"Zidane ne veut plus de Gareth Bale car ce n'est pas un joueur "digne" de l'esprit qu'il veut insuffler"

Le Real Madrid connaît une préparation d’avant-saison plutôt délicate. Les Merengues ont enregistré mercredi leur premier succès en 5 matches amicaux. C’était face à Fenerbahçe. Les Madrilènes, avec Eden Hazard une mi-temps mais sans Thibaut Courtois blessé, ont gagné 5-3 face à une formation turque qui avait subi un lourd revers 6-1 la veille face au Bayern Münich.

Bref, le Real ne brille pas mais ce n’est pas une raison pour être inquiet selon Frédéric Hermel, correspondant l’Equipe et RMC en Espagne : "Zinedine Zidane prépare la saison en deux temps. Il y a celui des supporters, de la presse et même de certains dirigeants qui est l’immédiateté. On veut voir gagner le Real tout de suite. Et puis, il y a le temps de Zidane, de son staff et des joueurs. C’est-à-dire se préparer pour être en pleine forme toute la saison. A quoi cela sert de travailler pour être en pleine bourre au mois d’août et d’arriver la langue pendante en février-mars. Zidane a une conception très italienne de la préparation. C’est un entraîneur à l’italienne, très marqué par ses 5 ans à la Juve. Zidane veut faire beaucoup travailler ses joueurs en été pour que les bénéfices se distillent durant toute la saison. Donc, automatiquement, les joueurs manquent un peu de jus car il y a un gros travail foncier qui est effectué derrière. Il est conscient que c’est un moment difficile pour le moment mais il est persuadé que l’équipe sera très forte bientôt. A partir du moment où Zidane ne s’inquiète pas, je ne vois pas pourquoi il faudrait s’inquiéter".

Et de poursuivre son analyse sur les critiques qui s’abattent actuellement sur Zizou et les prestations de son équipe : "Zidane était parti en pleine gloire. Là, il revient et il n’est aujourd’hui plus protégé par les 9 titres remportés en deux ans et demi. C’était plus facile pour lui d’être arrivé comme le sauveur après l’échec de Rafael Benitez (en janvier 2016). Aujourd’hui, on a l’impression que personne ne va lui faire de cadeau. Moi-même, je suis surpris par la violence des mots utilisés par des supporters sur les réseaux sociaux et surtout par des journalistes qui tirent des conclusions après trois semaines. Quand je vois le journal Marca faire une enquête sur "La saison du Real Madrid est-elle déjà perdue ?", c’est un truc de fou. C’est l’exagération habituelle de la presse espagnole, peut-être plus forte aujourd’hui parce que Zidane revient et qu’il n’est plus protégé. Comme partout, on aime bien aussi brûler les idoles. On a vu le Zidane qui réussissait comme personne et on a aussi envie de voir Zidane dans l’échec. C’est une relation ambivalente des supporters du Real Madrid. On aime brûler ce qu’on a adulé".

Quoi qu’il en soit, l’ambiance n’est pas au beau fixe et la presse ne rate pas une occasion pour pointer du doigt certains choix. Il y a notamment le cas Gareth Bale sur le départ.

"Le climat est assez délétère autour du club. Mais, ce qui compte, c’est ce qui se passe à l’intérieur de l’équipe et là, tout se passe très bien. Je peux vous assurer que Zidane est imperméable aux critiques. Il ne va pas changer son équipe parce que la presse dit que tel ou tel joueur doit jouer. Zidane ne veut plus de Gareth Bale car ce n’est pas un joueur de football "digne" de l’esprit que veut insuffler Zidane. Il veut un collectif uni, il préfère un Lucas Vazquez, un bon petit joueur de football qui n’est pas une star internationale mais qui est un bon soldat qui va se défoncer sur un terrain et qui va faire du football sa priorité. Et ce, plutôt qu’un Gareth Bale qui est beaucoup plus fort mais qui n’a finalement joué que 53% des minutes possibles depuis qu’il a revêtu le maillot blanc du Real Madrid. C’est un échec cuisant. Oui, il a des fulgurances et il met des buts très importants à certains moments mais on ne peut pas faire confiance à quelqu’un qui ne peut, physiquement et mentalement, jouer que la moitié des matches. Zidane a une certaine conviction et vision du football. Il veut un effectif uni de 23 ou 24 joueurs et Gareth Bale n’entre pas dans cette logique-là. La presse espagnole qui a défoncé Bale pendant des années prend aujourd’hui fait et cause pour le Gallois. Il y a là une incohérence un peu exagérée", conclut Frédéric Hermel.

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