Euro 2016: Kiraly, le vétéran au légendaire pantalon

Euro 2016: Kiraly, le vétéran au légendaire pantalon
Euro 2016: Kiraly, le vétéran au légendaire pantalon - © ATTILA KISBENEDEK - AFP

Plus vieux joueur jamais aligné à un Euro, le gardien hongrois Gabor Kiraly (40 ans) se distingue tant par ses arrêts décisifs que par son éternel pantalon de survêtement gris, qu'il a traîné durant près de vingt ans dans les championnats allemand et anglais.

Petite bedaine, crâne dégarni et bas de jogging trop large: Kiraly, qui a fêté ses 40 ans le 1er avril, arbore plus un look de joueur du dimanche que de portier international.

Mais sa somptueuse claquette sur un tir à bout portant du Norvégien Per Ciljan Skjelbred en barrages l'a rappelé: l'ancienne mascotte du Hertha Berlin a gardé tous ses réflexes et a grandement contribué à la première qualification magyare à un Euro depuis 1972.

"Il me faut un peu plus de temps qu'avant pour récupérer, mais j'ai la condition physique et j'ai l'expérience. Et je suis toujours motivé", confie le joueur aux 800 matches en recevant l'AFP à Szombathely (est du pays), sa ville natale où il est revenu l'été dernier finir sa carrière dans son club formateur.

Avec 101 capes, ce géant (1,91 m) jovial, sacré "joueur hongrois des qualifications" par l'UEFA, a d'ores et déjà égalé le record national de sélections de Jozsef Bozsik, milieu de terrain du mythique "Onze d'or" des années 1950.

Sauf accident, il doit devenir le 14 juin à Bordeaux, face à l'Autriche (groupe F), le joueur le plus âgé à fouler la pelouse d'un Euro, avec un an de plus que l'Allemand Lothar Matthäus en 2000.

Une chose est certaine: même en cas de canicule aquitaine, Kiraly portera son pantalon gris tout au long du match. Une habitude prise à la suite d'une série miraculeuse de victoires avec Szombathely dans la froidure hongroise, en 1996.

"Je suis superstitieux. Sans pantalon, je me sens mal à l'aise. Pour moi, l'essentiel sur un terrain est de me sentir bien, confortable, pas de ressembler à un top modèle. C'est une question à la fois physique et psychologique", confie-t-il.

C'est ainsi vêtu qu'à 21 ans, lors de sa première sélection, il arrête un penalty de la star autrichienne Tony Polster, en match amical à Vienne, en 1998. Victoire 3-2 à la clé.

"C'était énorme, un souvenir incroyable. Tout comme le carton rouge de Lionel Messi pour son premier match international", perdu 2-1 par la Hongrie à Budapest en 2005, en amical.

Fils d'un milieu de terrain de Szombathely, Kiraly affirme avoir toujours eu une vocation de gardien. "J'ai tout de suite aimé ça, l'équipement, le fait d'être plein de boue, et aussi de contrarier les attaquants", avoue-t-il.

Son objectif initial est simplement de "jouer comme professionnel en Ligue 1 hongroise". Mais son horizon s'élargit brutalement après son exploit viennois: à 22 ans, il découvre le haut du tableau de la Bundesliga en signant au Hertha Berlin.

En 2004, après sept ans et 244 matches --dont 10 en Ligue des champions-- avec le club allemand, Kiraly rejoint Crystal Palace à Londres, où il est titulaire pendant deux ans.

Mais sa carrière patine à partir de 2006. Désormais abonné aux clubs de seconde division, parmi lesquels Munich 1860 et Fulham, il connaît également des éclipses en sélection.

Il est toutefois rappelé par deux sélectionneurs issus comme lui du Hertha, Pal Dardai et Bernd Storck, avec pour objectif de sauver une campagne de qualification pour l'Euro-2016 mal engagée. Une mission accomplie notamment grâce à l'expérience de cet admirateur de Dino Zoff, le légendaire portier italien qui fut sacré champion du monde avec l'Italie en 1982, à plus de 40 ans.

Détail piquant: Kiraly ne porte jamais de jogging en dehors des terrains. "Pour moi, c'est un habit de travail, et je ne me balade pas en habit de travail durant mes loisirs. Quand il m'arrive de voir des gens en jogging gris dans la rue, je me demande vraiment comment on peut porter ça..."

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