La méthode Mourinho est-elle encore faite pour le haut niveau ?

José Mourinho
José Mourinho - © OLI SCARFF - AFP

Double vainqueur de la Champions League avec deux clubs différents (Porto en 2004 et Inter Milan 2010), José Mourinho a clairement perdu de sa superbe depuis quelques années. Le Special One - comme il s’est auto-proclamé à son arrivée à Chelsea il y a plus de 13 ans - est rentré dans les rangs. Plus personne ne craint d’affronter ses équipes, sa stratégie est connue et lisible. Si ses formations continuent d’engranger les trophées, le Mou ne parvient plus à galvaniser ses joueurs lorsque les échéances se font plus importantes. Mis à part face aux caméras, le Portugais ne se montre (quasiment) plus jamais offensif. A 55 ans, Mourinho a-t-il atteint ses limites ?

Piteusement éliminés en huitièmes de finale de Champions League après 180 minutes très fades contre un FC Séville beaucoup plus audacieux, les Red Devils du coach lusitanien ont alimenté les critiques qui s’abattent sur eux depuis le début du règne du natif de Setubal. Trop frileuse, pas assez audacieuse, trop défensive, pas assez ambitieuse, trop brouillonne : la tactique restrictive des Mancuniens est régulièrement pointée du doigt.

Pourtant Mourinho a pu - contrairement à ses prédécesseurs David Moyes et Louis van Gaal - compter sur le portefeuille bien rempli de United. Le Portugais a tout de même dépensé pas moins de 305 millions d’euros - Paul Pogba (105M€), Henrikh Mkhitaryan (42M€), partis cet hiver à Arsenal,  Eric Bailly (38M€), Romelu Lukaku (85M€), Nemanja Matic (45M€), Victor Lindelöf (35M€) - pour bâtir un effectif capable de jouer les premiers rôles en Premier League et sur la grande scène européenne.

Ce n’est pas nouveau pour le club de se faire sortir en Champions League

Et force est de constater que cela n’a pas suffi. Largement distancés en championnat (16 longueurs de retard à 8 journées de la fin) par le voisin honni de City, dont le football spectacle et la vision romantique de Pep Guardiola tranchent radicalement avec ce que propose ManU, et sortis par la petite porte en C1 ce mardi soir, les Red Devils n’ont plus que la FA Cup pour se consoler.

Certes, Mourinho a encore enrichi son armoire à trophées l’an dernier avec un Community Shield, une League Cup et une Europa League pour sa première saison sur le banc mancunien mais son aura et son charisme semblent s’essouffler. Habituellement vainqueur du championnat lors de sa 2ème saison à la tête d’un club, Mou a-t-il perdu sa grinta ? Parvient-il encore à tirer le meilleur de ses hommes ?

Sa dernière sortie médiatique pour analyser l’énorme désillusion de mardi soir laisse perplexe.

"Je n’ai pas de regrets, j’ai fait de mon mieux et les joueurs aussi. Nous avons essayé mais nous avons perdu. C’est le football, je ne vais pas en faire un drame. Il y a déjà un match de championnat samedi, nous n’avons pas le temps de ruminer cette élimination. Ce n’est pas la fin du monde. Dans le passé, je suis venu éliminer Manchester United deux fois avec Porto (2004) et le Real Madrid (2013). Ce n’est donc pas nouveau pour le club de se faire sortir en Champions League" a tenté de justifier Mourinho avec - comme à son habitude - une belle dose de mauvaise foi et une grande habileté à éviter l’auto-critique.

"Je reconnais cependant que quand on est manager de Manchester United, être battu et éliminé à domicile est une désillusion" a toutefois conclu le Portugais.

Pas sûr que les supporters des Red Devils, qui n’ont plus atteint les quarts de finale de Champions depuis 2014, les demies et la finale depuis 2011 et qui n’ont plus remporté la 'Coupe aux grandes oreilles' depuis 2008, soient satisfaits de ce genre d’analyse.

Mourinho doit donc trouver les moyens de se remettre en question. S’il ne paraît pas encore sur la sellette, le Mou est dans la tourmente. Les doutes se font de plus en plus pesants sur son management.

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