Laurent Depoitre: "Un Bratwurst en cas de victoire ? Avec plaisir !"

Laurent Depoitre: "Un Bradwurst en cas de victoire ? Avec plaisir !"
Laurent Depoitre: "Un Bradwurst en cas de victoire ? Avec plaisir !" - © JASPER JACOBS - BELGA

Il crachine sur Wolfsburg, une grise bruine qui n’améliore en rien le paysage urbain de la cité de VW. Au loin derrière les façades mornes typées allemandes, les bâtiments des usines Volkswagen s’alignent avec discipline. Le cœur de cette ville de Basse-Saxe bat au rythme de l’automobile : 80% (!) des fans du club local bossent chez VW… ce qui explique la maigre assistance annoncée ce jeudi soir (11.000 spectateurs). Le match démarre à 21h, juste entre deux shifts du personnel qui se relaie en permanence selon les normes du 3 x 8 heures : trop tôt donc pour l’équipe du soir… et trop tard pour celle du petit matin qui débute à 5 h vendredi.

La Gantoise est en pays de connaissance : en février 2016, les Buffalos disputaient ici leur 2e tour de Champions League et s’inclinaient face à l’implacable Julian Draxler, aujourd’hui passé au PSG. C’étaient les Buffalos génération Vanhaezebrouck.

J’étais sur le banc ce soir-là, je me souviens d’un match assez fermé " rembobine Laurent Depoitre. " Je m’attends forcément à un match difficile : le foot allemand est physique et, rapide, avec aussi de la qualité technique, mais avec une bonne mentalité, comme au match aller, on a les moyens de faire quelque chose et, pourquoi pas ?, de gagner ici. Le football belge a un rôle à jouer en Europa League, qui est sans doute plus taillée pour nos clubs que le Champions League : on a prouvé qu’on pouvait aller loin et on ne fait pas de priorité avec le championnat, même si le calendrier est chargé. La nourriture allemande ? Oui ça me parle, mais vous savez, nous les joueurs, on est suivis diététiquement et on mange toujours la même nourriture… saine. Un Bratwurst en cas de victoire ce soir ? Avec plaisir ! " (rires)

Le rythme de La Gantoise a quelque chose de celui du personnel VW : régulier et efficace. Mais ce constat ne vaut… qu’à la Ghelamco Arena : à domicile, les Buffalos  ont remporté 12 de leurs 13 matches. Car en déplacement, le bilan est totalement inverse : la bande à Thorup n’a remporté… qu’un match sur onze, et en Coupe de Belgique au surplus chez le modeste Alost. Ce qui, hier soir lors du traditionnel dîner de presse organisé par le club dans un restaurant triple étoilé Michelin (!) de Wolfsburg, faisait tiquer le manager général gantois…

Je ne m’explique pas ce double visage de notre équipe " confiait Michel Louwagie. " Peut-être notre entraîneur joue-t-il trop offensivement… Nous avons les attaquants idoines, mais il faut un équilibre. Avec Hein Vanhaezebrouck, on jouait offensivement mais on assurait hors de nos bases. Et avant lui, Michel Preud’homme avait aussi prouvé chez nous qu’il était déjà le maître de la gestion rationnelle. Je vais en parler avec notre coach, il faut plus de rendement à l’extérieur. "

Un verdict qui sonne comme un avertissement pour le romantique entraîneur danois ? A suivre de près en tout cas…

Dans cette Volkswagen (forcément) Arena aux allures de soucoupe volante verte flashy, Gand affronte ce jeudi soir (21h00) une équipe un peu sonnée : après un début de championnat tonitruant, marqué par une série sans défaite et le co-leadership provisoire de la Bundesliga, les Wölven (traduction : les Loups) locaux viennent de prendre deux raclées : 1-6 en Coupe contre Leipzig et 3-0 au Borussia Dortmund de nos amis Axel & Thorgan.

Je reste néanmoins songeur face à la puissance du football allemand " glisse le Président Ivan De Witte. " Wolfsburg a un budget annuel de 220 millions d’euros… soit cinq fois le nôtre ! Et comme on sait, un Allemand n’est jamais résigné, ni battu. Un partage me satisferait donc amplement. "

Qu’en penserait Kevin De Bruyne ? Pas grand-chose sans doute. Le cerveau de Manchester City reste bien présent dans les mémoires locales où il a acquis le statut de Légende… ce qui lui vaut d’avoir son portrait XXL dans l’un des virages du stade. Mais pour le reste, plus de trace : ni objet collector en vente aux différents fan-shops du stade et du centre-ville, ni fan-club préexistant.

Et Michel Louwagie de se faire nostalgique… " Dire que ce gamin était chez nous il y a 15 ans mais qu’à l’époque, nos finances étaient dans un tel état que nous n’avions pas pu lui proposer un plan de carrière. Et qu’il nous a alors quittés pour Genk… "

On connaît la suite.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK