Road to Euro 11/24 : L’Espagne, une nouvelle génération sans star mais pas sans ambition

Place l’Euro 2020 ! Pour planter le décor, la RTBF vous propose la présentation des équipes qualifiées pour la compétition. Quel a été son parcours en qualifications ? Son histoire avec l’Euro ? Sa star ? Ses chances d’aller au bout ? Vous saurez tout, c’est parti pour notre Road to Euro.

1. Effacer les contre-performances des derniers tournois

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La non-sélection de Sergio Ramos, ni d’aucun joueur du Real Madrid (une première dans l’histoire) a fait couler beaucoup d’encre en Espagne. Le sélectionneur Luis Enrique a pris son destin en mains à travers des choix forts (la sélection d’Aymeric Laporte) et controversés (la sélection de Pablo Sarabia). Certes, il dispose d’un effectif pétri de qualités avec de bons joueurs mais aucun crack ! On a aussi l’impression que cette équipe manque de leaders et ce n’est pas l’absence du capitaine madrilène, miné par les blessures à répétition (la décision aurait été prise en concertation entre le joueur et son sélectionneur), qui va arranger les choses.

Après l’intérim très réussi de Robert Moreno qui a guidé l’équipe durant les qualifications, Luis Enrique a repris sa place avec la mission d’effacer les contre-performances des trois derniers tournois majeurs, élimination au premier tour au Mondial 2014 et éliminations en 1/8 de finale à l’Euro 2016 et au Mondial 2018, et de reconstruire une équipe vieillissante et repue après tant d’années de succès.

Les derniers résultats, et notamment le 6-0 refilé à l’Allemagne en Nations League, prouvent que le chemin emprunté est le bon. A charge pour le triple vainqueur de l’Euro de confirmer son regain de forme durant le tournoi.

2. L’histoire à l’Euro : Des records à la pelle et une bourde historique

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Nombre de participations : 11/16

Victoires : 3

Finales : 3

Dernière participation : 2016

Le brillant passé : 2012.

L’Espagne touche le ciel et réalise un magnifique grand chelem (Euro 2008, Mondial 2010, Euro 2012) et devient du même coup le premier pays à remporter 2 Euro d’affilée. Le titre de 2012 est incontestablement le plus abouti. La preuve en quelques chiffres : 1 but encaissé sur tout le tournoi, record depuis l’instauration de la phase de groupes. En Finale, l’Espagne écrase une Italie sur les genoux, trop diminuée par les blessures et fatiguée après un tournoi exténuant. La Roja remporte ce match 4-0 soit l’écart le plus important en finale d’un championnat d’Europe ou d’une Coupe du monde.

Le souvenir qui fâche : 1984

Bien sûr la France jouait à domicile, les Bleus étaient redoutables et Michel Platini marchait sur l’eau mais lors de cette finale de 1984, l’Espagne a fait jeu égal avec son adversaire jusqu’à cette maudite 57e minute qui a marqué toute une génération de manière négative et a enrichi le lexique footballistique de la fameuse "Arconada". Ah si le portier de la Real Sociedad ne s’était pas loupé sur ce coup franc de PlatocheLa France, qui était de loin la meilleure équipe du tournoi, aurait sans doute fini par l’emporter mais pas dans ces conditions.

3. Les qualifs': Une simple formalité même sans Luis Enrique

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Bilan : 26 points sur 30. Première de son groupe.

Buts marqués : 31

Buts encaissés : 5

Reversée dans le groupe F en compagnie de la Suède et de la Norvège (ses deux seuls adversaires sérieux), la Roja a survolé cette campagne de qualification en marquant lors de chaque rencontre et en ne concédant que deux partages 1-1 (justement face à la Norvège et à la Suède) en fin d’exercice. Sous la houlette de Robert Moreno, (l’adjoint devenu sélectionneur suite à la démission de Luis Enrique), l’équipe a grandi, toujours en 4-3-3 et s’est bonifiée au fil des matches. A noter les cartons contre la Roumanie 5-0 et Malte 7-0 pour clore une campagne presque parfaite.

Preuve de sa solidité, l’Espagne n’a été menée qu’une seule fois durant ses 10 matches, c’était contre la Suède.

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4. La star : Gerard Moreno, l’antistar par excellence

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Si l’on part du principe qu’il n’y a pas de star dans l’équipe, le nom de l’attaquant de Villarreal s’impose néanmoins comme une évidence. Gerard Moreno n’a ni le palmarès de certains de ses coéquipiers, ni leur classe. Pas de carrière exceptionnelle non plus mais un parcours, une modestie et une saison 2020-2021 qui imposent le respect et font de l’homme fort du sous-marin jaune (23 buts en Liga et 7 en UEL) l’artilleur attitré de l’équipe espagnole. Lancé en sélection par Robert Moreno, le désormais meilleur buteur de l’Europa League semble aussi être devenu un pilier de l’équipe d’Enrique.

Si quelqu’un doit faire la différence ce sera forcément lui. Quand on explose à 29 ans, plus rien n’est impossible. Gerard Moreno sera l’homme à suivre.

La liste de 23 :

Gardiens : David De Gea, Unai Simon, Robert Sanchez

Défenseurs : José Gaya, Jordi Alba, Pau Torres, Aymeric Laporte, Eric García, Diego Llorente, César Azpilicueta, Marcos Llorente

Milieux de terrain : Rodri, Thiago Alcantara, Pedri, Koke, Fabian Ruiz

Attaquants : Gerard Moreno, Alvaro Morata, Dani Olmo, Mikel Oyarzabal, Ferran Torres, Adama Traoré, Pablo Sarabia.

 

5. L’avis de l’expert : Guillermo Yanes

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Guillermo Yanes est l’un des responsables du compte twitter francophone @Footenespagne. Evidemment l’actualité de la Roja n’a aucun secret pour lui.

Qu’attendre de l’équipe ?

"Personnellement, je ne m’attends pas à grand-chose car c’est une équipe en reconstruction. Il s’agit d’un bon mélange entre jeunes et certains cadres issus de l’époque glorieuse.

C’est une génération qui ne compte pas de footballeurs de classe mondiale contrairement à la précédente.

Néanmoins, j’ai une confiance totale en Luis Enrique.

Quels sont les qualités et les défauts de l’équipe ?

Il n’y a pas à proprement parler de points forts c’est-à-dire un secteur de jeu vraiment supérieur aux autres. Si je devais en pointer un, je dirais le milieu de terrain qui est assez expérimenté avec des joueurs comme Busquets et Thiago mais également un jeune prometteur comme Pedri.

Le point faible de l’équipe est son attaque. Au-delà, de Gerard Moreno qui est un attaquant dans une forme excellente, nous n’avons pas d’attaquant susceptible de faire la différence.

Que penser de l’absence des joueurs du Real Madrid ?

Je trouve que c’est normal. Depuis janvier, Ramos a eu très peu de temps de jeu à cause de ses problèmes physiques. Carvajal a été quasiment absent durant toute la saison. Le seul qui aurait peut-être mérité une convocation, c’est Nacho car il a réalisé une fin de saison extraordinaire. Je l’aurais choisi au détriment de joueurs comme Eric Garcia ou Diego Llorente.

Quel joueur sera la révélation de l’équipe ?

C’est assez difficile d’y répondre mais je pense que le défenseur central Pau Torres (vainqueur de l’Europa League avec Villarreal, Ndla) pourrait être la révélation. Il est jeune et a un grand avenir devant lui. Il est destiné à guider la défense durant les prochaines années.

En Espagne, quelles sont les attentes des supporters et quel est votre pronostic ?

Puisque l’équipe est en reconstruction et que les dernières phases finales ont été catastrophiques, l’Espagne espère faire bonne figure. Je pense que le public sera satisfait si on atteint les quarts de finale. Cela doit être l’objectif. Mais quelque chose me fait dire que l’équipe n’ira pas jusque-là !

Selon moi, on sortira du groupe et puis c’est tout !

Il faut tout de même souligner que Luis Enrique n’a toujours pas trouvé son "onze de départ". Il y a constamment des joueurs qui rentrent ou qui sortent de l’équipe. A ce titre, j’ai été surpris par la sélection d’un joueur comme Sarabia qui n’avait plus été appelé depuis longtemps (dernière sélection le 18/11/19 sous Moreno, ndlr). Je m’interroge aussi sur l’absence de Canales et de Iago Aspas même si l’on sait que le profil de ce dernier ne semble pas plaire au sélectionneur."

6. Le groupe : Sur la route d’Ibra et de Lewandowski

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Attention danger. Ce groupe E pourrait sembler inoffensif à première vue mais à y regarder de plus près, il a tout du groupe piège ! Certes, l’Espagne fait figure de favorite et devrait en toute logique finir première de sa poule mais il s’agira de bien négocier le match d’ouverture contre la Suède (qui lui a posé des problèmes en qualification) du revenant Ibrahimovic et dans la foulée face à la séduisante Pologne du meilleur buteur de Bundesliga, Robert Lewandowski. Si l’Espagne gère bien ses deux premières rencontres, sa troisième rencontre face à la Slovaquie ne devrait être que pure formalité. A voir cependant, si la confiance engrangée sera suffisante pour aller ensuite titiller les meilleurs. Mais avec un groupe aussi bien balancé, il faudra que les Ibères soient à niveau dès le départ.

► ► Chances de survie : 75%

7. Les chances de victoire : ✶

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Il y a 4 ou 5 équipes qui font figure de grands favoris et l’Espagne arrive juste après. Trop bonne pour être un outsider, trop tendre pour être un favori, l’Espagne se situe entre les deux. Et c’est peut-être là que réside sa force. L’équipe n’aura rien à perdre mais tout à gagner.

✶ Etoiles de favori : 3/10

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