Road to Euro 18/24 : L’Ukraine, une équipe énigmatique sous les ordres de Shevchenko

Place à l’Euro 2020 ! Pour planter le décor, la RTBF vous propose la présentation des équipes qualifiées pour la compétition. Quel a été son parcours en qualifications ? Son histoire avec l’Euro ? Sa star ? Ses chances d’aller au bout ? Vous saurez tout, c’est parti pour notre Road to Euro.

1. Des hauts et des bas inexplicables mais le potentiel est certain

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Emmenée par son charismatique sélectionneur Andriy Shevchenko, l’Ukraine arrive à cet Euro sur la pointe des pieds, avec quelques certitudes mais une grande dose d’interrogations.

Après des qualifications où la Sbirna (surnom de l’équipe ukrainienne) a brillé en terminant première de son groupe devant le Portugal, les Ukrainiens ont connu plus de difficultés dans les derniers mois avec 3 victoires seulement lors des 13 derniers matches.

Des difficultés qui s’expliquent sans doute par la force des adversaires rencontrés (Allemagne, Espagne, Suisse notamment) mais qui ont permis à l’Ukraine de retomber les pieds sur terre avant le début des hostilités.

Tirée vers le haut par les Ruslan Malinovskyi (Atalanta), Andriy Yarmolenko (West Ham) et Oleksander Zinchenko (Manchester City), l’Ukraine peut compter sur un bloc solide composé majoritairement de joueurs du Dynamo Kyiev et du Shakhtar Donetsk.

Quelques 'Belgicains' viennent compléter cette sélection compétitive : Yevgen Makarenko (Courtrai), Eduard Sobol (FC Bruges), Roman Bezus (La Gantoise), et Roman Yaremchuk. Un collectif qui aura pour objectif raisonnable de franchir la phase de poules.

►►► À lire aussi : Euro 2020 : Polémique autour des maillots de l'Ukraine et la Macédoine du Nord

2. L’histoire à l’Euro : des antécédents peu glorieux

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Nombre de participations : 2/16

Victoires : 0

Finales : 0

Dernière participation : 2016 (élimination en phase de poules)

Le brillant passé : Active depuis 1992 suite à la chute de l’URSS, l’équipe ukrainienne n’a pas eu beaucoup d’occasions de s’illustrer sur la scène européenne. Avec l’Euro 2012 dont ils étaient co-organisateurs, les Ukrainiens tiennent leur plus beau souvenir… et leur seule victoire dans la compétition. C’était face à la Suède avec un succès 2-1 marqué par un doublé d’Andriy Shevchenko. Une victoire finalement insuffisante pour franchir la phase de poules.

Le souvenir qui fâche : Après la qualification pour les 1/4 de finale de la Coupe du monde 2006, la Sbirna avait manqué le rendez-vous pour l’Euro 2008. Un gros flop pour les Ukrainiens. La dernière participation de l’Ukraine à l’Euro 2016 avec 3 défaites sur 3 et zéro but marqué est aussi restée en travers de leur gorge.

 

3. Les qualifs': un parcours bluffant

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Bilan : 6 victoires, 2 partages, 0 défaite

Buts marqués : 17

Buts encaissés : 4

On ne s’attendait sans doute pas à une telle campagne de la part de la Sbirna ! Six victoires, deux partages et zéro défaite dans un groupe où figuraient le Portugal et la Serbie, cela force le respect. Les hommes de Shevchenko ont notamment battu les Lusitains 2-1 à dix contre onze et refilé un 5-0 aux Serbes durant ces qualifications mémorables.

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4. La star : Oleksander Zinchenko, l'étoile montante ukrainienne

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Il a gagné la Premier League avec Manchester City et échoué en finale de Ligue des Champions. Oleksander Zinchenko est sans doute le joueur le plus en vue de cette équipe ukrainienne et représente au mieux les jeunes joueurs qui émergent lentement mais sûrement au pays.

A 24 ans, ce latéral gauche aux faux airs de Kevin De Bruyne peut déjà vanter 38 matches en équipe nationale avec 5 buts à la clé. International depuis ses 18 ans, il avait marqué son premier but en sélection à 19 ans contre la Roumanie (2016)… en battant le record de précocité de son coach Andriy Shevchenko.

Après avoir supplanté Benjamin Mendy sur le flanc gauche mancunien pour terminer la saison en force, le chouchou du public ukrainien veut désormais briller sous le maillot de son équipe nationale.

Autre star de l’effectif, l’ancien genkois Ruslan Malinovskyi a pris du galon au fil des années et est désormais devenu indiscutable. Sa fin de saison à l’Atalanta a été remarquable avec 6 buts et 9 assists sur les 11 derniers matches de Serie A pour un total de 10 buts et 12 passes décisives en 43 matches cette saison.

"Zinchenko et Malinovsky sont l’image de l’Ukraine. Ils augmentent notre prestige", saluait d’ailleurs Andriy Shevchenko il y a quelques semaines.

Capitaine expérimenté de l’équipe Andriy Yarmolenko ne semble quant à lui plus au top de sa forme. A 31 ans, il sort d’une saison difficile avec West Ham et perturbée par une blessure au genou.

5. L’avis de l’expert : Oleg Iachtchouk inquiet du "manque de créativité" de l’attaque ukrainienne

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Pour nous parler de cette équipe ukrainienne, nous avons contacté Oleg Iachtchouk, ancien attaquant ukrainien actif pendant 16 ans au sein de notre championnat : à Anderlecht de 1996 à 2006 (156 matches, 37 buts), au Cercle de Bruges de 2006 à 2013 (180 matches, 46 buts) puis à Westerlo en fin de saison 2012-2013 (17 matches – 5 buts).

Sa carrière internationale s’est quant à elle arrêtée en U21. Mais s’il n’a pas goûté au plaisir de représenter sa nation chez les seniors, Iachtchouk a toujours suivi attentivement les prestations de la Sbirna.

L’ancien attaquant anderlechtois et brugeois a notamment été séduit par la campagne qualificative de l’Ukraine et tire son chapeau à Andriy Shevchenko. "Depuis qu’il a repris l’équipe et qu’il a fait venir des spécialistes italiens avec lui, l’Ukraine a très bien progressé tactiquement. On a tout de suite vu la différence et les beaux résultats qui ont suivi."

L’Ukraine a donc engrangé pas mal de confiance et les derniers résultats – plus ordinaires – n’ont pas baissé le moral des troupes. "Dernièrement il y a eu ce très bon 1-1 contre la France qui nous a redonné confiance. C’est un match où on a dû bien s’adapter tactiquement pour concéder le moins possible aux Français et ça a bien marché. Contre l’Allemagne et l’Espagne en Ligue des Nations, on a compris qu’on ne pouvait pas jouer le même jeu face à des équipes de haut niveau. Il faut pouvoir s’adapter et l’ensemble de l’équipe en a pris conscience."

Un bon bloc hargneux et quelques individualités intéressantes : voici les points forts ukrainiens que Yachtchuk a identifiés. "Shevchenko a su créer une équipe qui peut se battre de première jusqu’à la dernière minute. Un bloc qui travaille très bien collectivement. A côté de cela, il y a des leaders comme Malinovskyi et Zinchenko qui tirent l’équipe vers le haut. Stepanenko est aussi un très bon élément même s’il est plus âgé. Chez les jeunes, il faudra tenir à l’œil Vitaliy Mykolenko (22 ans), un back gauche qui peut être très offensif et Illia Zabarny. Un défenseur central titulaire à 18 ans, ça ne court pas les rues."

Il manque un buteur mais ne pas franchir les poules serait une déception

Des défauts, cette équipe ukrainienne en a aussi. Ceux-ci pourraient d’ailleurs rapidement limiter la Sbirna. "L’équipe devient de plus en plus expérimentée mais il manque encore sans doute quelques années pour avoir un collectif vraiment mûr. Certains joueurs sont vieillissants et la relève est encore un peu trop jeune. Il faut trouver le bon équilibre", estime Iachtchouk qui n’est pas convaincu par l’attaque de son pays.

"A l’avant, on manque beaucoup de vitesse et de créativité. Avant, on avait des joueurs comme Shevchenko ou Rebrov aux avant-postes. Les attaquants actuels ne sont pas des buteurs de cette envergure. Yaremchuk, il travaille beaucoup pour l’équipe, oui. Mais on ne peut pas dire que ce soit un buteur."

Iachtchouk – qui suit encore notre compétition – a d’ailleurs analysé la situation des 'Belgicains' en sélection. "Yaremchuk a progressé beaucoup ces derniers temps. Il y a beaucoup de chances qu’il soit titulaire à l’Euro. Mais c’est le seul. Le nom de Roman Bezus a été couché parmi les derniers sur la liste. Eduard Sobol joue régulièrement à Bruges mais je pense que ça va être compliqué pour lui de prétendre à une place dans le onze de base. Enfin, Yevgen Makarenko pourra sans doute entrer en cours de jeu."

Qu’attendre donc de cette Sbirna ? "L’objectif, c’est de franchir ce premier tour. Ce serait malheureux d’être premier de groupe en qualifications et de ne pas sortir des poules. Ce serait une déception. Mais bon, on sait que le football se joue parfois sur des détails. Un carton, une erreur et tout peut vite changer."

6. Le groupe : une 2e place à la portée de la 'Sbirna'

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Les Pays-Bas ont toutes les cartes en main pour terminer premiers du groupe C. Derrière eux, on s’attend à un duel entre l’Ukraine et l’Autriche avec la Sbirna légèrement favorite. Attention toutefois à une surprise de la Macédoine du Nord, capable de battre l’Allemagne lors des qualifications au prochain mondial et libre de toute pression. Une non-qualification pour les huitièmes serait une déception pour la bande à Shevchenko.

► ► Chances de survie : 50%

7. Les chances de victoire : zéro

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Difficile de voir l’Ukraine survivre au-delà des huitièmes de finale. Une qualification aux quarts relèverait de l’exploit. Les chances de voir la Sbirna en demi-finale sont quasiment nulles.

✶ Etoiles de favori : 0/10

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