Coronavirus : Les joueuses belges réclament plus de solidarité du football masculin

Dans une lettre ouverte, plusieurs joueuses de football, dont les Red Flames Kassandra Missipo et Tine Schryvers (toutes deux La Gantoise), se plaignent du manque de solidarité des dirigeants du football masculin et des joueurs vis-à-vis de leurs collègues. Les joueuses demandent de profiter de la crise du coronavirus pour s'attaquer aux inégalités structurelles entre les genres.
Dans une lettre ouverte, plusieurs joueuses de football, dont les Red Flames Kassandra Missipo et Tine Schryvers (toutes deux La Gantoise), se plaignent du manque de solidarité des dirigeants du football masculin et des joueurs vis-à-vis de leurs collègues. Les joueuses demandent de profiter de la crise du coronavirus pour s'attaquer aux inégalités structurelles entre les genres. - © DAVID CATRY - BELGA

Dans une lettre ouverte, plusieurs joueuses de football, dont les Red Flames Kassandra Missipo et Tine Schryvers (toutes deux La Gantoise), se plaignent du manque de solidarité des dirigeants du football masculin et des joueurs vis-à-vis de leurs collègues. Les joueuses demandent de profiter de la crise du coronavirus pour s’attaquer aux inégalités structurelles entre les genres.

Vendredi passé, l’Assemblée générale de la Pro League est parvenue à dégager un consensus sur l’arrêt du championnat et l’organisation de la prochaine saison. Un accord a même été trouvé sur la mise en place d’un fonds de solidarité pour les clubs masculins, qui vont recevoir une contribution des représentants belges dans les compétitions de l’UEFA. La Fédération belge de football (RBFA) apportera également une contribution.

Les équipes féminines se sentent abandonnées. "La RBFA a mis en place des initiatives innovantes, bonnes pour stimuler la Super League et donner un boost au football féminin. Le véritable point de friction est qu’il n’y a que peu ou pas de solidarité entre les joueurs et les conseils d’administration des clubs masculins de football et leurs collègues féminines. Au sein de la Pro League et des clubs de football masculins, l’équipe féminine est encore régulièrement considérée comme un fardeau et une grande dépense, plutôt que comme une valeur ajoutée ou un enrichissement pour le monde du football", peut-on lire dans la lettre ouverte.

Les joueuses ont énuméré une série d’exemples d’inégalité de traitement. "Est-il normal que les équipes masculines de jeunes et les espoirs sont prioritaires pour l’utilisation des terrains par rapport à l’équipe première féminine ? Est-il normal qu’on envisage de démanteler le double champion national (Anderlecht, ndlr) pour épargner ? Est-il normal que les joueuses soient payées autant de fois moins pour les mêmes prestations ? Est-il normal que les salaires des joueuses soient réduits en raison d’un prétendu déficit financier ?"

Les joueuses demandent de profiter de la crise du coronavirus pour chercher des solutions structurelles afin de lutter contre les inégalités entre les genres. "Car le football est un sport qui unit, donc aussi au sein de sa propre organisation et des clubs", poursuit la lettre ouverte. Les joueuses demandent que les clubs masculins ne se consacrent pas seulement aux bonnes actions pour redorer leur blason, mais veillent également en leurs propres rangs au respect des obligations sociales et de l’égalité des sexes.

La lettre a été partagée notamment par les Red Flames Kassandra Missipo et Tine Schryvers, ainsi que par les espoirs Zenia Mertens (OHL) et Mariam Abdulai Toloba (RSC Anderlecht). La saison prochaine, il y aura non plus six, mais dix équipes au sein du football féminin.