Thierry Witsel ému : "Quand Axel est monté contre le Danemark, je ne tenais plus sur mes guiboles"

Petit miracle jeudi dernier : après 5 mois d'une interminable rééducation, Axel Witsel a fait son grand retour avec les Diables rouges. Monté au jeu pendant 30 minutes dans la remontada belge face au Danemark, il a pu se dégourdir les jambes et prouver, à qui voulait bien l'entendre, que malgré sa lourde blessure au tendon d'Achille, il n'avait rien perdu de son sens du placement, de son intelligence de jeu et de sa hargne défensive.

Quelques jours après cette montée au jeu salvatrice, Pierre Deprez a pu rencontrer Thierry Witsel. Un papa forcément heureux et fier du travail accompli. Parce qu'il sait probablement que son fils revient de très très loin, lui qui n'avait quasiment aucune chance d'être rétabli à temps : "Quand je dis à un journaliste au moment où il se blesse, qu'Axel a 0% chances d'aller à l'Euro, c'est parce que je le pense vraiment. Il vient de se faire opérer, on n'a aucune donnée à ce moment-là. Par la suite, au fur et à mesure du cheminement de sa rééducation, on s'est dit que c'était peut-être possible qu'il y participe. Et à la fin, on se disait qu'il y aurait 80% de chances qu'il y soit. Il s'entraînait deux fois par jour, deux heures le matin, deux heures l'après-midi donc je pense qu'il a tout fait pour y être.


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Une rééducation qui a finalement concerné toute la famille Witsel, chacun se mettant au diapason pour aider Axel à gagner sa course contre la montre : "La revalidation a motivé toute la famille. Quand on a appris la nouvelle, on était évidemment déçu par rapport à l'Euro qui allait arriver, tout le monde était anéanti. Il faut évidemment relativiser la situation, il y a des choses plus graves dans la vie. Mais au niveau sportif, l'Euro arrivait, donc c'est arrivé vraiment au mauvais moment. Il y a eu d'abord l'opération, puis 15 jours sans rien faire et puis la rééducation a commencé, chacun se proposait de le conduire un peu partout pour ne pas qu'il prenne la voiture. La famille s'est donnée à 200%. Chapeau à sa femme d'ailleurs, qui était enceinte et qui a subi cet événement. Elle a été très forte."

Thierry Witsel ému aux larmes

Résultat, la montée au jeu de son rejeton a fortement ému le papa Thierry Witsel, présent en tribunes et en larmes au moment du changement : "Je n'ai évidemment pas décidé de pleurer. Je me suis retenu parce qu'il y avait du monde autour de moi et sans savoir que la télé était un peu plus loin. Je me connais, je me retiens, mais il a fallu que je m'assois, je ne tenais plus sur mes guiboles, au final je reste un être humain" confie Witsel avec le recul.

Un retour vécu, comme souvent avec humilité et détachement par Axel. Pas question de pavaner, il est resté concentré sur ses prochains objectifs avec les Diables : "Après le match, il était content de jouer, de retrouver les sensations. Il a eu difficile au début pour retrouver son second souffle sur le terrain mais après autant de mois, je l'ai trouvé vraiment bon. Il était ému, j'en suis convaincu L'idée pour lui c'est de pouvoir être sur le terrain et de pouvoir contribuer à l'évolution de l'équipe nationale dans le tournoi. Mais au niveau équipe, je ne suis pas certain qu'il mesure l'importance de sa présence."

Parfois décrié pour son jeu lent ou ses passes vers l'arrière, Witsel n'a jamais été aussi apprécié par les observateurs...que depuis qu'il est blessé. On sent même que certains mesurent, enfin, son importance dans le dispositif des Diables. Une petite revanche personnelle pour le papa, Thierry : "C'est encore et toujours l'éternelle discussion de savoir s'il doit rester en équipe nationale. On a des journalistes, des chroniqueurs qui ont dit pas mal de choses quand il est parti en Chine. Des bêtises. Par moments, certains chroniqueurs et journalistes devraient apprendre à se taire."

 

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