Felice Mazzu : You'll never walk alone

Felice Mazzu : You’ll never walk alone
Felice Mazzu : You’ll never walk alone - © YORICK JANSENS - BELGA

Malgré la période difficile que traverse son club (et donc lui aussi, indirectement), Felice Mazzu n’en conserve pas moins une forme d’autodérision qui sied bien au personnage. En témoigne cette photo, prise à la sortie du John Lennon Airport de Liverpool : apercevant un arrêt de bus ("coach stop" en anglais), l’entraîneur du KRC Genk a lui-même suggéré ce cliché à double langage.

Les temps sont durs, en effet, pour le champion de Belgique. La défaite 2-0 à Eupen ("dieptepunt van het seizoen", comme l’écrivent nos confrères néerlandophones) est déjà la 5e de la saison. Soit le même total que sur l’ensemble de la saison écoulée (play-offs compris). Tout cela à un peu moins de la… moitié de la phase classique. Cette défaite a eu pour effet de faire sortir Genk du Top 6 et de cristalliser les problèmes au sein de l’effectif limbourgeois : collectif (par moments) défaillant, et joueurs quasiment tous sous leur niveau normal.

Peter Croonen : "le coach fait son travail"

Quand les résultats pataugent, le coach est souvent pointé du doigt. Felice Mazzu n’échappe pas à la règle. Certains supporters revendicatifs présents au Kehrweg n’ont pas hésité à réclamer son départ La direction, elle, tempère. Le président Peter Croonen : "Le coach fait son travail, il essaie de trouver des solutions. C’est aussi aux joueurs de trouver des solutions sur le terrain. C’est clair que les résultats se font attendre et que le niveau de jeu n’est pas celui que l’on est en droit d’attendre de la part de ce noyau. J’espère donc que l’on va pouvoir montrer une réaction cette semaine".

Les joueurs sont-ils toujours en accord avec la philosophie de Felice Mazzu ? En d’autres termes, plus footballistiques, les joueurs sont-ils encore " derrière " leur coach. Pour le directeur sportif Dimitri De Condé, cela ne fait aucun doute : " Les joueurs sont à 100% derrière Felice Mazzu. Il travaille beaucoup pour sortir de cette spirale négative, ce qui n’est pas évident. Felice est venu pour relever un challenge et on travaille tous pour sortir de cette situation et connaître plus de hauts que de bas… On est encore tous derrière Felice, si telle est la question ".

Dimitri De Condé : "les joueurs à 100% derrière le coach"

Reste que devoir se déplacer chez le tenant de la Champions League, pour restaurer confiance et résultats, on a connu mieux… Mais à défaut d’exploit (très peu probable, convenons-en), on se contenterait bien d’un esprit unanimement combatif et d’une mentalité à la hauteur de l’événement. Cela avait été le cas contre Naples, un peu aussi au match aller contre ce même Liverpool, que Samatta avait failli faire vaciller d’un maître coup de tête, si… une mèche de cheveux de Ito n’en avait décidé autrement et entraîné l’annulation du but par le VAR.

Certains cadres (Dewaest, Maehle, Berge, Samatta,…) ne sont pas partis à l’entre-saison, précisément pour avoir la chance de disputer ce genre de matchs. A eux de prouver que leur choix était le bon et de se vider les tripes ce soir, dans l’un des stades les plus mythiques d’Europe.

Le tout premier Kop

C’est à Anfield qu’a retenti pour la première fois dans un stade le légendaire You’ll never walk alone (à l’origine extrait de la comédie musicale Cabaret, puis popularisé par Gerry & the Pacemakers, groupe de… Liverpool dans les années 60). Le titre, devenu devise du club, est d’ailleurs écrit au-dessus du blason du LFC, ainsi que sur le fronton du stade. Un stade dont provient également le "Kop" originel. En 1906, en plus de la nouvelle tribune principale (Main Stand) avait en effet été inaugurée une autre tribune : le Spion Kop, baptisée ainsi par le responsable du Liverpool Daily Post en hommage à la bataille du même nom, ayant opposé les Boers sud-africains et le Royaume-Uni en 1900, et ayant fait 383 victimes anglaises, la plupart originaires de Liverpool. Le premier Kop de l’histoire du football a atteint sa capacité record de 30.000 spectateurs à la fin des années 1920, spectateurs tous debout et massés sous un toit en tôle. Aujourd’hui, après les tragédies du Heysel et de Sheffield, le Kop ne compte plus que 12.409 places, toutes assises.

You’ll never walk alone, le Kop, c’est l’histoire du football que le KRC Genk va visiter ce mardi. En espérant que l’accompagnement musical des Beatles se révèle moins funeste que celui de Mozart il y a deux mois.

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