Deux clubs en C1 quatorze ans plus tard ?

Deux clubs en C1 treize ans plus tard ?
Deux clubs en C1 treize ans plus tard ? - © BRUNO FAHY - BELGA

Nichée au bord du Danube, capitale du land de Haute-Autriche, Linz est une bien jolie ville, la troisième en population du pays après Vienne et Salzbourg, et qui abrite, entre autres richesses historiques, la plus grande cathédrale du pays pouvant accueillir pas moins de 20.000 fidèles. C’est une ville inspirante pour quelques personnages illustres qui y résidèrent comme Jean Kepler dans ses recherches astronomiques ou le compositeur Anton Bruckner qui y travailla comme organiste dans l’ancienne Cathédrale. Ici flotte aussi l’ombre d’Adolf Hitler, né non loin de Linz, et qui y suivit une partie de sa scolarité. Une fois arrivé au pouvoir, le Führer avait envisagé d’installer dans cette cité un immense musée avec toutes les œuvres d’art volées pendant la guerre. Heureusement, l’Histoire devait anéantir ce funeste projet.

Mais les Brugeois ne sont pas en villégiature. Ils entendent jeter ici, en match aller de ces barrages, les bases d’une qualification pour les poules de la Champion’s League, huit jours avant le match retour au Jan Breydelstadion.

Après avoir éliminé le Dynamo Kiev au troisième tour préliminaire, les hommes de Clément ont, peut-être fait, le plus dur. C’est le sentiment général mais c’est bien là que réside le piège. Ne surtout pas prendre à la légère cet adversaire, vice-champion d’Autriche deux ans après sa remontée en Bundesliga (terme commun avec la compétition allemande) derrière le puissant et inaccessible "Red Bull Salzbourg" qui domine la compétition autrichienne depuis des années. Mais les joueurs du LASK (Linzer Athletik Sport Club) viennent surtout de créer la sensation sur la scène européenne en éliminant (avec deux victoires à clé svp) le club de Bâle alors que les Suisses, habitués de la Ligue des champions ces dernières saisons, partaient avec les faveurs du pronostic.

Pas de nom ronflant, pas de star (attention quand même à l’attaquant ghanéen Samuel Tetteh, prêté par Salzbourg), au sein de cette formation qui évoluera dans un petit stade, un peu vieillot, avec une piste d’athlétisme et ne comprenant que trois tribunes (14.000 places) évidemment plein à craquer pour la circonstance. Finalement, le nom le plus connu est sans doute celui du coach français, Valérien Ismaël. L’ancien joueur strasbourgeois a fait les beaux jours du Werder Brême et du Bayern avant d’entamer une carrière de coach ; après avoir entraîné Wolfsburg et un détour par la Grèce, il vient de reprendre les rênes de l’équipe autrichienne pour cette nouvelle saison.

Bruges reste sur une contre – performance en championnat face à Eupen. Vendredi dernier, les "Blauw en Zwart" n’ont jamais trouvé la solution pour contourner le mur dressé par les Germanophones ; ceux de Linz joueront évidemment un tout autre football mais ce partage blanc a irrité les Brugeois, très remontés contre l’arbitre et le Var vendredi dernier après un pénalty, il est vrai flagrant, non sifflé pour une faute sur Vormer. Philippe Clément a été mis à l’amende par la fédé pour ses propos véhéments. En prime, l’histoire de match éventuellement ajourné contre Charleroi le week-end prochain a pas mal alimenté les conversations hier soir.

Mais gageons le staff et l’équipe désormais tourné le bouton car le jeu en vaut évidemment la chandelle. Une qualification pour les poules de la Champion’s league, cela rapporterait plus de 25 millions pour un club brugeois qui a déjà touché le pactole (pas loin de 60 millions d’euros) lors de ce "mercato" estival. Et qui avait quand même pris six points (une victoire et trois partages) la saison dernière dans cette même compétition. Financièrement, le club disposerait alors d’un matelas tel qui pourrait lui permettre de partir pour une longue domination du football belge dans les prochaines années.

Deux fois seulement dans l’histoire du football belge, deux clubs se sont retrouvés conjointement dans les poules de la C1 : Anderlecht et Bruges en 2004 et 2006. Par ailleurs, Bruges n’a jamais atteint les poules par le biais du tour de barrages.

Cela fait donc treize ans que l’on attend cela. Bruges rejoindra-t-il Genk en septembre prochain ? Ou devra-t-il se contenter du lot de consolation, la nettement moins lucrative Europaleague ? Peut-être déjà un début de réponse ce soir. Si les Brugeois marquent un but ce soir, et ils en ont certainement les moyens, on a le sentiment qu’ils auront peut-être accompli une partie significative du chemin.

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