Euro 2020 : France, Belgique, Angleterre... où en sont les favoris ?

Avant l'Euro de foot (11 juin - 11 juillet), les favoris présentent des états de forme divers, que ce soit en matière de résultats ou de condition physique. Tour d'horizon à un mois du coup d'envoi:


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Portugal: poussif, mais avec des promesses

Si le champion d'Europe en titre n'a pas perdu en mars et plutôt bien réussi ses débuts en qualifications au Mondial-2022, il est souvent apparu poussif et sans idées, voire inquiétant par moments face à des nations pourtant largement à sa portée.

Malgré un vivier de joueurs individuellement très talentueux (Fernandez, Silva, Felix, Jota, Dias ...), la Seleçao souffre d'une absence de force collective tant sur le plan défensif qu'offensif. Trop d'incertitudes subsistent pour détacher une organisation et un onze type clairs, notamment au milieu de terrain et quand il faut choisir les partenaires de Ronaldo en attaque.

Seules satisfactions durant le stage de mars, l'affirmation de Ruben Dias en défense et l'émergence de Diogo Jota comme buteur alternatif du Portugal derrière "CR7".

France: infirmerie quasi vide, moral au top

Les champions du monde 2018 se présentent aux portes de l'Euro avec des habits de favoris, après trois ans de renouvellement sans bouleversement. L'ossature du Mondial russe est toujours en place, la "gagne" sauce Didier Deschamps également.


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La France n'a connu que trois trous d'air depuis son sacre, aux Pays-Bas (novembre 2018, Ligue des nations), en Turquie (juin 2019, qualification à l'Euro) et contre la Finlande (novembre 2020, amical), trois jours avant une victoire marquante chez le Portugal de Cristiano Ronaldo (1-0).

Face à "CR7" au premier tour de l'Euro, c'est un groupe tricolore au complet qui devrait se présenter, de Hugo Lloris à Antoine Griezmann en passant par Paul Pogba et Kylian Mbappé. Les blessés du printemps, à savoir Corentin Tolisso et Anthony Martial, espèrent être remis à temps en vue de la liste annoncée le 18 mai.

Les "Parisiens" du groupe devront vite tourner le bouton après une fin de saison qui ne répond pas aux attentes. Le retour en Bleu pourrait balayer le spleen du PSG.

Belgique : de signaux au vert et quelques interrogations pour les Diables rouges

La sélection dirigée par Roberto Martinez n'a perdu que deux fois (5-2 contre la Suisse et 2-1 contre l'Angleterre) lors de la quasi trentaine de matches disputés depuis la demi-finale du Mondial-2018 perdue face aux Français, une belle série qui masque toutefois la fébrilité d'une défense souvent prise à revers.

Avec Thibaut Courtois dans les buts, Romelu Lukaku en attaque et surtout Kevin De Bruyne en chef d'orchestre, les Diables rouges sont armés pour aller loin. Les frères Hazard devraient être également de la partie: Thorgan (Borussia Dortmund) et son aîné Eden, revenu fin avril à la compétition avec le Real Madrid après une longue série de blessures. Edinho doit encore retrouver les sensations qui ont fait de lui l'un des joueurs les plus en vue de la planète.

Benteke en 2014, Kompany en 2016 (blessés), Nainggolan en 2018 (choix du coach, un grand nom est resté sur le carreau à chaque dernier grand tournoi. Ce rôle pourrait être endossé par Axel Witsel (touché au tendon d'Achille) cette année. Le métronome de Dortmund fait tout pour être prêt. L'élargissement de la liste pourrait lui être bénéfique.

Aucun autre cadre n'est pour l'heure blessé, à l'exception de Dries Mertens victime d'une entorse à une cheville samedi lors du déplacement de Naples à La Spezia.

Angleterre: des dilemmes et des blessés

Avec la possibilité d'emmener 26 joueurs, le sélectionneur Gareth Southgate aura des choix délicats à faire en attaque, où le choix est pléthorique. Les inquiétudes concernent plutôt le secteur créatif du milieu de terrain avec Jack Grealish, blessé depuis la mi-février, ou James Maddison qui peine à retrouver son niveau avec Leicester.

Un cran plus bas, Jordan Henderson est aussi très incertain, alors que son coéquipier à Liverpool Trent Alexander-Arnold a quelques matches pour faire oublier la saison sans relief des Reds.

Avec un exercice condensé et très riche en matches pour Chelsea, Manchester City et United, et marqué par de nombreux pépins physiques, Southgate pourrait être tenté de donner la priorité à des joueurs plus frais et polyvalents.

Espagne : la Roja en mode reconstruction

Après ses éliminations précoces à l'Euro-2016 et au Mondial-2018, la "Roja" a entamé son projet de reconstruction sous l'impulsion de Luis Enrique. De la génération dorée qui avait réussi le triplé Euro-2008 - Mondial-2010 - Euro-2012, il ne reste plus que Sergio Ramos et, dans une moindre mesure, Sergio Busquets et Jordi Alba, absents en 2008. Encore blessé, le capitaine fantastique du Real apparait moins impérial, sera-t-il rétabli à temps ?

Depuis son retour fin 2019, Enrique a lancé plusieurs très jeunes joueurs prometteurs, à l'instar de Bryan Gil (Eibar), Dani Olmo (Leipzig), Ferran Torres (Manchester City), Mikel Oyarzabal (Real Sociedad), Pedri (FC Barcelone) ou encore Ansu Fati. Le prodige du Barça, 18 ans, pourrait toutefois manquer l'Euro à cause d'une grave blessure à un genou.

Battue une seule fois en deux ans et demi (1-0 en Ukraine en octobre 2020), l'Espagne s'attend à passer la phase de groupes malgré l'opposition du Suédois Zlatan Ibrahimovic (dont la blessure ce week-end inquiète tout le royaume) et du Polonais Robert Lewandowski, mais pas forcément à un exploit: cet Euro servira surtout à lancer les bases d'une nouvelle génération en vue du Mondial-2022 au Qatar.

Allemagne: défense friable, Löw en partance

Les fans et experts allemands sont nombreux à ne plus considérer la Mannschaft comme un favori de cet Euro, à la lumière des récents résultats en dents de scie d'une équipe incapable de trouver son assise défensive.

Joachim Löw est-il encore le sélectionneur adéquat après 15 ans en poste? Va-t-il rappeler pour l'Euro ses vieux grognards champions du monde 2014 Thomas Müller, Jérôme Boateng et Mats Hummels, éjectés sans ménagement en 2019 après l'humiliante élimination au premier tour du Mondial-2018 ?

A la première question, une majorité de fans répondent "non", selon les sondages. Après le traumatisant 6-0 de novembre encaissé en Espagne en Ligue des nations, les appels à la démission de Löw se sont multipliés. Et la défaite 2-1 en mars à domicile en qualification du Mondial contre... la Macédoine du Nord n'a pas redoré son blason.

Sur la deuxième question, les avis sont partagés. Difficile de se passer d'un Müller revenu à son plus haut niveau au Bayern, selon les observateurs. Quant à Boateng et Hummels, les arrières centraux d'expérience apporteraient ce qui a manqué à l'équipe depuis des mois: une stabilité défensive.

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