Olympiakos : A vaincre sans péril…

Vangelis Marinakis en 2010 lors de la présentation d'Albert Riera
Vangelis Marinakis en 2010 lors de la présentation d'Albert Riera - © Tous droits réservés

Un simple coup d’œil sur le classement le démontre. Le championnat grec ne ressemble plus à grand-chose. Il y a l’Olympiakos…et puis les autres. Chacun dans sa cour. Le suspense n’existe plus, la soif de victoires des Kokkini (les Rouges) est sans limite.

18 points d’avance sur l’AEK, 22 sur le Pana, la rivalité athénienne n’est plus ce qu’elle était, et ces écarts, qui paraissent énormes, ne sont pas propres à cette saison-ci uniquement.

Depuis 2011, l’Olympiakos enchaîne les titres en surclassement. En 2014, par exemple, le club du Pirée avait déjà été sacré avec 17 points d’avance sur le PAOK. Comment expliquer cette suprématie ? Tout d’abord par le fossé qui se creuse entre les grands clubs athéniens.

L’AEK a failli sombrer, s’est même retrouvé en D3 il y a 2 ans et évolue aujourd’hui sur le fil du rasoir. Idem pour le Panathinaikos qui paie au prix fort son dernier titre de 2010, à l’époque des Djibril Cissé, Gilberto Silva et autres stars trop grassement payées. Le club croule aujourd’hui sous les dettes (on parle de 50 millions d’euros), tout le contraire de l’Olympiakos qui dépense entre 15 et 20 millions lors de chaque mercato. Le club se renforce, écrase la concurrence, remporte des titres et s’auto-finance grâce à la Ligue des Champions. Un cycle (vicieux) qui semble sans fin.

Marinakis : un armateur pas très professionnel

Outre les titres, il y a aussi la façon dont l’Olympiakos les remporte qui fait polémique. Au centre des débats : le président Vangelis Marinakis.

Marinakis, un personnage haut en couleur, figure contestée (et crainte) du football grec. Débarqué en 2010 à la place de Sokratis Kokkalis, l’homme ne fait pas dans la dentelle. Sous sa présidence, le club a raflé tous les titres nationaux.

Richissime armateur, Marinakis pèse 600 millions d'Euros. Il n'hésite pas à mettre la main au portefeuille ni, apparemment, à décrocher son combiné pour donner quelques instructions bien senties. Des écoutes téléphoniques ont ainsi révélé que l'homme était intervenu auprès de la Fédé grecque pour opérer certaines désignations d'arbitres, avec toutes les dérives que cela suppose en terme d’impartialité.

Aujourd'hui, certains ne parlent plus d' "Olympiakos le Pirée " mais d' "Olympiakos le Parrain".

On dira donc de Marinakis qu'il est un armateur… pas toujours très professionnel. Un homme pour qui la fin justifie les moyens.

Manuel Jous, envoyé spécial de la RTBF à Athènes

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