Edito de Benjamin Deceuninck : Vive les filles !

Edito de Benjamin Deceuninck
Edito de Benjamin Deceuninck - © RTBF.be / Belga Image

J’avoue. J’ai longtemps regardé bizarrement les filles qui jouaient au foot. Voire, pire, je les ai longtemps ignorées. D’ailleurs, c’est bien simple, il n’y en avait pas beaucoup dans la cour de mon école et aucune dans mon club de foot. Je ne les voyais pas, je ne les cherchais pas. Et je trouvais ça normal. Culturellement, ce n’était pas encore dans l’ADN du sport de notre pays. Ni dans le mien.

Mais depuis, j’ai (un peu) grandi et (légèrement) mûri. J’avais toujours regardé le sport sans distinction de genre alors pourquoi le foot devait-il être mon exception ? Après quelques coups d’œil discrets, j’ai accroché. J’ai fini par réaliser que dans "foot féminin", il y avait d’abord foot. Le foot reste le foot. Un sport qui se joue à onze contre onze et où les Allemandes gagnent à la fin (six Euros consécutifs !). Un sport merveilleusement collectif et parfois transcendé par des inspirations individuelles.

Et arrêtons tout de suite la comparaison de ces dames avec ces mâles. C’est mal. Et surtout inutile. Ce débat-là, quelle que soit la discipline pratiquée, me fatigue. Comme l’a récemment lancé John Mc Enroe, Serena Williams serait-elle dans le top 500 masculin ? Dans quelle division jouerait Carli Lloyd, joueuse FIFA 2016? On s’en foot !

Oui, les hommes, globalement, courent plus vite que les filles. Ce n’est pas un scoop. D’ailleurs, on ne se pose pas la question de savoir à quelle place la championne olympique du 100 mètres terminerait chez les hommes. Alors mettons tout de suite cela de côté pour aborder ce premier Euro avec nos Red Flames.

Notre équipe nationale, en pleine progression, peut croire en une bonne surprise, en une qualification pour les quarts de finale. Laissez-vous séduire par les contrôles de Tessa Wullaert, tête haute, par la technique en mouvement de Janice Cayman, par les transversales d’Aline Zeler, les réflexes de Justine Odeurs, le peps de Davina Philtjens, la couverture de balle de Julie Biesmans, l’intelligence d’Imke Courtois, les frappes à distance de Maud Coutereels. Et tout le reste qui va nous emballer, balle au pied. Cela commence dès ce soir pour, on l’espère, un premier moment d’histoire.

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