Une Red Flame chargée du traçage du Covid-19 : "Je veux participer à l'éradication du virus"

Justien Odeurs travaille à la lutte contre le Covid-19.
Justien Odeurs travaille à la lutte contre le Covid-19. - © DAVID CATRY - BELGA

Si vous avez eu, malgré vous ou non, des contacts avec des malades du coronavirus, il est possible que votre téléphone sonne et que vous soyez appelé à passer un test de dépistage chez votre médecin traitant : c’est le principe du tracing, l’un des volets de la stratégie mise en place depuis deux semaines pour juguler l’épidémie en Belgique.

Au bout du fil, vous aurez peut-être le gardien de notre équipe nationale de foot. Thibaut Courtois ? Non, Justien Odeurs, le dernier rempart des Red Flames qui, depuis quelques jours, travaille comme contact tracer dans un call center de Saint-Trond.

J’appelle les personnes qui sont ou ont été victimes du coronavirus, pour tenter de retracer avec elles les personnes avec qui elles ont été en contact " explique depuis son lieu de travail, un call-center, la gardienne de notre équipe nationale (36 caps). " Ensuite, on appelle ces gens et on les questionne sur des signes ou des symptômes d’une éventuelle contamination. Le cas échéant, on leur conseille de passer chez leur médecin faire un test. Il faut installer un rapport de confiance, les gens ne disent pas toujours la vérité car ils ont peur qu’on leur envoie la Police en cas de non-respect des règles de confinement. Mais on leur explique que notre seul objectif est purement sanitaire et qu’on ne flique personne : les informations que nous récoltons sont purement confidentielles. "

La Trudonnaire (23 ans) a contracté ce job un peu par hasard, voici quelques jours, sur recommandation de ses proches.

Ma mère et ma grand-mère voyaient que je m’ennuyais, car avec mon club Anderlecht et les Red Flames, je suis professionnelle... et tout est à l’arrêt depuis deux mois " poursuit Odeurs. " J’ai vu une annonce dans le journal et j’ai postulé : j’ai suivi une formation d’un jour et demi, et voilà. J’ai de chouettes collègues et je suis fière de participer, même petitement, à la lutte contre le virus. Je travaille en 4/5e mais quand le foot reprendra, je compte bien continuer au moins à mi-temps. Au début, comme tout le monde, j’ai sous-estimé ce fléau. Puis les victimes ont commencé à tomber, la société s’est totalement arrêtée, et j’ai vraiment pris conscience... J’ai aussi des amis qui se sont retrouvés à l’hôpital à cause du corona. Mais moi, non, je n’ai pas peur… "

Le hasard faisant bien les choses, cette semaine correspond aussi avec la reprise des entraînements collectifs, notamment chez les Red Flames.

J’ai pointé ce lundi dans mon agenda, ça faisait trop longtemps qu’on avait touché la balle " sourit Justien Odeurs. "C’est aussi l’occasion de retrouver ce sentiment de groupe, entre les filles on est très proches, quand on ne se voyait pas c’était au maximum 5 jours… et là c’est depuis le 17 mars ! La Fédération nous a envoyé un programme à faire à domicile, mais ce n’est pas la même chose : difficile de rester motivée !"

Lors des entraînements de ce lundi, les distances de sécurité étaient respectées.

Nous, les gardiennes, on est habituées à s’entraîner à part du groupe. Il n’y a pas grand-chose qui change, d'autant que notre activité se joue sans duels. Avec les gants, on est de toute façon protégées... même si on parle beaucoup des ballons contaminés. "