confié à Kengo Kuma, la star de l’architecture japonaise qui a promis une enceinte verte, composée en partie de bois et de murs végétaux.

Tout le pays est impatient

Nous y croisons quelques curieux, impatients de voir les jeux revenir pour la 4e fois sur leur île après Tokyo en 1964, Sapporo en 1972 (jeux d’hiver) et Nagano en 1998 (jeux d’hiver). « C’est une fierté nationale » lance un passant. « J’ai connu les jeux de 1964, je me réjouis de les voir revenir ici l’année prochaine. Tout le pays est impatient. »

Vingt-deux ans et une catastrophe naturelle plus tard (le tremblement de terre suivi d’un tsunami et de la catastrophe de Fukushima en 2011), le pays prépare donc aujourd’hui les jeux « du redressement et de la reconstruction ».

« Les jeux de 1964 ont permis au Japon de progresser à bien des niveaux 20 ans après la fin de la 2e guerre mondiale » explique Tatsuo Ogura, directeur de projet au service communication du comité d’organisation des jeux 2020. « Tout le pays a profité d’un nouveau réseau autoroutier, de moyens de communication modernes (le réseau de métro de Tokyo compte plus de 100 lignes, ce qui en fait l’un des plus denses au monde, certaines gares accueillant 3 millions de passagers par jour). Les jeux de 2020 doivent permettre au pays de se relancer après la catastrophe de 2011 et d’offrir un avenir radieux à la jeunesse de notre pays. Mais pour ces jeux, nous allons peu construire en termes de nouvelles installations. Puisque sur les 43 sites de compétitions, seuls 8 sont nouveaux. »

Le village des athlètes transformé en appartements après les jeux

Des infrastructures intégrées, rénovées pour certaines (comme le Nippon Budokan, le centre où se déroulèrent les épreuves de judo en 1964 et qui accueillera les compétitions de judo et de karaté en 2020) dont la reconversion est déjà programmée. Même chose pour le village des athlètes, construit sur un terrain vague en bordure d’une nouvelle zone résidentielle bâtie sur une île artificielle dans la zone portuaire de la ville. Là, dans un calme et une organisation toute japonaise, des milliers d’ouvriers se relaient jour et nuit pour finaliser la construction des milliers d’appartements qui accueilleront les athlètes et les délégations pendant la durée des jeux et qui seront revendus une fois les jeux paralympiques terminés.

Opportunités exceptionnelles à saisir pour qui pourra y mettre le prix (le mètre carré à Tokyo est un des plus élevés au monde). Avec une vue imprenable sur la skyline de la ville, le pont arc-en-ciel, un des symboles architecturaux de la ville, et par temps clair sur le mythique Mont Fuji qui du haut de ses 3776 mètres d’altitude veille sur les habitants de l’île.

L'hospitalité des japonais fera la différence

« La ville s’est transformée progressivement pour accueillir les jeux » explique Nicolas Wauters, un belge installé à Tokyo depuis 6 ans et qui a monté son agence de voyage (www.tokyotripweb.com) pour visiter la ville de manière décalée. « Les choses se déroulent de façon intégrée et les Japonais se réjouissent de pouvoir recevoir les visiteurs du monde entier. Certains vous diront que la méconnaissance de l’anglais par les habitants est un inconvénient. Mais la politesse, le sens du service, l’hospitalité et le sourire des Tokyoïtes permettent vite d’oublier ce désagrément. » On ne peut que lui donner raison.

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