Face au Slavia, Genk devra être Prague-matique

Alejandro Pozuelo
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Alejandro Pozuelo - © YORICK JANSENS - BELGA

C’est un club en reconstruction que Genk affronte ce jeudi à 18h55 pour le compte des 16émes de finale de l’Europa League. Il y a seulement cinq saisons, le Slavia évitait la relégation de peu puis deux saisons plus tard, c'était la faillite. Aujourd’hui, c’est sous pavillon chinois que la plus vieille formation tchèque tente de naviguer.

Praha-Genk, n’est pas le match le plus attendu des supporters locaux. Pour eux, le grand moment de la saison c’est le derby face au Sparta, club où les ex-anderlechtois Chipciu et Stanciu ont trouvé refuge avant, pour le deuxième cité, de partir sous des cieux plus lucratifs. Chacune des confrontations opposant les 2 clubs est attendue et dégénère souvent. Mais ce 16ème de finale possède tout de même un intérêt symboliquement chargé. Il peut en effet permettre au Slavia de repositionner son nom sur la carte du foot européen dont il avait un peu disparu depuis sa ½ finale de Ligue Europa en ... 1996.

Sur le plan national, le Slavia a glané son dernier titre en 2017 mais il est le leader autoritaire du championnat actuel. Dans l’Eden Arena et ses 21.000 places, l’équipe encaisse peu et perd peu de points que ce soit durant la compétition domestique ou sur la scène européenne. En Europe, l’équipe développe un jeu très organisé, solide et pragmatique, fait de peu de buts et d’un peu de cynisme. Elle n'a pas connu la défaite en phase de poule à domicile et n'a inscrit que 4 buts en tout (dont 3 dans son Arena). Genk y retrouvera peut-être une vieille connaissance de la Pro League, le nigérian Peter Olayinka, un attaquant qui a évolué à Gand et Zulte Waregem mais ceux qui représentent le plus un danger se nomment Zmrhal, pur produit du club et Stoch, un slovène passé par le Fener.

On notera 2 précédents pour le Slavia face à des clubs belges. Le dernier en date est assez récent, face à Anderlecht, celui de Weiler, Teo, Hanni, Tielemans, Dendoncker et consorts. Les Bruxellois s'étaient imposés là-bas 0-3 et aussi à domicile 3-0. En 2002, Mouscron avait bien résisté à domicile (2-2) avant de s'effondrer 5-1 en République Tchèque.

Le cas Pozuelo

Genk a donc plutôt les faveurs des pronostiques. Les limbourgeois sont en pleine confiance et surtout très habiles à l'extérieur. Samatta respire la forme, meilleur buteur du championnat, il est aussi, avec ses 9 roses, le plus efficace de l'Europa League. En se montrant pragmatique (encore une fois), les Limbourgeois pourraient réaliser une bonne opération dès ce jeudi soir.

Par ailleurs, si Berge et Uronen sont toujours indisponibles, Trossard revient.

Mais l'homme dont tout le monde parle est Pozuelo. On peut parler d'un véritable malaise. On notera que tout le monde communique à Genk, du manager, au président en passant par les joueurs et le coach. On rassure, on botte parfois en touche mais n'empêche, certains signes ne trompent pas. L'Espagnol semble vouloir s'isoler. Dès son arrivée à l'aéroport de Maestricht d'où la délégation embarquait, "Pozu" a offert l'image d'un sombre héro. Le regard vide, à l'écart du groupe.

Le signe le plus tangible de ce malaise fut son arrivée sur la pelouse de l'Eden Arena pour l'entraînement de reconnaissance de mercredi vers 18h30. L'Espagnol fut le dernier à sortir du vestiaire en marchant, emmitouflé dans une cagoule qui laissait à peine traverser son regard. Nonchalamment, il est allé rejoindre le groupe déjà en cercle autour du coach et s'est dissimulé derrière ses ex-futurs coéquipiers.

Espérons que l'épisode Pozuelo ne va pas gâcher la belle aventure de Genk. Une chose est sure, si d'aventure Clément devait se passer de son stratège, la qualité du jeu de son équipe s'en ressentirait. Mais conserver un joueur qui a la tête ailleurs et n'attend qu'une chose, son bon de sortie, c'est encore pire. Jusqu'à présent, Pozuelo a toujours eu une attitude irréprochable, à lui de quitter Genk par la grande porte. Nul doute aussi que Philippe Clément aura une solide conversation avec lui avant de coucher son nom sur la feuille de match.

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