Immobile, l'agent Ciro propulsé sur le toit de l'Europe

Ciro Immobile (Lazio) et ses 36 buts sur le toit de l'Europe.
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Ciro Immobile (Lazio) et ses 36 buts sur le toit de l'Europe. - © ANDREAS SOLARO - AFP

C’est désormais officiel ! Avec ses 36 buts en Serie A, Ciro Immobile est sacré Soulier d’Or européen au terme d’une saison offensive exceptionnelle et d’un sprint final haletant. Il met ainsi fin à l’hégémonie du trident Messi-Suarez-Ronaldo et vient inscrire son nom parmi une belle brochette de snipers.

Une vraie résurrection pour un joueur que beaucoup enterraient déjà…

Parce que quand il signe à la Lazio en 2016 contre 8,5 millions d’euros, Immobile est mentalement au plus bas. Il vient de rentrer au bercail après deux escapades infructueuses à l’étranger, d’abord à Dortmund (34 matches, 10 buts) puis en prêt à Séville (10 matches, 2 buts).

Beaucoup doutent alors du talent de cet attaquant de 26 ans, peu flashy et qui a, semble-t-il perdu l’efficacité qui avait, jadis, fait sa renommée. Heureusement pour lui, Immobile croise alors la route d’un homme qui va contribuer à sa renaissance.

Après quatre ans à coacher les équipes de jeunes de la Lazio, Simone Inzaghi prend les rênes de l’équipe première des Biancocelesti. Et sa philosophie de jeu, basée sur un jeu très rapide, vertical et sur une faculté à se propulser très vite en profondeur, convient parfaitement à Ciro Immobile. Les deux hommes sont faits pour s’entendre.

Et de fait, Ciro retrouve ses cannes et la confiance, condition sine qua none à la réussite de l’attaquant racé qu’il est. Très vite, Immobile redevient mobile. Pour sa première saison, il plante 23 buts. Pour sa deuxième, 29 en 33 matches. Dans le sillage de son bomber, la Lazio se met à titiller les mastodontes de Serie A, dans une course effrénée aux places européennes. Par deux fois, elle finit 5e et se qualifie pour l’Europa League.

Sans surprise, le petit coup de moins bien d’Immobile la saison dernière (“seulement” 15 buts) coïncide avec la moins bonne saison des Romains depuis quelques temps (8e). Signe d’une Ciro-dépendance qui est en train de se créer. Et qui va littéralement exploser lors de l’exercice suivant.

L’agent Ciro affole tous les records

J’ai faim” clame-t-il d’entrée de jeu avant le match d’ouverture face à la Sampdoria fin août. La lueur dans ses yeux est pénétrante, son sens du but parfaitement aiguisé. Comme une bête revancharde prête à jaillir sur sa proie. Déroutant, il plante un doublé plein d’opportunisme face à des Génois gênés. Lors des journées suivantes, il récidive. Tel un métronome qu’on n’arrête plus.

Immobile marque ainsi lors de douze des quatorze premiers matches. Mi-janvier, après un savoureux triplé contre cette même Sampdoria, il caracole à 23 buts en 20 matches. On se dit alors que le record de buts inscrits en une saison en Serie A, détenu par Gonzalo Higuain (36) peut sérieusement commencer à trembler.

Parce que, lentement mais sûrement, toute l’équipe se met à jouer pour lui. Luis Alberto et Sergej Milinkovic-Savic, les deux maestros de l’entrejeu, l’abreuvent de ballons. En profondeur, dos au but ou dans le petit rectangle, Immobile devient le point d’ancrage décisif d’une Lazio affamée qui se surprend même à rêver de titre.

Malheureusement pour elle, elle flanche au pire des moments. Début juillet, elle enchaîne quatre défaites en 5 matches et est définitivement larguée par une Juventus lancée vers le titre. Sans surprise, ces accrocs coïncident avec une période de disette d’Immobile (un seul but sur cette période). Tout un symbole.

Quasiment assurée de finir dans le Top 4 malgré tout, la Lazio se fixe donc un dernier objectif. Propulser son serial buteur maison sur la plus haute marche du podium du Soulier d’Or et pourquoi pas faire vaciller le record d’Higuain. La lutte est intense. Lewandowski et ses 34 buts en Bundesliga ont placé la barre très haut. L’inoxydable peroxydé Cristiano Ronaldo (31) reste à l’affût.

Mais Immobile semble inarrêtable. Dans un dernier baroud d’honneur offensif, le chef d’orchestre de la Lazio finit en fanfare : 7 buts lors des 5 derniers matches. Samedi dans l’anodine défaite face à Naples (3-1), il plante sa 36e et dernière rose de la saison.

Son sourire en coin après son but en dit long. Il le sent, il le sait, il dépasse définitivement Lewandowski et ne peut plus être rattrapé par Ronaldo. Au terme d’un chassé-croisé haletant, il finit Soulier d’Or européen. Et cerise sur ce délicieux gâteau doré, il égale le record d’Higuain.*

A 30 ans, Immobile a probablement écrit la plus belle page de sa carrière. Et redoré un nom qu’on avait, sans doute, un peu trop sali après ses échecs à l’étranger.

Aujourd’hui, Ciro’a démontré à tout le monde qu’il reste un buteur né. Un bomber à l’italienne, toujours bien placé, instinctif, doué des deux pieds et doté d’une qualité intrinsèque pour se faufiler dans le dos de défenses regroupées. Aujourd’hui l’agent Ciro est sur le toit de l’Europe. Et l’Italie s’en frotte les mains, à moins d’un an de l’Euro.

*Et si certains observateurs récalcitrants avancent qu’il ne doit ses stats affolantes qu’aux nombreux penaltys inscrits (il en a marqué 14), il semble utile de souligner qu’il aurait, malgré tout fini meilleur buteur de Serie A, si l’on avait occulté tous les penaltys.

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