Le paradoxe portugais : des services de santé en crise mais une parfaite gestion du coronavirus

Le Portugal est-il vraiment épargné ? Résiste-t-il mieux à l’épidémie ? A-t-il mieux géré la crise sanitaire que la plupart des autres pays européens ? Les Portugais restent prudents mais le contraste avec le puissant voisin espagnol est saisissant. Et avec la Belgique ?

 

Orlando Sà, l’attaquant portugais du Standard, a ouvertement critiqué la gestion de la crise du coronavirus en Belgique. La direction de l’équipe liégeoise, qui affirme que son joueur est rentré au Portugal sans en avertir le club, n’a guère apprécié ces déclarations. Voici une analyse comparative de la situation dans les deux pays.

 

Le Portugal, où le championnat de football reprendra fin mai à huis clos, et la Belgique ont une population sensiblement égale. Il y a environ un million d’habitants de plus chez nous mais la superficie du Portugal est trois fois supérieure à la nôtre.

 

Les chiffres au 30 avril

 

Belgique

Portugal

Cas confirmés

48.519 (+ 660 en 24h)

25.405 (+540 en 24h)

Hospitalisations

3609 (+ 178 en 24h)

980 (-12 en 24h)

Malades aux soins intensifs

769 (- 28 en 24h)

163 (+9 en 24h)

Personnes décédées

7594 (+ 111 en 24h)

989 (+16 en 24h)

 

Selon les derniers chiffres communiqués par le centre de crise des deux pays, la Belgique compterait presque deux fois plus de cas confirmés atteints du Covid-19 mais surtout entre sept et huit fois plus de morts que le Portugal où près de 60 % des personnes infectées sont des femmes. Parmi les 989 personnes décédées, il y a 50 % d’hommes. Dix décès appartiennent à la tranche d’âge entre 40 et 50 ans et pas un seul en dessous de quarante ans.

Les chiffres au 30 avril indiquent également qu’il y a presque quatre fois moins d’hospitalisations et cinq fois moins de malades aux soins intensifs au Portugal où on a enregistré, au cours des vingt-quatre dernières heures, 16 décès supplémentaires pour 111 en Belgique.

 

Depuis le début de la crise, l’hôpital São João, à Porto, est celui où on enregistre le plus grand nombre d’hospitalisations dans le pays. Il n’a pourtant jamais été saturé. Aujourd’hui, 79 chambres ventilées y sont occupées, pour une capacité totale de 100.

 

Le symptômes : la toux chez la moitié des malades

Selon les informations rapportées par 83 % des cas confirmés, voici (en %) les symptômes les plus souvent rapportés par les portugais :

Toux    50

Fièvre  36

Maux de tête 24

Douleurs musculaires26

Fatigue générale 20

Problèmes respiratoires 14

 

Les Portugais, comme les Belges, sont confinés depuis le 18 mars et il le resteront jusqu’à ce samedi 2 mai. L’isolement social et les restrictions de la circulation sont en vigueur dans tout le pays.

Des mesures strictes ont été prises à la frontière avec l’Espagne depuis le 16 mars. Tous les vols entre les deux pays ont été suspendus, excepté pour la circulation des biens et des marchandises.

 

Perspectives : un déconfinement progressif et graduel

La Direction Générale de la Santé (DGS) envisage une sortie de confinement en différentes phases afin d’évaluer l’impact des mesures prises. Le gouvernement a officialisé jeudi soir les mesures suivantes :

 

Le 4 mai : première phase

Le télétravail demeure la norme.

Ouverture des commerces locaux avec portes ouvertes, des salons de coiffure et de manucure et des bibliothèques (toujours avec port du masque obligatoire).

Usage obligatoire du masque dans les transports en commun.

Autorisation de faire du sport à l’extérieur avec deux personnes, au maximum, ne vivant pas sous le même toit et en respectant les distances de sécurité.

Les déplacements non essentiels demeurent interdits tout comme les rassemblements de plus de dix personnes.

 

Le 18 mai : deuxième phase

Les écoles primaires (les deux premières années et la dernière) et secondaires (les deux dernières années) reprennent mais avec 10 élèves par classe au maximum. Le port du masque est obligatoire pour les plus de 12 ans.

Ouvertures des musées et des galeries d’art.

Ouvertures des restaurants, cafés et patisseries à 50 % de leur capacité, jusqu’à 23 heures et sous des conditions spécifiques qui seront ultérieurement communiquées.

 

Le 1er juin : troisième phase

Reprise du travail à temps partiel.

Ouverture des crèches et des écoles maternelles.

Ouverture des cinémas, des théâtres, des auditoires et des sales de spectacles avec places fixes, respect des règles de distanciation et capacité réduite.

Les grands événements de masse demeurent interdits jusqu’au 31 août.

”Toutes ces mesures peuvent en permanence être revues. Si cela se passe mal, un retour en arrière est possible à tout moment”, a déclaré Marta Temido, la ministre de la santé, qui fait appel à “la responsabilité sociale”.

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