Coronavirus: préparer les jeux olympiques coûte que coûte

Jeudi matin devant le Blocry de Louvain-la-Neuve. Ambiance de lendemain de guindaille dans les rues de la plus vivante des villes étudiantes wallonnes. Pas un chat dans les rues désertes. Le Blocry, c'est pourtant l'un des centres sportifs les plus fréquentés du pays. Habituellement, des centaines d'athlètes s'y rendent tous les jours pour s'adonner à la pratique de leur sport. Mais comme tous les complexes, le Blocry est fermé depuis plus d'une semaine. Seuls les athlètes sous contrat avec l'ADEPS y ont accés. C'est là que le clan Borlée a logiquement trouvé refuge. En devant toutefois changer ses habitudes. "C'est la première fois que l'on prend ma température en arrivant à l'entraînement" sourit Dylan Borlée qui comme tous ceux qui se présentent à la porte de l'institution doit montrer patte blanche. "Mais ça ne nous empêche pas de nous entraîner comme si de rien n'était. Nous avons un plan, il faut que nous le respections tout en gardant évidemment nos distances. Après l'entraînement, chacun rentre chez soi."

Une salle vide et silencieuse réservée aux athlètes professionnels, un luxe dans d'autres circonstances. Mais une ambiance feutrée, inhabituelle en cette période de crise sanitaire. Un entraînement à huis clos qui permet toutefois de continuer à bosser tout en conservant ses distances, même entre frères. "Nous avons de la chance de pouvoir continuer à nous entraîner presque normalement" explique Jonathan Borlée. "Dans notre sport, deux semaines d'arrêt, c'est le double pour revenir au niveau d'avant la pause. Donc pour le moment, on avance. Mais c'est clair que si les jeux olympiques sont annulés, ça change tout évidemment."

A une centaine de kilomètres de là, en région liégeoise, Charline Van Snick, médaillé aux jeux de Londres en 2012, prépare l'échéance olympique de cet été sur la terrasse de la maison familiale. Une situation inédite mais un moindre mal pour garder la forme. "Je suis en confinement chez mes parents avec mon compagnon (lui aussi judoka). L'avantage pour moi, c'est que nous avons des tapis, que l'on peut les installer sur la terrasse et que mon papa et mon compagnon sont judokas. Je peux donc continuer à garder la forme, à travailler le physique et la technique. Mais si la situation perdure, ça va se compliquer parce que nous avons besoin de contacts, de randoris (combats d'entraînement) et de combats pour garder le rythme." Le sport de haut niveau au ralenti qui vit aujourd'hui lui aussi plus que jamais à l'heure de l'attente et de la patience.

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