Sara Yuceil, une Marseillaise fan de Brabançonne

Marseille, début mai, nous sommes partis à la rencontre de Sara Yuceil, la jeune Red Flame. Une découverte étonnante...

Son port d'attache à elle, c'était Sclessin, en bord de Meuse. Titulaire au Standard elle a voulu larguer les amarres, pour franchir une étape, ou plutôt des étapes.

Pour l 'internationale belge, c'est la toute première saison comme pro. Pour l'OM aussi. Mais à peine promues en Ligue 1, les marseillaises galopent déjà dans le sillage des écuries de pointe que sont Lyon, Montpellier et le PSG.

Mais une blessure éloigne la joueuse des terrains: "Je crois que c'est à cause de la charge de travail, bien supérieure aux saisons précédentes. J'étais pourtant parfaitement préparée en début de saison, mais voilà....! Ceci dit, les blessures, ça fait partie (du jeu), ce n'est pas dramatique

En fin de saison, ou presque, l'heure est déjà au bilan. Positif, à commencer par l'aspect purement footballistique: "J'ai beaucoup progressé, aux niveaux technique, tactique, et surtout physique. J'ai rarement été aussi affûtée. Ici, tout est propice au progrès”

Le niveau du championnat de France est supérieur au nôtre, bien sûr ! Sara s'y est adaptée parfaitement. Et dans cette équipe marseillaise à la culture très spécifique, non seulement elle a su s'intégrer, mais elle en est aussi devenue une des valeurs sûres. Pour son expérience, son niveau de jeu, et sa personnalité.

Christophe Parra, entraîneur de l'OM est satisfait de l'arrivée de la Belge: “ Avec Sara, on ne s'est pas trompé , c'est une fille fantastique, à tous points de vue”.

Depuis la création de la section “dames” il y a 5 ans, Christophe Parra a des objectifs très clairs. Lorsqu'il a contacté la belge, son discours a fait mouche : "Il m a dit que depuis 5 ans, il vivait une aventure humaine exceptionnelle. Ça m'a touchée, parce que pour moi, le football, c'est avant tout des relations, des interactions, un groupe, ....puis seulement il y a un ballon entre nous", explique-t-elle.

Un contrat pro, à Marseille, ce n'est pas Bysance. Tout juste de quoi vivre, sans voiture, dans un appartement modeste, mais qu'importe !

Il y a longtemps que le ballon a séduit la petite montoise d'origine turque. A l'âge de 6 ans, elle débute au Stade brainois, seule fille entourée de garçons, dont les frères Hazard. 23 ans plus tard, pour la toute première fois, le foot est sa priorité, une sensation....bizarre, "maintenant, ça va, je m'y suis faite, mais au début c' était difficile qu'il n'y ait que le football dans mes journées"

Une vie qui laisse la place à de nombreuses plages de repos, et donc de solitude aussi. Avant, Sara étudiait, à l'Université, ou travaillait, dans le socio-culturel. Cette nouvelle vie, il a fallu s'y faire. Il a fallu, "apprendre à faire des choses qui sont bonnes pour soi, et les faire seule, souvent. Rencontrer des gens, lier connaissance,... C'était difficile aussi parce qu'avant, je travaillais, et j'ai adoré les boulots que j'avais. Tout cela m'a manqué, et aussi d'être loin des miens"

Le foot est sa passion, et son métier. Le basket aurait pu l'être. Elle pourrait très bien aussi se passer de compétition. Mais tant qu'à en faire, il faut que ce soit dans un sport collectif. "J'adore cette impression que quand on forme vraiment un bloc, on n'est pas 11 mais 12, voire plus. C'est ça qui est génial dans les sports d'équipe"

Onze égale douze, comme en équipe nationale ! Pour la Marseillaise d'adoption, chanter la Brabançonne est un bonheur à l' état pur.

C'est la première fois que les Red Flames sont qualifiées pour un tournoi majeur, mais c'est tout sauf un hazard: "L'aventure avec les Flames, c'est que du bonheur, un vrai plaisir, à chaque fois que je rentre au pays.  Il y a un véritable esprit d'équipe, en ce compris avec le staff, et ça grandit de plus en plus; depuis 4 à 5 ans, maintenant; en fait depuis le début du travail d' Yves Serneels.”

Heureuse, Sara Yuceil alors ? "Oui, très ! En même temps, je ne suis pas difficile, mais oui, ici comme avec l' équipe nationale, je suis heureuse"

En prenant rendez vous avec Sara Yuceil, on pensait parler football, trophées, ambitions sportives. Au final, il a été question d'émotions, d'amitiés,  de choix de vie, et c'est très bien ainsi.

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