La chronique de Benoît Delhauteur : L’avant-dernière chance des Diables

“En 2021, la Belgique est la dernière grande nation du foot européen à n’avoir jamais gagné de compétition majeure.”

A l’heure du début de l’Euro, cette phrase sonne tel un reproche. Nous préférons la lire autrement. Bonheur suprême, notre petit pays est devenu une grande nation du foot européen ! Quand les Diables étaient 71es mondiaux – la place aujourd’hui occupée par la Bulgarie – aurait-on pu prédire que quelques tournois plus tard, la Belgique serait décrite par tous les médias étrangers comme un cador de la planète foot ? Personne n’aurait pu y croire, à l’époque. Avec un peu de recul, on réalise à quel point nous avons de la chance d’avoir une équipe nationale de ce niveau, capable de rivaliser avec n’importe quel adversaire. Profitons de chacun de ces grands moments. Ils ne dureront pas éternellement.

Roberto Martinez a beau préparer le futur, le présent passe à une vitesse folle et c’est avec la base du noyau actuel qu’il faudra gagner un trophée. Cette génération méritera-t-elle le qualificatif qui lui colle à la peau partout où elle va – “dorée” – si elle termine chaque grande compétition avec l’étiquette de magnifiques perdants ? Réponse dans quelques années. Les souvenirs resteront, mais ne pas remporter de titre, ne pas mettre une ligne au palmarès, ce serait du gâchis.

Les premières opportunités se sont déjà envolées. Pas au Brésil, où les Diables manquaient encore de maturité. Mais après, que de regrets. Lors de l’Euro 2016, la voie vers le trophée était une autoroute à six bandes, avant que les Gallois ne nous envoient sur le bas-côté. Et n’évoquons même pas le Mondial 2018 : pas besoin de remuer le seum dans la plaie.

Le temps faisant son œuvre, les jambes de certains seront de moins en moins vivaces. A nos yeux, il ne reste dès lors que deux grandes chances aux Diables de remporter un tournoi majeur. Romelu Lukaku a 28 ans, Kevin De Bruyne 29, Eden Hazard 30 et Axel Witsel 32. L’âge de la maturité. Mais sans doute ne seront-ils plus aussi performants à l’Euro 2024.

La conclusion est simple : c’est maintenant qu’il faut faire. Et/ou l’année prochaine, lors de la Coupe du Monde au Qatar. Deux chances en or. Subtil clin d’œil du destin, ce nouveau chapitre de l’histoire des Diables débute à Saint-Pétersbourg, où s’était si douloureusement clôturé le dernier. Pour définitivement l’enterrer, rendez-vous en finale à Wembley, le 11 juillet. Une mission à la fois ardue et limpide. Mais à la portée d’une grande nation de football.

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