Pour Hugo Broos, Marc Wilmots a encore beaucoup à prouver en club

Pour Hugo Broos, Marc Wilmots a encore beaucoup à prouver en club
Pour Hugo Broos, Marc Wilmots a encore beaucoup à prouver en club - © FRANCK FIFE - AFP

A 64 ans, Hugo Broos a déjà beaucoup bourlingué dans le monde du foot. L’ancien défenseur d’Anderlecht et du Club de Bruges entame sa 28ème année en tant qu’entraineur. Après 10 expériences différentes en club, Hugo Broos a désormais posé ses valises au Cameroun où il prépare les Lions indomptables pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations. Notre journaliste François Zaleski l'a contacté pour parler de son actualité.

Hugo Broos, quelles sont les principales différences entre un entraineur de club et un sélectionneur d’équipe nationale ?

La plus grande différence c’est qu’en tant que sélectionneur tu n’es pas occupé tous les jours de la semaine. Moi en ce moment je n’ai pas de match avec le Cameroun, je vais visionner des joueurs, je m’occupe de la préparation du prochain match (dans 3 semaines). Donc je ne suis pas tous les jours, chaque minute, sous pression à devoir faire des choses que tout le monde attend.

En tant qu’entraineur de club, il faut préparer quotidiennement les entrainements, chaque semaine tu as soit les problèmes soit les bons côtés d’une victoire ou d’une défaite, tu as chaque jour des problèmes avec les joueurs donc il y a énormément de boulot.

Au niveau footballistique, sur le plan tactique et technique il n’y a pas beaucoup de différences. Il faut juste s’adapter.

Marc Wilmots a récemment été cité en club (à Wolfsburg) et en équipe nationale (Algérie), l’ancien sélectionneur des diables a démenti tous contacts, selon vous quel profil lui convient le mieux ? Club ou sélection nationale ?

En tant qu’entraineur de club, Marc Wilmots a encore un parcours à faire. On ne peut pas vraiment le juger sur son parcours à Saint-Trond et à Schalke 04. On verra ce qu’il va se passer pour lui mais il sait que le jour où il retrouvera un club cela sera très différent de ce qu’il a connu avec l’équipe belge.

Peut-on facilement revenir dans un club lorsqu’on a longtemps dirigé une équipe nationale ?

Non. C’est clairement plus difficile de retourner en club quand on vient d’entrainer une équipe nationale pendant une longue période. On est plus du tout habitué à cette pression omniprésente. La pression vient avec les matches. En club, on joue des matches tous les trois jours alors qu’en équipe nationale ça se compte en mois. Il est donc beaucoup plus simple de passer du club à la sélection et non l’inverse.

Les points forts de Marc Wilmots sont sa personnalité et son sens de la gestion du groupe. Ses qualités-là correspondent-elles mieux aux clubs ou aux équipes nationales ?

Avec l’équipe belge, Marc a réussi à créer une situation où tout le monde avait confiance en lui et dans laquelle on le laissait faire dans tous les domaines. Dès l’instant où les dirigeants veulent avoir leur mot à dire cela devient plus difficile de travailler mais c’est pareil dans chaque filière. Il y a des directions dans les clubs mais aussi dans les fédérations.

Prenez l’exemple de l’entraineur algérien. Il a dû démissionner après seulement deux matchs. Tout va dépendre de votre vision du foot, si elle correspond à la vision de vos dirigeants ce sera plus simple. Le grand problème des entraineurs c’est justement de devoir travailler avec des gens qui ne connaissent pas le foot et qui veulent se mêler de votre travail.

Si vous deviez donner un conseil à Marc Wilmots vous lui diriez de se tourner vers un club ou un pays ?

Je n’ai pas de conseil à lui donner. Marc Wilmots connaît suffisamment le football pour savoir ce qu’il a à faire. Mais ici en Afrique c’est très différent de ce qui se fait par exemple en Bundesliga. Au début, il faut fermer les yeux sur un certain nombre de choses qui ne marchent pas très bien en terme d’organisation. Mais tout cela rentre dans l’ordre petit à petit. Il y a déjà une grosse différence avec ce que je voyais au début. Il faut s’adapter à cette culture différente.

Cela dit, si l’Algérie lui propose de venir … alors oui je lui dis d’y aller parce qu’en terme de football ils ont vraiment une très bonne équipe.

Une équipe qui fait partie des favorites de la prochaine Coupe d’Afrique des nations. Où se situe le Cameroun ?

C’est difficile à dire. Normalement, l’Algérie, la Côte d’Ivoire et l’Egypte sont au-dessus du lot mais le Cameroun a une chance aussi. Dans ce genre de tournoi tout est possible. A l’Euro personne ne pensait que le pays de Galles allait éliminer la Belgique….

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