Oblak, Van Dijk, Ramos, Pjanic, Haaland, Zlatan : le 11 des absents à l’Euro a fière allure

Si les sélectionneurs nationaux dévoilent leurs sélections au compte-gouttes depuis quelques jours, et que l’incertitude plane autour de la sélection de tel ou tel autre joueur, d’autres sont déjà assurés de rester à la maison et de ne pas participer à la grande messe estivale.

Les raisons sont multiples et variées : leur pays n’a pas su se qualifier, ils sont blessés et donc coincés à l’infirmerie ou ils n’ont tout simplement pas été sélectionnés par leur entraîneur.

Nous avons tenté de faire un 11 de base des joueurs absents à l’Euro 2021. Et vous allez le voir, cette équipe, alignée en 4-4-2 en losange, a fière allure.

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Le 11 des absents à l’Euro. © RTBF

Gardien : Jan Oblak (Slovénie)

Jan qui rit en club, Oblak qui pleure en sélection. Récent champion avec l’Atletico Madrid et à nouveau le gardien le plus imperméable de Liga, Oblak coule des jours heureux avec les Colchoneros. Une période faste qui contraste avec ses déboires en équipe nationale.

Titulaire indiscutable dans les cages slovènes depuis la retraite internationale de son prédécesseur Samir Handanovic, Oblak paie le niveau de sa sélection. C’est bien simple, le gardien de l’Atletico n’a encore jamais disputé de grande compétition avec son pays.

Et cet été, il devra à nouveau assister à la compétition depuis son canapé puisque la Slovénie a fini 4e de son groupe de qualifications derrière… la Pologne, l’Autriche et la Macédoine du Nord. Participer à un Euro semble donc presque chimérique pour Jan Oblak. Et c’est bien dommage…

Arrière gauche (exceptionnellement) : Matt Doherty (Irlande)

Transféré à Tottenham en provenance de Wolverhampton l’été dernier, Matt Doherty a vécu une première saison contrastée, oscillant entre la pelouse, le banc et l’infirmerie (15 matches de Premier League).

À 28 ans, celui qui est devenu l’un des piliers défensifs de l’Irlande depuis ses débuts en équipe nationale en 2018, a également dû se résoudre à ne pas participer à l’Euro.

Après avoir fini 3e de leur groupe derrière la Suisse et le Danemark, les Boys in Green ont été éliminés au bout du suspense par une équipe à priori prenable, la Slovaquie. La séance de tirs au but, perdue 4-2 après le 0-0 du match, est d’ailleurs restée en travers de la gorge de nombreux joueurs irlandais, dont Doherty.

Défenseur central : Sergio Ramos (Espagne)

La décision du sélectionneur Luis Enrique de ne pas sélectionner Sergio Ramos, son fidèle capitaine, a eu l’effet d’une bombe aux quatre coins de l’Espagne. La justification, celle d’un Ramos blessé tout au long de la saison et donc pas à 100%, est quelque peu bancale tant le Madrilène aurait pu avoir de l’impact dans le vestiaire sans forcément jouer.

Mais soit, la décision est prise et Sergio Ramos assistera donc à l’Euro depuis chez lui. Une anomalie au vu du pédigree du bonhomme qui a tout connu en équipe nationale : d’abord les gloires et cet exceptionnel triplé Euro 2008 – Mondial 2010 – Euro 2012 glané avec la Roja. Puis les désillusions et les éliminations précoces (8e de finale à l’Euro 2016 puis au Mondial 2018).

Alors qu’il doit, pour la première fois de sa carrière, ferrailler avec un corps qui chancelle, Sergio Ramos ne participera pas à une grande compétition. Et quelque chose nous dit que les chevilles de ses adversaires doivent bénir la décision de Luis Enrique.

Défenseur central : Virgil Van Dijk (Pays-Bas)

La mort dans l’âme, Virgil Van Dijk a confirmé il y a deux semaines qu’il ne participerait pas à l’Euro avec les Pays-Bas. Alors qu’il se battait depuis de longues semaines pour être retapé à temps, le colosse oranje a finalement dû abdiquer.

La faute à cette vilaine blessure au genou qui l’a tenu éloigné des pelouses depuis octobre 2020. Toujours en convalescence, Van Dijk ne disputera donc pas sa première grande compétition avec les Oranje. Et pour ces Pays-Bas aux dents longues, qui revivent après de longues années de vache maigre, c’est un gros coup au moral tant Van Dijk stabilise cette défense.

Un Van Dijk qui aura donc le temps de se préparer en vue de la saison prochaine avec Liverpool. Saison lors de laquelle les Reds voudront remonter sur leur trône après un exercice marqué par les blessures.

Arrière droit : Eduardo Camavinga (France)

Même s’il est le plus jeune joueur à voir vêtu la prestigieuse vareuse tricolore et le plus jeune buteur de l’histoire des Bleus, Eduardo Camavinga ne participera pas au prochain Euro.

Il n’a en effet pas été retenu par son sélectionneur Didier Deschamps, qui lui avait pourtant fait confiance lors des derniers rassemblements. Les causes sont multiples, évidemment. On pointera, entre autres, la féroce concurrence au sein de ce pléthorique noyau français mais surtout une fin de saison ratée de la part de Camavinga avec Rennes.

Du haut de ses 18 ans, Camavinga a donc été jugé encore trop irrégulier pour participer à la grande messe cet été. On imagine que ce n’est que partie remise.

Milieu défensif : Miralem Pjanic (Bosnie)

La participation à la Coupe du monde 2014 ne semble avoir été qu’un feu de paille pour la Bosnie.

Considérée comme un poil à gratter de la compétition grâce notamment à son tandem Pjanic-Dzeko, elle était alors perçue comme une valeur montante, appelée à réitérer ce genre de participation à un grand tournoi.

Malheureusement pour Pjanic et ses troupes, l’épopée brésilienne restera le seul fait d’armes majeur de cette génération. Nouvelle illustration avec cet Euro 2020 loupé d’un cheveu en play-offs contre… l’Irlande du Nord.

2e joueur le plus capé de l’histoire de son pays, l’excellent Miralem Pjanic devra donc à nouveau se contenter d’un rôle ingrat de (télé) spectateur. Au vu de sa saison en dents de scie au Barça, on ne sait de toute façon pas s’il aurait pu vraiment peser sur la compétition, mais c’est un autre débat.

Milieu central : Martin Odegaard (Norvège)

Les années se suivent et se ressemblent pour l’ex-future star du Real Madrid. Déjà éliminé avec la Norvège lors de cruels barrages contre la Hongrie en 2016, Martin Odegaard a vécu le même frustrant scénario cette année.

Cette fois, c’est sur la Serbie que les Scandinaves ont butée. La défaite, 2-1 après prolongations, fait mal et nous prive d’Odegaard à l’Euro.

Un Odegaard qui semble tout doucement (et enfin…) trouver ses marques au plus haut niveau, lui qu’on avait sans doute placardé trop tôt comme la nouvelle pépite du football européen. À désormais 22 ans, il a quasiment tout joué avec Arsenal, club où il a été prêté ces six derniers mois. Une énième fois de retour au Real Madrid, il compte enfin faire son trou chez les Merengue.

Avant de définitivement prendre son envol en équipe nationale et de fructifier les espoirs placés dans ce monstre à deux têtes qu’il compose avec le redoutable Erling Haaland ?

Ailier gauche : Henrikh Mkhitaryan (Arménie)

Alors qu’il s’apprête à écrire le dernier chapitre de sa carrière, Henrikh Mkhitaryan (32 ans) se résout tout doucement à ne jamais disputer de grand tournoi avec l’Arménie.

La faute à une équipe d’Arménie qui n’a tout simplement pas les armes pour lutter avec les meilleurs. La preuve, elle a fini 5e de son groupe qualificatif derrière l’Italie, la Finlande, la Grèce et la Bosnie. Mkhitaryan a donc probablement raté l’une des dernières occasions de participer à un grand rendez-vous.

Et il a de quoi être frustré tant il a réalisé une saison de toute beauté avec l’AS Rome. Positionné dans un rôle de milieu offensif qui sied parfaitement à ses qualités (quelle lecture du jeu !), l’Arménien a affolé les compteurs statistiques : 13 buts et 11 buts en 34 matches de Serie A avec la Louve.

Une belle embellie en club qui contraste donc avec l’interminable traversée du désert de son équipe nationale.

Ailier droit : Sergej Milinkovic-Savic (Serbie)

Le désamour naissant entre la Serbie et l’Euro se confirme année après année. Jamais qualifiés pour l’Euro depuis qu’ils se sont séparés du Monténégro en 2006, les Serbes enchaînent les désillusions.

Et pourtant, comme souvent, ils ne sont pas passés loin d’une qualification. Ils y ont même cru jusqu’au bout en arrachant une prolongation presque miraculeuse grâce à un but de Luka Jovic au bout du suspense en barrages contre l’Ecosse. Mais ils ont finalement dû s’avouer vaincus au tirs au but : 5-4 et un seul échec, qui fait mal, signé Aleksandar Mitrovic.

On ne verra donc pas Sergej Milinkovic-Savic à l’Euro. A 26 ans, l’éphémère Genkois atteint pourtant tout doucement la plénitude de son potentiel. Soyeux, hyper élégant et ultra précieux dans ce collectif bien rôdé de la Lazio, le Serbe fait rêver bon nombre de grandes écuries européennes. Et si son prix, fixé à 70 millions, a de quoi faire hésiter de potentiels acquéreurs, il ne fera assurément plus de vieux os à Rome. Avec ou sans la lucrative vitrine de l’Euro.

Attaquant : Erling Haaland (Norvège)

Seule nation à placer plusieurs joueurs dans cette liste honorifique, et pour cause, la Norvège compte deux vrais joyaux dans ses rangs : Martin Odegaard, au talent brut énorme mais qui peine à s’installer dans un club et surtout Erling Haaland.

Toujours plus puissante, toujours plus sereine et incisive dans ses appels, la machine à buts de Dortmund n’en finit plus d’enquiller les goals. Pour sa 2e saison au BVB, on se demandait où allait s’arrêter le phénomène norvégien. La réponse est on ne peut plus limpide, comme souvent avec lui d’ailleurs : 27 buts et 8 assists en 28 rencontres de Bundesliga ainsi que 10 buts et 2 assists… en 8 matches de Champions League. Monstrueux.

Malheureusement pour lui, il n’a pas su rééditer pareilles performances en équipe nationale. Même si son ratio reste bon (6 buts en 10 sélections), il a été pointé du doigt pour son barrage complètement raté contre la Serbie, rencontre finalement synonyme d’élimination pour son pays.

Presque létal en club, Haaland doit donc encore aiguiser sa lame en sélection pour enfin ramener la Norvège à son meilleur niveau, elle qui n’a plus disputé de grande compétition depuis 2000.

 

Attaquant : Zlatan Ibrahimovic (Suède)

Aux côtés d’Haaland dans ce détonnant binôme d’absents, Zlatan Ibrahimovic. Alors qu’il avait ravivé la flamme de tout un pays en annonçant son retour en équipe nationale après cinq ans d’absence, le fantasque suédois a dû finalement faire l’impasse sur la compétition.

La faute à une foutue blessure au genou, survenue au pire des moments, qui prive donc la Suède de son principal atout et… Zlatan de son (plus que probable) dernier rendez-vous international.

Parce que même s’il jongle brillamment avec les années qui défilent, Zlatan flirte tout doucement avec la quarantaine. Le voir revenir l’année prochaine pour disputer la Coupe du Monde paraît hautement improbable.

Encore qu’avec Zlatan, on n’est finalement plus à l’abri de rien.

Mentions honorables :

Nick Pope (Angleterre), Koen Casteels et Adnan Januzaj (Belgique), Aleksandar Kolarov (Serbie), Edin Dzeko (Bosnie), Gilfy Sigurdsson (Islande), Steven N’Nzonzi, Anthony Martial et Alexandre Lacazette (France), Marc-André ter Stegen, Julian Draxler, Marco Reus et Jérôme Boateng (Allemagne), Dani Carvajal (Espagne), Nicolo Zaniolo (Italie)…

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