Road To Euro 21/24 : La Finlande, un petit poucet plein d'enthousiasme

Place à l’Euro 2020 ! Pour planter le décor, la RTBF vous propose la présentation des équipes qualifiées pour la compétition. Quel a été son parcours en qualifications ? Son histoire avec l’Euro ? Sa star ? Ses chances d’aller au bout ? Vous saurez tout, c’est parti pour notre Road to Euro.

1. Les "Hiboux" volent vers l'Europe

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C'est le petit poucet de Scandinavie. Coincée géographiquement entre la Norvège, la Suède et la Russie, la Finlande (5,5 millions d'habitants) se bat pour exister sur la planète foot. Car le sport-roi, là-bas, ce n'est évidemment pas le ballon rond. Même s'il est fort pratiqué par les enfants dans ce pays à la grande tradition sportive, c'est le hockey sur glace, le handball ou le ski de fond qui restent les plus populaires. Et dans ce pays "au naturel", les activités comme la marche nordique, le trekking tirent aussi leur épingle du jeu. En 2010, une étude européenne plaçait d'ailleurs la Finlande en tête du classement des pays les plus actifs en terme d'activité physique de sa population. Mais depuis quelques années, le football se fraye un chemin sur la voie de la popularité. Pas tant grâce à son petit championnat national, sans grande saveur et dont le niveau et l'attractivité restent très faibles. Mais plutôt grâce à l'exploit lié à la qualification historique de son équipe nationale pour ce championnat d'Europe. Une grande première accueillie avec un très grand enthousiasme par les supporters des "Huuhkajat" (Les Hiboux, le surnom des l'équipe nationale). 

2. L’histoire à l’Euro : une première historique

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Nombre de participations : 1/16, première participation

Victoires : 0

Finales : 0

Dernière participation : En ce mois de juin 2021, la Finlande va vivre son premier grand tournoi

Le brillant passé : aucun

Le souvenir qui fâche : les souvenirs sont à forger

 

3. Les qualifs': une deuxième place largement méritée

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15 novembre 2019, une qualification historique face au Lichtenstein © Lehtikuva

Bilan : 10 matchs - 6 victoires - 4 défaites (18 points/30, soit 12 de moins que l'Italie, première du groupe et 4 points de plus que la Grèce 3e)

Buts marqués : 16 buts (dont 9 signés Pukki) - 3e attaque du groupe derrière l'Italie (37) et la Bosnie (20)

Buts encaissés : 10 - 2e défense du groupe derrière l'Italie (4)

Il aura donc fallu attendre la 33e campagne qualificative pour un grand tournoi pour que la Finlande jubile. Dans un groupe qualificatif comprenant l'Italie, la Bosnie-Herzégovine, la Grèce, l'Arménie et le Lichtenstein, la Finlande a terminé deuxième du groupe derrière l'intouchable Squadra Azzurra. Battus à Udine, en Italie, dans le match d'ouverture de ces qualifications, les Finlandais vont enchaîner 4 victoires (en Arménie 0-2, contre la Bosnie 2-0, au Lichtenstein 0-2 et face à la Grèce 1-0). Battue ensuite à domicile par l'Italie 1-2 et en Bosnie 1-4, la Finlande va assurer sa qualification grâce à deux succès de rang à domicile contre l'Arménie en octobre 2019 (3-0) et contre le Lichtenstein le 15 novembre 2019 (3-0). Une date historique pour le foot finlandais. Un succès permettant de fêter, dans l'allégresse d'une foule en délire, la toute première qualification pour un tournoi continental de prestige. La Finlande, 2e du groupe, devance la Grèce et la Bosnie-Herzégovine.

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4. La star : Teemu Pukki, le bouc

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Teemu Pukki, le buteur providentiel de la Finlande © AFP or licensors
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La Finlande ne croule pas sous les noms prestigieux. Entre 1992 et 2004 tout le monde se souvient de Jari Litmanen. La grande star finlandaise de l'époque (137 sélections et 32 buts pour son équipe nationale) faisait les beaux jours de l'Ajax Amsterdam (1992-1999) avant un transfert tonitruant au Barca (1999-2001) ou un passage à Liverpool (2001-2002). Deux clubs où Litmanen n'aura jamais réussi à s'imposer. Aujourd'hui la sélection ne compte plus de star de ce calibre mais un nom sort du lot malgré tout : Teemu Pukki.

A 31 ans, l'attaquant actuel de Norwich porte tous les espoirs des Finlandais pour tenter l'impossible exploit : franchir le premier tour de l'Euro. Formé dans le club de sa ville de Kotka, Teemu signe à 18 ans au FC Séville. Déraciné, en deux saisons, il n'y dispute qu'un match avec l'équipe fanion. Retour aux sources donc à Helsinki. Il y décroche deux titres nationaux. En barrage d'Europa League, il sort à lui seul (en claquant 3 buts) Schalke 04. Les Allemands, dégoûtés mais sous le charme, le transfèrent à l'été 2011. Deux saisons en demi-teinte dans la Ruhr (8 buts en 47 matchs) puis c'est le départ vers le Celtic. Il y joue une saison avant d'être prêté au Danemark (Brondby).

Pukki veut dire "le bouc" en finnois

A 24 ans, il s'y plait et y reste 4 saisons en y empilant les buts (72 en 164 matchs). L'Angleterre fait alors les yeux doux à cet attaquant puissant. Pukki (qui signifie "bouc" en finnois) fonce tête baissée vers Norwich, en Championship (D2 anglaise). Le bon coup car Pukki, en fin de contrat, est gratuit. Pour sa première saison (2018/19), l'acclimatation est idéale. Il plante 29 buts en 43 matchs de Championship dont il est élu meilleur joueur de la saison. Et en prime il fait monter les "Canaris" en Premier League. Pukki est un héros.. Tête dure, tête chauve, le bouc bien taillé, le public de Carrow Road lui dédie une chanson "Teemu Pukki Baby", inspirée du titre "Don't you want me" du groupe "Human League". Norwich ne fait pourtant qu'un aller-retour mais malgré la rétrogradation, Pukki laisse quand même sa carte de visite en scorant 11 fois (dont un triplé face à Newcastle).

De retour en Premier League

Le Finlandais est un fidèle. Il reste à Norwich et cette saison, il aide son club à retrouver l'élite du foot anglais. Un retour auquel Pukki aura grandement contribué avec ses 26 buts (sur un total de 75 marqués par Norwich). Puissant mais pas géant (1m80), le "Bouc" finlandais, est remuant, batailleur, aime participer au jeu, est toujours à l'affût... et cadre les yeux fermés. En sélection finlandaise, Teemu Pukki compte (avant ce mois de juin) 30 buts en 89 sélections. Il ne demande qu'à faire grimper son compteur pour faire vibrer le cercle polaire.

LE NOYAU

Gardiens: Lukas Hradecky (Bayer Leverkusen/GER), Jesse Joronen (Brescia/ITA), Anssi Jaakkola (Bristol Rovers/ENG)

Défenseurs: Paulus Arajuuri (Pafos/CHY), Daniel O'Shaughnessy (HJK Helsinki), Joona Toivio (Häcken/SWE), Leo Vaisanen (Elfsborg/SWE), Sauli Vaisanen (Chievo Verone/ITA), Pyry Soiri (Esbjerg/DEN), Nikolai Alho (MTK Budapest/HON), Jere Uronen (Genk/BEL), Jukka Raitala (Minnesota United/USA), Robert Ivanov (Warta Poznan/POL)

Milieux et attaquants: Glen Kamara (Glasgow Rangers/SCO), Robert Taylor (Brann/NOR), Robin Lod (Minnesota United/USA), Rasmus Schueller (Djurgarden/SWE), Tim Sparv (AEL Larissa/GRE), Thomas Lam (PEC Zwolle/NED), Joni Kauko (Esbjerg/DEN), Onni Valakari (Pafos/CHY), Fredrik Jensen (Augsburg/GER), Teemu Pukki (Norwich City/ENG), Joel Pohjanpalo (Union Berlin/GER), Lassi Lappalainen (CF Montreal/CAN), Marcus Forss (Brentford/ENG)

5. L’avis de l’expert

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Il n'est ni journaliste, ni consultant mais c'est un dingue du foot finlandais. Mikko Killonnen suit son équipe nationale depuis "toujours". Et c'est encore avec émotion qu'il parle de cette qualification historique pour un grand tournoi. "On a du se pincer quelques fois pour se dire qu'on y était enfin arrivés. Après tant de campagnes qualificatives synonymes d'échec. Cette qualification vient récompenser les supporters les plus acharnés des Hiboux Grands Ducs". Et Mirko d'ajouter : " La sélection ne fera pas tache, croyez-moi. On a quelques patrons dans l'équipe comme Lukas Hradecky le gardien de Leverkusen ou Glen Kamara, le milieu des Glasgow Rangers. Tim Sparv est aussi l'âme de l'équipe, notre chef d'orchestre. Et puis il y a bien entendu Pukki qui va faire mal par son incessante activité et son sens du but. A condition, et je croise les doigts, qu'il soit pleinement remis de sa récente blessure (ligament de la cheville). Car sans lui, ce sera très compliqué. Depuis Jari Litmanen, on a pas trouvé meilleur." Quelles sont les chances de survivre au premier tour ? "Je crois qu'on peut en rêver car il y aura aussi les meilleurs troisièmes qui passeront le premier tour donc tous les espoirs sont permis. Ce qui est certain c'est que toute la nation sera derrière l'équipe qui jouera, ne l'oublions pas, deux matchs à Saint-Petersbourg...cad quasiment à domicile".

6. Le groupe : la Finlande face à une mission impossible ?

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La Finlande a été versée dans le groupe B en compagnie de la Belgique, de la Russie et du Danemark. Les Finlandais seront là pour tenter de ne pas rentrer bredouilles au pays à l'issue du premier tour. Atteindre les 1/8e de finale serait un exploit. La Belgique est la grande favorite du groupe. La Russie et le Danemark joueront quant à elles à domicile face aux Finlandais.

Le tout premier match en phase finale d'un grand tournoi de cette équipe se déroulera le 12 juin à 18h00 à Copenhague face au Danemark. Le deuxième match face au voisin russe aura lieu le 16 juin à 15h00 à St Petersbourg. Le dernier match de poule face aux Diables Rouges se jouera, là aussi, à St Petersbourg le 21 juin à 21h00. La troisième place du groupe pouvant être qualificative, la Finlande peut nourrir un peu d'espoir de franchir le cap du premier tour.

► ► Chances de survie : 15%

7. Les chances de victoire : aucune

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Ce n'est pas faire injure aux Finlandais que d'affirmer que l'équipe n'a aucune chance de remporter le tournoi. Même si l'exemple islandais à l'Euro 2016 est inspirant, l'équipe nordique tentera de gagner une rencontre. Voilà son objectif le plus réaliste qui lui permettrait d'entrevoir, peut-être, les 1/8e de finale.

✶ Etoiles de favori : 0/10

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