Pourquoi l'échange Pjanic-Arthur est l'illustration d'un Barça qui se cherche

L'échange entre le Barça et la Juventus impliquerait deux joueurs : Pjanic et Arthur.
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L'échange entre le Barça et la Juventus impliquerait deux joueurs : Pjanic et Arthur. - © @RTBF sur des images @Belga

Selon les médias espagnols, le deal serait quasiment acté : la Juventus et Barcelone se seraient mis d’accord autour d’un échange Pjanic-Arthur. Le Bosnien viendrait donc garnir les rangs catalans alors que le Brésilien ferait le trajet inverse, direction l’Italie. Si côté transalpin ce deal s'apparente à une véritable aubaine financière et sportive, du côté catalan il pose question. Sur la forme comme sur le fond. Analyse.

Commençons par le prisme purement sportif. Difficile de déceler le moindre intérêt d’attirer Miralem Pjanic côté Barça. Le Bosnien est, certes, un virtuose du jeu, élément majeur d'une Juventus magistrale ces dernières années, mais il a déjà 30 ans. Les Blaugrana ajouteraient donc un nouvel élément vieillissant à une ossature de l’entrejeu qui contient déjà Busquets (31 ans), Rakitic (32 ans) et Vidal (33 ans). Alors que la direction clame haut et fort son envie de “rajeunir l’effectif” ou “d’insuffler un nouveau souffle au noyau”, l’arrivée éventuelle de Pjanic viendrait infirmer cette volonté, maintes fois réaffirmée, de rajeunissement. Soit.

Mais plus que l’âge de Pjanic, c’est son placement au sein du dispositif catalan qui pose question. Parce que soyons clairs, il lui sera difficile voir impossible de déloger l’immuable Sergio Busquets de son rôle de sentinelle. La relève post-Busquets ? Elle semble déjà assurée avec Frenkie De Jong, transfert phare de l’été dernier. Même à moyen terme, Pjanic ne pourra donc pas évoluer à sa place de prédilection, en 6. Le Bosnien devra donc à coup sûr avancer sur l’échiquier, évoluer en 8 dans un rôle de relayeur qui n’exploitera pas forcément au mieux ses qualités distribution et de de chef d’orchestre. A l’image d’un Griezmann, paumé tactiquement depuis qu’il a endossé la vareuse catalane, Pjanic pourrait donc ne jamais trouver sa vraie place. On n’en est évidemment pas encore là mais transférer un joueur sans vraiment savoir où le faire jouer, ni quel véritable rôle lui assigner, illustre la vision quelque peu bancale du front-office catalan.

Attardons nous ensuite sur l’aspect financier. A l’heure actuelle, Arthur touche “seulement” 2,5 millions d’euros par saison. L’un des plus petits salaires parmi la pléiade de stars catalanes. Pjanic, lui, surfe sur son lucratif contrat signé avec la Juventus et émarge à 6,5 millions d’euros. En estimant que le Bosnien n’acceptera, sans doute pas de baisser ses émoluments, le Barça devra donc payer plus cher...un joueur plus âgé. Alors que la masse salariale blaugrana explose, l’arrivée annoncée de Pjanic viendrait paradoxalement l’alourdir encore un petit peu plus. 

Un Pjanic qui, on le répète, a 30 ans. Qui a déjà 13 saisons professionnelles dans les pattes. Et qu'il sera donc très difficile de revendre dans quelques années. Un constat financier qui est différent avec Arthur. Malgré une saison en dents de scie, le Brésilien n'a que 23 ans et donc une marge de progression potentiellement énorme. Le Barça fait donc une croix sur une lucrative revente éventuelle dans quelques années.

Passés maîtres dans les transferts coûteux mais complètement ratés (Dembélé, Coutinho...) ces dernières années, les Catalans sont à deux doigts de lâcher l'un des...rares transferts réussis. Bref, difficile de comprendre la stratégie orchestrée par Bartomeu et l'ensemble de la clique catalane. A Pjanic de nous contredire. On ne demande que ça.