Champions League, Pro League : Le VAR fait encore parler de lui...

Depuis qu’il a été mis en place, voire même déjà avant son apparition, le VAR fait parler de lui. En bien, en mal, pour plus de justice disent certains, au détriment du jeu et de la spontanéité affirment d’autres. L’arbitrage vidéo a des qualités et des défauts et ne fera peut-être jamais l’unanimité.

La soirée de mardi soir en Ligue des Champions ne fera d’ailleurs pas changer d’avis ses plus grands détracteurs. Et la reine des compétitions de clubs n’est pas une exception. La Pro League a également vu, le week-end dernier, de nombreuses controverses autour du VAR. Retour sur ces derniers jours agités pour l’assistance vidéo.

10 minutes de folie

Le premier moment de flottement dans cette soirée de mardi en Ligue des Champions intervient à la 29e minute sur le terrain de Manchester City. Rodri tombe dans le rectangle et l’arbitre indique le point de penalty. Emre Can défend sa cause et écope d’un carton jaune. Le VAR appelle M. Hategan et après visionnage des images, l’arbitre roumain revient sur sa décision et annule le penalty. Emre Can conserve lui sa carte jaune, prise donc pour avoir contesté une faute qui s’est finalement effectivement avérée … inexistante.

Il ne faut pas attendre trois minutes de plus pour que dans l’autre rencontre le VAR fasse encore des siennes. A la 31e minute de ce Real Madrid – Liverpool, Benzema est accroché dans le rectangle par Kabak. M. Brych ne bronche pas, le VAR n’interviendra pas non plus. La faute sur l’attaquant français semblait pourtant évidente.

Cinq minutes plus tard, le Real inscrit le 2-0 grâce à Asensio. Pourtant, sur la récupération de balle madrilène, il semble y avoir une faute flagrante de Vazquez sur Mané. Cette fois encore, pas d’intervention du VAR qui se range donc derrière l’avis de l’arbitre allemand de la rencontre.


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Deux minutes plus tard, retour en Angleterre. Le Borussia Dortmund pense égaliser sur la pelouse de Manchester City. Mais une faute est sifflée et un carton jaune est donné à l’encontre de Bellingham pour une faute sur Ederson. S’il peut y avoir une éventuelle discussion sur la présence ou non d’une intervention fautive, l’erreur n’est cependant cette fois pas à mettre sur le dos du VAR. En effet, l’arbitre Hategan est fautif sur cette action puisqu’il a sifflé avant que le ballon n’ait franchi la ligne et l’assistance vidéo ne pouvait donc pas intervenir.

En dix minutes, le VAR ou l’absence d’intervention du VAR sur quatre actions litigieuses aura permis de prendre avec certitude une bonne décision. Un faible taux de réussite qui rouvre le débat. Dans quelles situations utiliser le VAR ? Un mot revient souvent pour expliquer les différences de décision appliquées à des situations similaires : l’interprétation. Car si l’on parle d’assistance vidéo, il ne faut pas oublier que derrière ce terme " robotique " se cache finalement des hommes et des femmes.

La Pro League à l'Ouest

Des phases litigieuses, la Pro League en a également vu passer ce week-end. Le VAR a surtout été pointé du doigt dans trois rencontres. Samedi, le champion en titre brugeois se déplaçait à Courtrai et a vu l’assistance vidéo intervenir trois fois. La première fois, pour annuler un but courtraisien pour une position de hors-jeu. Une bonne décision du VAR.

Sa deuxième intervention amène plus de discussions. L’égalisation brugeoise est certes magnifique. Le VAR a demandé à Jasper Vergoote d’attendre avant de valider le but mais a finalement décidé que la position hors-jeu de Dost, qui ne touche pas le ballon, ne gênait pas le gardien Ilic.

La troisième décision du VAR est sans doute la moins bonne des trois. Derijck pose très légèrement son bras dans le dos de Sobol qui tombe de manière théâtrale. L’arbitre indique le point de penalty. Dans le VAR, on analyse les images et on valide la décision de l’arbitre. Après la rencontre, Vanaken, qui a inscrit le penalty, admet pourtant qu’il n’aurait jamais sifflé de penalty sur cette action.

Panique à la côte

Direction Ostende pour la suite des péripéties du VAR. Et il ne faut pas attendre plus d’une minute dans ce Ostende – Waasland-Beveren pour que l’assistance vidéo soit mise à contribution. Sur un tir de Frey, le ballon touche le bras de Hendry. Pas de penalty pour l’arbitre et pas de penalty non plus pour le VAR. Une décision qui semble logique. Le bras n’est pas très écarté et le ballon vient à bout portant.

Sur sa deuxième intervention, en revanche, l’assistance vidéo semble se tromper. Juste avant la mi-temps, Hjulsager pense réduite l’écart pour Ostende mais son but est annulé par le VAR alors qu’il avait été validé par l’arbitre. La raison de l’annulation n’est autre qu’un hors-jeu de D’Haese qui gêne le gardien. Bonne décision ? Pas vraiment puisqu’il semble y avoir une faute sur ce même D’Haese qui explique pourquoi il reste au sol et gêne Jackers.

La troisième et dernière décision de l’assistance vidéo est une bonne décision. Gueye prend Frey par la gorge sur une phase arrêtée. Le geste échappe à l’arbitre mais pas au VAR qui demande à M. De Cremer d’aller visionner les images. Carton rouge logique pour l’attaquant ostendais. Bien vu le VAR.

Les mains dans les poches

Dernière destination : Sclessin où le Standard recevait La Gantoise. Sur le deuxième penalty des Buffalos, l’arbitre n’intervient pas mais le VAR lui demande d’aller se refaire un avis devant les images. Il siffle finalement penalty car la balle est encore sur la ligne et pas tout à fait dehors. Une application stricte du règlement qui pose questions quant à l’esprit du jeu.

La décision suivante est sans doute la plus litigieuse du week-end et renvoie à un débat qui dure depuis des semaines. Quand doit-on siffler faute de main et penalty ? Pas cette fois pour M. Laforge qui considère que Nurio effectue un mouvement naturel en se retournant. Le bras semble pourtant fortement décollé. Le VAR n’intervient pas et confirme la décision de l’arbitre.

Plus de clarté

Lundi dans la Tribune, Philippe Albert faisait d’ailleurs du VAR son flop du week-end : "Parfois le VAR est intervenu là où il ne devait pas alors qu’il s’est mis en veilleuse lorsqu’on avait besoin de lui. C’est dommage parce que ça a eu une influence sur certains résultats".

Et c’est sans doute là qu’est le problème. Le VAR a été instauré pour amener plus de justice dans les décisions et non pas pour influencer des résultats.

L’ancien Diable Rouge est également revenu sur une simulation lors de la rencontre Standard – Gand : "Pourquoi ne pas simplement utiliser le VAR pour punir ces tricheurs ? Ils peuvent avoir plusieurs ralentis là où l’arbitre peut parfois avoir la vue masquée".

Thomas Chatelle relevait un autre aspect problématique du VAR : celui de la transparence. "Pourquoi ne pas faire comme au rugby où on entend tout ce que disent les arbitres pour mieux comprendre les décisions ?",  regrette l’ancien Anderlechtois.

Thierry Luthers revenait lui sur les conditions de l’utilisation du VAR : "On rappelle que le VAR ne doit intervenir qu’en cas d’erreur manifeste… On a parfois l’impression qu’il abuse un peu de son pouvoir mais aussi que les arbitres se reposent un peu trop sur le VAR qui les corrige en cas d’erreur et qui prennent donc moins leurs responsabilités".

De nombreuses décisions qui posent question. Le VAR est une bonne chose dans la globalité. Ce qui est plus dérangeant, c’est la façon dont il est utilisé. S’il a son utilité pour les hors-jeux, de nombreux autres domaines sont plus difficiles à analyser. Et même dans ce domaine, les hors-jeux sifflés au millimètre près sont souvent pointés du doigt. Est-ce dans l’esprit du jeu ?

A contrario, les décisions les plus propices aux discussions sont celles qui touchent aux fautes de main. La faute à un règlement qui change (trop) souvent et qu’il est donc désormais difficile de comprendre et d’appliquer. Pour gagner en efficacité, le VAR demande sans doute plus de clarté et un véritable fil conducteur.

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