Balotelli, Belhanda, David Luiz : Adana Demirspor, le surprenant petit poucet turc devenu l’eldorado des pré-retraités

C’est calme, trop calme, j’aime pas trop beaucoup ça.”

Les plus cinéphiles d’entre vous se souviennent sans doute de cette réplique, signée Jamel Debouzze dans Astérix Mission Cléopâtre en 2002. Devenue culte, elle pourrait être sortie de son contexte près de 20 ans plus tard pour être transposée...au mercato foot.

Parce que soyons honnêtes, il ne se passe pas grand-chose cet été. Finis les cassages de tirelires, finies les dépenses inutiles, les “gros” comptent leurs sous et font avec les moyens du bord. Le FC Barcelone, aux fraises financièrement, en est la plus navrante illustration.

Mais dans l’ombre, un club, résiste encore et toujours à l’envahisseur covidien qui vient chambouler les mannes financières : Adana Demirspor. Focus sur ce club turc méconnu, qui met le feu au mercato pour fièrement devenir l’eldorado des pré-retraités.

Adana Demirspor revient de très très loin. En 2018, le club traîne son spleen dans le ventre mou de la D2 en rêvant secrètement de D1, un antre qui se refuse à lui depuis de trop longues années. Seul hic, et il est de taille, les caisses sont vides et les dettes importantes (+ de 37 millions d’euros de dettes).

Surgit alors un homme, un ange gardien : Murat Sancak. A 53 ans, ce puissant homme d’affaires réalise son rêve de gosse en rachetant le club. Le début de la résurrection, financière et sportive, pour cette formation, fondée en 1940 par des employés de chemin de fer.

Trois ans plus tard, Adana envoie en effet valser ses vieux démons et décroche (enfin) le titre en D2. La joie est évidemment immense pour cette bourgade de 1,5 millions d’habitants. De retour en D1 pour la 1e fois depuis 26 ans, le président Sancak veut pérenniser la présence de son bébé au sein de l’élite turque.

Les papys flingueurs

Résultat, le club met les petits plats dans les grands pour peaufiner son noyau. L’objectif ? Mettre le grappin sur des noms, des stars. Tour à tour, Benjamin Stambouli (ex-Schalke, Tottenham, PSG), Younès Belhanda (ex-Galatasaray, Montpellier) et Mario Balotelli (ex AC Milan, Manchester City, Inter) débarquent donc.

Trois joueurs qui ont plusieurs points communs. Tous ont plus de trente ans. Tous ont déjà pas mal roulé leur bosse. Et tous cherchent à se relancer, à l’aube d’écrire, sans doute, l’un des derniers chapitres de leur carrière.

Le fantasque Balotelli dans ses valises, le président Sancak sait qu’il va défrayer la chronique. Parce que quel que soit le club ou Super Mario pose ses bagages, il fait parler de lui. Son armada de papys flingueurs rameutés à prix d’or (près de 3 millions annuels pour Balotelli) Sancak s’amuse et poursuit donc son Monopoly géant. Il annonce vouloir signer David Luiz, libre depuis son départ d’Arsenal. Lui aussi a plus de 30 ans. Lui aussi est à un moment charnière de sa carrière de pré-retraité. Le fit semble donc idyllique et pourrait rapidement être concrétisé.

"Ils auraient même pris Zlatan Ibrahimovic s’il n’avait pas prolongé avec l’AC Milan […] Pour leur première saison en D1, leur objectif est de former une équipe solide. Les transferts vont continuer. Les fans sont très contents jusqu’à présent" confirme Yacup Sinar, un journaliste turc à Foot Mercato.

Un club ambitieux mais néophyte, des stars bling-bling mais usées, reste désormais à voir si cette improbable mayonnaise va prendre. Dans le cas contraire, Adana Demirspor pourrait devenir le nouveau FC Anzhi Makhachkala, autre club sorti de nulle part à coups de millions, avant de resombrer très vite dans les abysses de l’anonymat.

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