Rabiot et le PSG, je t'aime, moi non plus

Rabiot et le PSG, je t'aime, moi non plus
Rabiot et le PSG, je t'aime, moi non plus - © FRANCK FIFE - AFP

Au bras de fer avec son club, taclé par son sélectionneur, sifflé par une partie de ses supporters et rétrogradé sportivement: Adrien Rabiot n'a pas peur du "clash" pour faire valoir ses intérêts, une stratégie qui pourrait malgré tout être couronnée de succès au Paris SG.

Des supporters qui sifflent un joueur que leur club de coeur a formé, cela n'arrive pas tous les jours. Avant d'affronter l'Etoile rouge de Belgrade mardi (21h00) en Ligue des champions, le milieu de terrain Adrien Rabiot a connu cette désagréable défaveur contre Liverpool, quand il est entré en jeu à 5 minutes de la fin du match.

La cause du mécontentement des fans? Une prolongation de contrat qui ne vient pas. Le natif de Saint-Maurice, dans le Val-de-Marne, sera libre de s'engager où il veut à l'issue de la saison en cours, sans que son club formateur ne touche d'indemnité de formation. Dur pour Paris, vu la côte du joueur sur le marché des transferts... Et la menace persistante de sanctions de l'UEFA qui enquête sur le respect du fair-play financier.

Le précédent 2014

Dans pareil cas, les clubs choisissent souvent la manière forte en reléguant les joueurs récalcitrants sur le banc ou en tribune. Cela avait été le cas en 2014, quand Rabiot s'était déjà appuyé sur son statut de symbole de la formation parisienne et de joueur d'avenir pour revendiquer une belle prolongation de contrat, finalement obtenue.

Mais cette saison, Paris manque de milieux de terrain de haut niveau et Thomas Tuchel a fait du Français un de ses cadres, à son arrivée à Paris cet été. Récemment, il a toutefois perdu sa place dans le 11 de départ lors des grands matches, depuis une sanction "disciplinaire" avant le "choc" contre Marseille.

Rien à voir avec son contrat, assure son entraîneur. Face à Liverpool, Tuchel avait opté pour "une position (de N.6, ndlr) entre la défense et le milieu", avait-il expliqué début décembre. "C'était une position pour 'Marqui' et pas une décision contre Adrien. (...) Je suis absolument seul (à décider, ndlr) et les décisions sont seulement sportives".

Pour autant, l'entraîneur s'agace (avec diplomatie) de la situation de son joueur. "Ce n'est pas parfait pendant une saison d'avoir cette chose toujours en discussions", avait dit Tuchel du contrat de Rabiot, le même jour.

"Zlatan" sur les roses

Le gaucher, qui a connu de nombreux clubs dans sa jeunesse avant de terminer sa formation à Paris, ne va en tout cas pas arranger son image de joueur caractériel, dont les intérêts sont défendus âprement par sa maman, Véronique... Elle-même réputée pour ne pas se laisser marcher sur les pieds.

Capable d'envoyer le sanguin Zlatan Ibrahimovic sur les roses - il avait confié en 2017 "en être venu aux mains" une fois à l'entraînement avec l'impressionnant suédois -, Rabiot se plaignait régulièrement la saison dernière de devoir jouer milieu défensif sous la houlette d'Unai Emery, lui qui préfère évoluer plus haut au milieu de terrain.

Surtout, il s'est fermé les portes de l'équipe de France cet été quand il a refusé son statut de réserviste pour le Mondial-2018. Si le président de la Fédération (FFF) Noël Le Graët a confié samedi vouloir "faire venir dans les meilleurs délais" Adrien Rabiot à la FFF, il n'a plus été rappelé en Bleu par Didier Deschamps... Et cela ne semble pas prêt de changer.

"Un peu plus compliqué pour lui"

"Je n'enlève rien à la qualité d'Adrien, à ce qu'il peut faire au PSG même si depuis un certain temps c'est un peu plus compliqué pour lui", a grincé le sélectionneur dans un entretien à beIn Sports programmé dimanche mais dont un extrait a été publié dès vendredi. "Mais on ne parle pas d'un joueur qui a fait des performances de haut niveau quand il était avec nous."

A Paris, c'est différent: le milieu a relativement souvent répondu présent dans les grands rendez-vous, il a ce statut de symbole de la formation parisienne, et il garde toute l'estime de son président Nasser Al-Khelaïfi, qui voit en lui le futur capitaine du PSG. Reste à savoir ce que penseraient les supporters du PSG - et ses coéquipiers toujours attentifs à la grille salariale du vestiaire - s'il sortait gagnant de son interminable bras de fer...

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