Pas de miracle pour le Barça éliminé par une solide Juventus

Neymar consolé par Dani Alves
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Neymar consolé par Dani Alves - © JOSEP LAGO - AFP

Cette fois, pas de "remontada" à Barcelone! Miraculeusement rescapé au tour précédent, le Barça s'est laissé étouffer et éliminer par l'implacable Juventus Turin (0-0) en quart de finale retour de Ligue des champions, laissant les Italiens, victorieux 3-0 à l'aller, filer en demi-finales.

Le propre des miracles, c'est qu'ils n'arrivent qu'une fois. Et après avoir ébloui l'Europe du football en renversant le Paris SG en huitièmes (0-4, 6-1), le Barça s'est heurté sans réussite à la muraille défensive turinoise, impressionnante de rigueur et d'organisation au Camp Nou.

Même si le trident "MSN" (Messi-Suarez-Neymar) a eu de multiples occasions de marquer, c'est le trio défensif "BBC" (Bonucci-Buffon-Chiellini) qui a prévalu, enterrant l'âge d'or du Barça pour offrir à la Juve sa deuxième demi-finale de C1 en trois ans.

En 2015, la "Vieille Dame" était allée jusqu'en finale, perdant le trophée au profit d'un Barça triomphant (3-1). Deux ans plus tard, la revanche est belle et la fin de mandat s'annonce compliquée pour l'entraîneur barcelonais Luis Enrique, sur le départ en juin prochain.

Le technicien a perdu mercredi soir son troisième trophée sur onze possibles depuis son arrivée en 2014, ce qui est très, très loin d'être déshonorant. Mais ses dernières semaines s'annoncent pénibles: il risque de dire adieu à un quatrième titre dimanche si son Barça ne gagne pas le clasico au sommet du Championnat d'Espagne contre le Real Madrid.

Retour sur terre

Rude retour sur terre pour le FC Barcelone, qui a tant dominé le football européen au XXIe siècle avec quatre sacres en C1. Mercredi, dans une atmosphère de fin de cycle, les Barcelonais n'ont pas eu la fougue et l'insolente réussite qu'ils avaient connues face au PSG.

La Juventus avait un plan et elle s'y est tenue à la lettre: défendre de manière organisée dans son propre camp, et espérer faire des dégâts en contre. Dans ce scénario, le Barça a confisqué le ballon: 61% de possession. Mais il a trouvé face à lui une défense infranchissable, bien regroupée et sûre de sa force.

La première période a été un monologue des Barcelonais, venant s'enferrer sans relâche dans la nasse. Des huit tentatives catalanes, une seule a trouvé le cadre, une frappe de Messi repoussée par le gardien Gianluigi Buffon (31e).

Le quintuple Ballon d'Or argentin est d'ailleurs resté bloqué à deux unités des 500 buts sous le maillot blaugrana, expédiant trop à droite une de ces frappes rasantes dont il a le secret (19e).

Quant à l'arbitrage, si complaisant face au PSG, il n'était cette fois pas tendre avec les Barcelonais. A plusieurs reprises, les joueurs de Luis Enrique ont réclamé des fautes, sans rien obtenir.

Les Catalans ont trop raté

Et quand Messi a été victime d'une vive charge, l'arbitre n'a pas bronché non plus. Neymar, hors de lui, a vengé son complice d'un tacle très appuyé (44e), récoltant un carton jaune qui lui vaudra une suspension pour son prochain match européen.

L'ailier brésilien a été toutefois l'un des Barcelonais les plus dangereux, comme sur ce slalom échevelé (47e), mais rien n'y a fait: le ballon ne voulait pas rentrer, ni sur les tentatives de Messi (56e, 67e), ni sur le tir de Sergi Roberto face à la cage ouverte (67e).

Luis Enrique avait prévenu mardi qu'il faudrait que "les astres s'alignent" pour l'emporter. Mais les Catalans ont trop raté et se sont exposés aux contres que Gonzalo Higuain aurait dû mieux exploiter, avec de gros ratés aux 4e, 13e et 38e minutes.

Qu'importe: avec une telle solidité, la Juventus garde la meilleure défense d'Europe cette saison (2 buts encaissés) et la possibilité d'écoeurer d'autres attaquants en demi-finales où les adversaires potentiels sont : Monaco, le Real Madrid et l'Atlético Madrid de Yannick Carrasco.

Côté Barça, le gouffre guette: dans cette semaine vertigineuse, les Catalans risquent de tout perdre dimanche dans le clasico face Real.

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