Et vous, quel nom vous vient directement à l'esprit quand on évoque les gardiens du Standard ?

A cette question, les plus anciens répondent aussi vite qu’une sortie aérienne : "Christian Piot ou Jean Nicolay."

Deux noms aussi inséparables qu’une paire de gants qui ont écrit 22 années de la légende des Rouches. Honneur à Nicolay d’abord, qui s’installe dans les buts en 1956 pour les quitter 278 matches plus tard. 4 fois champion avec le Standard, il remporte le soulier d’or en 1963 un an après avoir disputé une demi-finale de Coupe des Clubs Champions face au Real Madrid. Le temps passant, il devient même le mieux placé pour juger son futur successeur, un certain Christian Piot.

"Il a d’énormes qualités physiques. Il est grand, costaud, et il en impose. Quand il a commencé, j’avais peur qu’il ne soit trop gentil. Il est devenu beaucoup plus fort et il en impose beaucoup plus."

En 1969, le natif d’Ougrée a la jeunesse pour lui, mais pas seulement. Sa force de caractère et son talent lui permettent de porter 305 fois le maillot du Standard et de remporter 3 fois le championnat de Belgique. La filiation est assurée et sans pression.

"Est-ce qu’au début, vous n’aviez pas le complexe Jean Nicolay ?

Dans les premiers matches, je ne savais pas quelle réaction le public allait avoir envers moi mais j’ai été bien adopté.

Le public a été gentil avec vous ?

Oui, très très gentil."

Et puis, les images se colorisent, les cheveux poussent et débarque un certain Michel Preud’homme. Jeune 3ème gardien du Standard en 1977, celui que l’on n’appelle pas encore MPH profite d’une blessure de Piot et de son remplaçant pour saisir sa chance et remplacer l’idole.

"Christian Piot, c’était l’idole de votre jeunesse ?

Oui, ça a toujours été mon idole. Il m’a entraîné quand j’ai commencé à jouer au football. Depuis lors, je l’ai suivi tout le temps. C’est un exemple pour tous les jeunes."

Et quand Preud’homme s’empare de quelque chose, il ne le lâche pas. Résultat : 239 rencontres en 9 ans et deux titres de champion. Soit deux fois plus qu’en tant qu’entraîneur des Liégeois 30 ans plus tard.

Mais une nouvelle guerre des goals guette déjà. 3 ans plus jeune que Preud’homme, Gilbert Bodart profite de la suspension de son prédécesseur suite à l’affaire Waterschei pour faire ses preuves. Une concurrence rude s’annonce.

"Je pense qu’avec Michel, on restera toujours copains. On n’aura pas de problèmes là-dessus. On a décidé de toujours rester fair-play et de ne jamais se créer de problèmes."

Nous sommes en 1985-86, le Standard mise alors sur l’alternance entre ses deux gardiens… Lassé par la situation, Preud’homme part pour Malines et laisse un boulevard long de 11 saisons à Gilbert Bodart.

Par la suite, Runje pour son caractère et Bolat pour un but exceptionnel un soir de décembre 2009 en Champions League marqueront les esprits… Histoire de confirmer que gardien du Standard, c’est plus qu’un poste, c’est une aventure…

"C’est une très belle aventure que beaucoup de jeunes espèrent faire."

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