Punchlines, provocations, frasques : Zlatan Ibrahimovic, l’ego sans filtre

L’image a fait le tour du monde mardi soir : celle de Romelu Lukaku et Zlatan Ibrahimovic, énervés, tendus, front contre front avant l’entracte du bouillant derby milanais entre l’Inter et l’AC Milan.

Tous les observateurs ont avoué avoir été surpris de voir Lukaku dans cet inhabituel état de fureur. Ils l’ont été beaucoup moins en voyant l’inévitable Zlatan Ibrahimovic à nouveau mêlé aux hostilités.

Parce que tout au long de sa carrière, le fantasque suédois a accumulé les frasques et les provocations, les moqueries et les punchlines. Un tempérament, résolument provocateur, que le géant suédois a toujours adoré cultiver, quitte à se faire détester.

Zlatan, c’est une longiligne carcasse d’1m95, qui n’a jamais daigné rentrer dans les clous de ce football moderne aseptisé. Engagé dans une sempiternelle guerre d’égos avec ses adversaires, les arbitres, les médias et… lui-même, Ibra’ a détonné dès son plus jeune âge.

La provocation ? Sa marque de fabrique

En 1999, Ibrahimovic a 18 ans à peine. Fraîchement intégré à l’équipe première de Malmö, il ne perd pas de temps pour se présenter au monde : “Retenez bien mon nom et mon visage. Je m’appelle Zlatan Ibrahimovic et je vais devenir le meilleur joueur du foot du monde !"

Une déclaration déroutante à l’époque mais qui, avec le recul, plante parfaitement bien le décor. Quelques années plus tard, alors que sa carrière décolle peu à peu, Arsène Wenger, l’illustre entraîneur du grand Arsenal des années 2000, lui propose de passer un test avec les Gunners. La réponse de Zlatan est sans équivoque : “Pas question, Zlatan ne passe pas d’audition !"

En 2012, après un bref mais fructueux interlude à Milan (32 matches, 28 buts), Ibrahimovic pose ses valises à Paris pour incarner ce PSG new-look, bling-bling et résolument ambitieux. “Je ne connais pas beaucoup la L1 mais la L1 sait qui je suis" proclame-t-il fièrement en guise de présentation. Le ton est donné. 

Au total, Ibra va passer quatre saisons dans la cité de l’amour à distiller ses petites piques à qui voulait bien lui tenir tête. “Même mes fils jouent mieux que vous” assène-t-il violemment à ses coéquipiers parisiens à la mi-temps d’une prestation en demi-teinte contre Troyes. “Ce soir, on a joué avec quatre défenseurs… plus Gignac qui a joué dos au but tout le match” blague-t-il ironiquement après un Clasico raté de son homologue français. Même son propre public, désormais habitué aux victoires et donc devenu exigeant, en prend pour son grade : “Le public demande beaucoup. C’est bizarre parce qu’avant nous, il n’avait rien.

Au fil des mois et des punchlines, Ibrahimovic parvient même à faire entrer son prénom dans le vocabulaire commun. Dans l’imaginaire collectif, zlataner signifie désormais “dominer un adversaire de façon humiliante”.

Parce que dominer, régner et gagner, le showman Zlatan a finalement su le faire (presque) partout où il est passé. Réduire le Suédois à cette simple pancarte de grande gueule égocentrique serait donc faire injure à son immense talent de footballeur. La preuve, à 39 ans et après 22 saisons professionnelles dans les guibolles, le dinosaure de Malmö martyrise toujours les défenses italiennes. Avant cela, il avait porté le PSG sur ses larges épaules (156 buts en… 180 matches), contribué à la folle épopée de l’Inter Milan en Série A (quadruple champion de 2007 à 2011) et planté des banderilles dans tous ses clubs précédents. Tout en contrôle et en donnant (évidemment) une déconcertante impression de facilité.

Un contrôle qu’il semble pourtant avoir perdu mardi soir face à Lukaku. Insultant la mère du Belge, il a dépassé les bornes et poussé sa perpétuelle guerre d’égos au-delà des limites. Mais par vanité peut-être, par fierté probablement, Zlatan n’avouera jamais qu’il a tort. Son tweet, publié ce mercredi, en est l'illustration. 

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK