Black Lives Matter : Lacazette et Arsenal posent un genou à terre face à l’équipe du Slavia Prague, restée debout

Des joueurs qui posent un genou par terre en soutien au mouvement "Black Lives Matter", l’image n’est plus rare depuis le décès de George Floyd en mai 2020. Mais avant la rencontre entre le Slavia Prague et Arsenal en Europa League ce jeudi soir, le moment a pris une autre dimension.

Les joueurs d’Arsenal se sont dispersés dans leur partie de terrain pour poser un genou à terre, alors que ceux du club tchèque se sont alignés debout bras dessus, bras dessous (comme lors du match aller). Alexandre Lacazette est venu se poser juste devant eux, agenouillé. Soulignons que l'arbitre de la rencontre, Cüneyt Çakır, a lui aussi posé un genou à terre face aux Tchèques. Et l’image dans sa globalité est particulièrement forte en raison du contexte. 

La veille du match, soit mercredi, l’UEFA a décidé de sanctionner un joueur du Slavia, Ondrej Kudela, pour dix matches à la suite d’un comportement raciste envers Glen Kamara, lors d’une rencontre européenne contre les Glasgow Rangers.

"Je suis conscient que c’était une erreur de m’approcher de Glen Kamara et de lui parler. Il y a des émotions dans un match et malheureusement je ne peux pas retirer ce que j’ai fait. Je suis désolé", a réagi Kudela dans un communiqué, tout en se disant "interloqué par le fait que la commission de discipline de l’UEFA soit parvenue à une conclusion différente de celle de son instructeur".

Cette décision est susceptible d’appel mais les avocats de Kudela ont fait savoir qu’ils attendaient de connaître les détails de la décision pour envisager de déposer un éventuel recours.

En face, Glen Kamara, milieu des Rangers, a lui écopé de trois matches de suspension " avoir agressé un autre joueur ". Il avait en effet agressé Kudela dans le tunnel en fin de match.

1 images
L'altercation entre Kudela et Kamara © Tous droits réservés

Le politique s’en mêle

L’affaire fait grand bruit en République Tchèque, même dans les plus hautes sphères de l’état. "Je tiens à souligner que les accusations de racisme n’ont pas été prouvées. Même un inspecteur de l’UEFA a mis en doute le fait qu’Ondrej Kudela ait prononcé la remarque raciste", a écrit Vladimir Mynar, chef de cabinet du président tchèque Milos Zeman, dans une lettre adressée à l’UEFA.

"Vous avez condamné un homme respectable sans la moindre preuve… uniquement pour répondre aux visées perverses d’un petit groupe de militants et d’un club incapable de gagner sur le terrain", a poursuivi M. Mynar, qui est un supporter du Slavia Prague.

"Entre vos mains, la lutte contre le racisme s’est transformée en […] hypocrisie, en discrimination positive et en courbette ridicule devant des tendances idiotes", a-t-il encore critiqué, ajoutant que le président Zeman exprimait sa sympathie à tous les Tchèques déçus par cette décision.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK