Talents frustrés, investissement colossal : le PSG court toujours derrière son bonheur européen

Il était une fois, une demi-finale de Ligue des Champions entre Manchester City et le Paris Saint-Germain. Une sorte de conte de fées croisé où l’argent règne en maître sur la planète football. Le Paris Saint-Qatar face au Manchester Emirati. Tout les rassemble, ou presque. Parce qu’au pays du sport, il semblerait finalement que l’argent ne suffise pas à faire le bonheur…

Le PSG a-t-il été victime de son fonctionnement face à Manchester City ? On est en droit de le penser. Aussi caricatural, cela soit-il, le Paris Saint-Germain est encore apparu comme un assemblage de stars, dotées d’un grand talent. Mais l’équipe, le collectif peine toujours à montrer le bout de son nez. Nombreux sont ceux qui ont été agacés par le comportement des joueurs parisiens ce mardi soir. Souvent râleurs, parfois simulateurs, ils n’ont pas fait grand-chose pour échapper à la réputation de sales gamins que certains leur collent. On ne peut s’empêcher de se dire qu’il s’agit d’un beau gâchis.

Parce que oui, intrinsèquement, les Parisiens ont le football dans les pattes pour décrocher cette Coupe aux grandes oreilles n’en déplaise à leurs détracteurs. Neymar et ses comparses ont de l’or dans les pieds, ils avaient sans doute les cartes pour faire mieux contre ManCity. Mais ils n’ont jamais semé le vent de la révolte footballistique, bien trop occupés à se plaindre auprès de l’arbitre ou à commettre des fautes inutiles oubliant dans tout ça, le potentiel incroyable qui est le leur. Ils auraient pu faire taire tous ceux qui aiment les détester, mais là aussi ils ont échoué.

Après s’être approché l’an dernier du grand trophée, le PSG s’est trouvé fort motivé cette année, et a suivi la même lignée. Ni le Bayern, ni le Barça ne l’ont effrayé, au point que tous deux furent terrassés. Les Cityzens entrèrent alors en scène, pour dans les cœurs parisiens semer la peine.

Après avoir disputé la finale en 2020, les Parisiens voulaient, devaient passer à l’étape supérieure. Ce ne sera pas le cas et il s’agit bien d’un constat d’échec pour tout un club. Tout n’est évidemment pas perdu pour la machine parisienne, mais l’engrenage s’enroue petit à petit. 10 années après la reprise par Qatar Sports Investments, les titres au niveau français s’empilent sur les étagères du Parc des Princes (7 en Ligue 1, 5 en Coupe de France, 6 en Coupe de la Ligue, 8 en Supercoupe de France), mais pas la moindre Coupe aux Grandes oreilles.

La progression ces deux dernières années est indéniable avec une finale et une demi-finale et elle est déjà à saluer après plusieurs quarts de finale atteints dans la dernière décennie. Mais ce n’est pas certain que cela suffise aux dirigeants qui ont tellement investi dans cet unique but européen. L’effectif actuel vaut autour des 830 millions d’euros. Un nombre incalculable de gros transferts ont été effectués avec des noms aussi ronflants que Neymar, Mbappé, Beckham, Ibrahimovic, Di Maria, Draxler, Navas, Icardi, Verratti, Cavani, Matuidi et tant d’autres. Après autant d’investissements, dans ce genre de projets, on espère des résultats rapides et époustouflants. Les joueurs parisiens viennent de passer à côté d’une nouvelle opportunité d’offrir à leurs dirigeants ce pour quoi ils ont été achetés.

On a tendance à croire que le club français manque de ce supplément d’âme, cette hargne que Manchester City, autre pompe à fric du football européen est parvenu à développer ces dernières années sous Guardiola. La réputation qui colle au PSG actuellement a longtemps été celle de City, et l’est encore pour certains. Mais ce sentiment que les onze joueurs laissent constamment leurs tripes sur le terrain au profit du collectif a permis de passer quelque peu au second plan l’aspect financier irréel qui entoure le club. Pourtant les montants sont également astronomiques avec un effectif dont la valeur est estimée à plus d’un milliard d’euros (il s’agit bien de la valeur actuelle des joueurs et non pas celle au moment de leur achat).

Est-ce Guardiola la différence ? La question mérite d’être posée. Depuis longtemps déjà, la lumière est constamment mise sur les individualités du Paris Saint Germain, les entraîneurs qui défilent (Antoine Kombouaré, Carlo Ancelotti, Laurent Blanc, Unai Emery, Thomas Tuchel et enfin Maurico Pochettino) ne semblent jamais avoir les plein pouvoirs sur l’équipe. Un coach avec une aura exceptionnelle, une expérience certaine, un état d’esprit fort et une capacité hors pair à gérer des stars, voilà peut-être ce qui manque au club de la capitale dans la longueur. Il a fallu cinq années à Guardiola pour atteindre la finale de C1 avec City. C’est bien plus long que pour Tuchel avec le PSG, pourtant l’un est toujours en place et l’autre pas… Et Tuchel est tout proche de rééditer l’exploit avec Chelsea cette fois après seulement quelques mois.

Morale de l’histoire ? Les Parisiens l’ont bien compris, il ne suffit pas d’être bon pour effacer City. "Goliath" contre "Goliath" a tourné en faveur du plus vaillant, du plus combattant et c’est peut-être cela qui fait de lui le plus grand.

Remise en questions et prise de décisions sont désormais de rigueur à Paris alors que le club est encore à la lutte pour remporter le titre en Ligue 1. Autre phénomène symptomatique de l’équipe actuelle… Cette saison les joueurs développaient un autre niveau de jeu en Europe, levant régulièrement le pied en championnat. Une Ligue 1 qu’ils devraient dominer de la tête et des épaules s’ils jouaient vraiment le coup à fond, sans vouloir manquer de respect aux adversaires du club, mais que beaucoup prennent de haut.

Certains joueurs pourraient partir, on parle notamment de Neymar mais il risque de ne pas être le seul. Même si les départs seront quelque peu compliqués par l’actuelle crise sanitaire et financière, ceux qui ont des envies d’ailleurs pourraient malgré tout rester, trop craintifs de voir leur salaire diminuer significativement dans un autre club. Mais leur tête restera-t-elle bel et bien au PSG ? Nul ne le sait.

Au niveau structurel, Mauricio Pochettino est désormais à la tête de l’équipe. Une lourde mission l’attend, mais il a probablement les armes pour y parvenir. Si les dirigeants lui offrent un bien précieux qui ne s’achète pas, du temps.

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