"Rebelle, héros, tricheur, Dieu" : 2 heures inédites avec le phénomène Maradona

Après avoir dressé le portrait d'Ayrton Senna et d'Amy Winehouse, le réalisateur britannique d'origine indienne Asif Kapadia s'attaque cette fois au Dieu argentin du football, à travers un documentaire intitulé 'Diego Maradona : Rebelle, héros, tricheur, Dieu" et sorti ce mercredi. Deux heures inédites et remplies de vives émotions sur les traces du célèbre numéro 10, de Naples aux Mondiaux 1986 et 1990. De la gloire à l'enfer aussi.

5 juillet 1984. Diego Maradona rebondit en Italie après deux saisons en demi-teinte au FC Barcelone. L'Argentin débarque dans une des villes les plus pauvres du pays, car c'est la seule qui souhaite l'attirer, avec un objectif : offrir le premier titre de leur histoire aux Napolitains, régulièrement en lutte contre la relégation. L'ascension est vertigineuse : huitième la première saison, troisième la suivante et le Scudetto lors de l'exercice suivant, dans la foulée d'une Coupe du monde 1986 au Mexique remportée pratiquement à lui seul, en écartant notamment la Belgique en demi-finale.

"C'était impossible d'installer un plan contre Maradona, il était trop fort, un vrai phénomène. Il te dribblait comme si tu n'existais pas", se souvient Léo Van Der Elst à notre micro lors de l'avant-première ce mercredi. Des propos confirmés par Jean-Marie Pfaff, également dans la salle du célèbre cinéma bruxellois : "Un joueur extraordinaire sur le terrain, impossible de le décrire comme un simple numéro 10, il donnait l'initiative et ses équipiers le suivaient. C'était un ami, il m'a donné deux maillots après nos affrontements." Plus jeune, son compatriote Nicolas Frutos s'en rappelle tout autant et nous glisse quelques mots avec des étoiles dans les yeux : "Vous savez, j'avais 5 ans en 86. Diego est un héros national et un Dieu, il nous faisait rêver. Il a imposé le respect envers toute notre nation."

Le documentaire s'attarde ensuite sur la partie moins brillante de sa carrière. Ses écarts extra-sportifs, son addiction à la drogue, ses liens avec la mafia napolitaine. La descente aux enfers s'accélère lors du Mondial 1990 lorsque son Argentine élimine l'Italie... à Naples. L'Italie entière veut s'en débarrasser et elle y parviendra. Insaisissable sur un terrain, mais rattrapé par la justice. "85.000 personnes étaient présentes à mon arrivée à Naples. J'étais tout seul quand je suis parti...", racontait le principal intéressé.

Technique géniale, sourires, vives larmes, détresse : ce coup de projecteur inédit de deux heures est épatant et vous donnera certainement la chair de poule. Il vous apprendra aussi qu'il y avait le côté Diego, le gentil, et le côté Maradona, le fantasque. "Sur un terrain, on oublie sa vie, ses problèmes", suggérait-il. Mi-Dieu, mi-diable, l'Argentin de 58 ans se bat aujourd'hui toujours pour sa survie.

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