Malouda: "La Belgique n'a pas à rougir: c'est du costaud individuellement!"

Malouda: "La Belgique n'a pas à rougir: c'est du costaud individuellement!"
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Malouda: "La Belgique n'a pas à rougir: c'est du costaud individuellement!" - © Tous droits réservés

Florent Malouda évolue cette saison au Luxembourg, dans le club de FC Differdange. Pascal Scimè est parti à la rencontre de l'ex-international français, qui s'est posé au Grand Duché pour rester proche de sa famille, après des expériences exotiques en Inde ou en Egypte.

Il a disputé dimanche son 5eme match avec Differdange lors du derby perdu contre Niederkorn. L'occasion pour le Guyanais de jouer son rôle de transmetteur d'expérience: "J’ai beaucoup reçu durant ma carrière et maintenant je m’approche de la fin et j’ai le temps de ralentir. Il faut que je transmette car j’ai beaucoup d’acquis, d’expérience. Il faut faire le deuil de sa vie de joueur."

De l'expérience, il en a revendre. Finaliste de la Coupe du Monde 2006, il porte toujours un regard attentif au monde du football. Il détaille pour nous son avis sur les Diables Rouges. Il n'hésite pas à placer la Belgique parmi les outsiders pour la prochaine Coupe du Monde: "La Belgique c’est un peu comme la France. Il y a des joueurs individuellement qui figurent parmi les meilleurs du monde et qui sont des leaders dans leur club respectif. Ce sont des nations qui seront outsiders. S’ils arrivent à accumuler de la confiance en phase de poule, ce sont des équipes qui peuvent aller au bout. Maintenant avec les longues saisons, l’état de fatigue, il y a une gestion à avoir. Quand on regarde l’effectif, il n’y a pas à rougir ! C’est costaud… il y a de la qualité, de la vitesse. Ce sont des joueurs décisifs. Après, il y a de la complémentarité à avoir et une régularité pour monter en puissance dans la compétition. Mais honnêtement, il n’y a pas à regarder ce qui se passe à côté avec ce que vous avez."

Véritable baroudeur, il sait ce qu'est le caractère de gagnant, la "mentalité de vainqueur" que Roberto Martinez souhaite dans son groupe: "Peut-être que cela manque collectivement aux Belges mais individuellement, les joueurs ont déjà cette culture dans leur club respectif. Après c’est collectivement qu’il faut réussir à avoir cette union sacrée qui fait que l’objectif de la nation c’est aller au bout. Moi, je n’ai pas de conseils à donner aux Belges sur le sujet."

Si Hazard pense qu'il a fait le tour à Chelsea, c'est sûr que c'est mieux qu'il parte.

Ancien joueur de Chelsea, il suit toujours l'actualité de son ancienne équipe. Il donne son avis sur Eden Hazard et son éventuel départ du club londonien: "Chelsea peut lui donner les moyens de ses ambitions… c’est toujours quand cela ne va pas que l’on spécule… Il doit assumer son statut de leader à Chelsea ou ailleurs. Mais c’est une décision personnelle. Si lui il pense qu'il a fait le tour, c'est sûr que c'est mieux qu'il parte. De nos jours, c’est bien que les joueurs ne quittent pas le club quand cela devient difficile. Eden devrait quitter le club après un trophée majeur comme la C1. Chelsea a besoin d’un joueur de cette classe" ajoutant toutefois "Il peut jouer dans tous les clubs du monde. Il aime la pression et l’assume. C’est un prodige mais Chelsea a besoin de lui."

On dit souvent que pour gagner un trophée ou aller loin dans ce type de compétition… Il faut avoir un joueur d’exception… En 2006, la France avait Zidane. Est-ce que pour la Belgique Hazard et De Bruyne peuvent suffire ? "Je pense qu’il est important d’avoir des joueurs qui font la décision mais c’est important d’être solide collectivement. Un joueur peut faire la différence offensivement si les deux équipes se tiennent et qu'il faut le petit plus. Mais si vous n’avez pas d’abord la solidité, cela ne sert à rien... Ce sont les meilleures nations du monde et tout le monde veut aller au bout. Le niveau est très, très élevé. Tout le monde est préparé pour cet objectif. On ne peut réfléchir qu’en termes de joueurs qui font la différence ! Il faut des joueurs de classe mondiale qui, avec la pression de l’événement, prennent les choses en main et la Belgique les a comme d’autres nations comme la France ou l’Allemagne. Mais collectivement et défensivement, il faut dégager cette impression de puissance… surtout quand on sort des phases des poules, le niveau s’élève et le droit à l’erreur est quasiment nul !"

A 37 ans, il commence à songer à sa reconversion. Celle-ci pourrait-elle être dans le staff d'un autre finaliste de la Coupe du Monde 2006, Claude Makelele, entraîneur d'Eupen? "(Sourire) C’est lui qui décidera… Mais la dernière fois que l’on s’est parlé, on a dit que l’on échangerait là-dessus. Claude, c’est un peu mon grand frère… Donc, on ne sait jamais… Si mon parcours entraîneur peut passer par son staff, pourquoi pas ? Nous avons une relation fraternelle et je lui souhaite beaucoup de succès dans cette aventure belge."

En tous cas, il est persuadé que les footballeurs doivent jouer un rôle social dans la société: "Les footballeurs ont souvent beaucoup de choses intéressantes à dire mais souvent le format où ils s’expriment est très réduit. Il y a beaucoup de joueurs qui s’impliquent… qui ont des valeurs mais qui ne sont pas mis en avant ou qui sont réservés là-dessus. Il y a des parcours différents, des gens sortis de milieux difficiles qui grâce au foot ont pu trouver un équilibre. Et cela devrait être un peu plus mis en avant. Il faudrait que le grand public découvre plus l’histoires des hommes footballeurs… Car on est souvent dans le cadre " résultats, matches, points, défaites, etc… "  Si on peut découvrir, la vie, le parcours… car chaque footballeur a un parcours différent. On parle souvent des moments victorieux mais souvent on teste les hommes dans les moments de difficulté, dans l’épreuve et là, je pense qu’il y a quelque chose de très intéressant, de très inspirant pour beaucoup de milieux."

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