Michel Louwagie : "Jonathan David est notre prochain transfert-record"

Michel Louwagie
Michel Louwagie - © JASPER JACOBS - BELGA

Confortablement installé dans un fauteuil du lobby de son hôtel de luxe à Wolfsburg, Michel Louwagie s’apprête à déjeuner avec le comité du club-hôte. Comme de coutume avant chaque match de Coupe d’Europe, le duel à crampons du soir se joue une première fois le midi… à la fourchette.

"C’est un match important pour nous après deux saisons où on avait échoué en tour préliminaire" explique le Manager Général de La Gantoise. "Être présent en Europe est important pour l’image du club : nous avons investi dans notre stade et dans notre complexe d’entraînement, nous pouvons maintenant investir dans le sportif, et c’est un avantage sur la concurrence belge. Nous voulons redevenir champions, même si cette année, je le reconnais, Bruges est au-dessus du lot. Mais nous devons aussi honorer notre nom en Europe. Et si on peut prendre un point ce soir à Wolfsburg, nous ferons un grand pas vers une qualification pour le printemps."

Pour le développement du club gantois, dont le budget annuel se monte aujourd’hui à 45 millions d’euros, ce type d’expérience est très instructif.

"Nous observons la structure et le fonctionnement de nos adversaires étrangers" poursuit Louwagie : "Lors du match aller, les dirigeants de Wolfsburg nous ont expliqué que si le propriétaire Volkswagen comblait tous les déficits éventuels du club, de la même manière tous les bénéfices… retournaient directement dans les caisses de VW. Donc quand Wolfsburg a vendu Kevin De Bruyne pour 75 millions d’euros à Manchester City, le club n’a rien touché sur la plus-value ! Nous, à Gand, nous n’avons pas de propriétaire, et donc nous gérons toutes les finances du club, positives… ou négatives. Nous fonctionnons en toute autonomie, nous n’avons pas de mécène. Mais nous constatons que la plupart des clubs sont de plus en plus souvent détenus par des investisseurs uniques. Que ce soit lors de nos matches de préliminaires en Roumanie, à Larnaca, à Rijeka, à Olexandria ou ici à Wolfsburg, nous avons déjeuné avec le management du club… mais nous n’avons jamais rencontré le propriétaire !"

Seul club du G5 belge avec Genk à tourner sans gros portefeuille à sa tête (Bart Verhaeghe pour Bruges, Bruno Venanzi pour le Standard, Marc Coucke pour Anderlecht), La Gantoise prospère donc toujours sur base de son scouting et veut profiter pleinement de la vitrine européenne.

"Jonathan David est notre dernière pépite, c’est vrai, mais ne comptez pas sur moi pour vous dire qu’il vaut autant ou autant, j’ai retenu la leçon des 20 millions de Moses Simon (rires). Mais si certains citaient un montant de 10 millions d’euros en début de saison pour notre jeune Canadien, les mêmes sont venus nous parler de 20 millions après ses deux buts contre Saint-Etienne. On verra bien. Mais c’est sûr qu’il va battre le record à la vente du club, qui est de 10 millions actuellement pour le transfert de Samuel Gigot au Spartak Moscou. Mais Jonathan n’est pas notre seule perle : il y a aussi Chakvetadze qui va revenir de blessure, Yaremchuk qui explose pour l’instant, et Owusu qui a encore sorti un gros match contre le Standard… Et avec notre noyau, que j’estime au moins aussi fort que lors du titre de 2015, je pense qu’on peut aller loin, tant en championnat qu’en Europaligue. À condition de résoudre nos difficultés défensives en déplacement."

Faire un tour en Europe, c’est aussi scruter les perspectives de développement transnational de notre Pro League : la Beneleague est prête à sortir des cartons.

"Nous avons toujours dit que nous étions pour une Beneleague, c’est même nécessaire car notre marché passerait ainsi de 11 millions à 28 millions d’habitants. Mais il faut le faire de manière concertée, via la Pro League, et pas dans le dos des autres clubs (ndlr : allusion au cavalier seul de Bruges). Et il faudra aussi bien négocier la question des tickets UEFA : actuellement, Belgique et Pays-Bas ont ensemble 10 tickets européens, mais il m’étonnerait que l’UEFA nous en laisse autant si nos compétitions fusionnent. Donc les places seront chères… et il ne faut pas s’appauvrir là où on croit s’enrichir !"

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