Antoine Griezmann, enfin un titre... ou un titre en guise de fin ?

Antoine Griezmann
Antoine Griezmann - © OSCAR DEL POZO - AFP

Antoine Griezmann en est persuadé, cette fois, c'est son tour! Souvent finaliste, toujours perdant, l'attaquant espère rejoindre le camp des vainqueurs mercredi en finale d'Europa League contre Marseille. D'autant qu'il vit peut-être ses derniers jours à l'Atlético Madrid avant un éventuel transfert...

En ce moment, le Français est au centre de toutes les attentions en Espagne. Et pas seulement parce qu'il est l'atout offensif numéro 1 de l'Atlético : toute la presse bruisse de rumeurs autour d'un départ vers Barcelone cet été.

Pas l'idéal pour Antoine Griezmann, focalisé sur la troisième grande finale de sa carrière après celle de Champions League en 2016 puis celle de l'Euro en France la même année.

"J'aimerais bien gagner enfin un trophée, c'est mon tour", a lancé l'attaquant-vedette des Colchoneros et des Bleus. Qui, jusqu'à présent, est toujours passé à côté de ses finales.

On se souvient de son penalty expédié sur la barre transversale face au Real Madrid à Milan, en mai 2016, avant une prolongation et une séance de tirs aux buts fatale à l'Atleti (1-1 a.p., 5 t.a.b. à 3).

On se souvient aussi de ses deux têtes brûlantes qui n'avaient pas fait mouche face au Portugal lors d'une finale de l'Euro cruelle pour la France à domicile (1-0 a.p.).

Mais à 27 ans, le blondinet semble désormais plus mûr, plus serein, à l'image de sa coiffure redevenue rase et sage.

Lyon, le natif de Mâcon connaît bien pour être allé étant jeune au stade de Gerland, l'ancienne enceinte de l'OL.

Marseille, l'ancien gamin fan de Sonny Anderson connaît aussi puisque son coeur d'enfant battait pour l'OM. Aujourd'hui, lorsqu'il joue à la simulation d'entraîneur "Football Manager", cet amateur de jeux vidéos choisit souvent de diriger le club phocéen...

Bref, dans sa région, dans son pays, celui que les Espagnols surnomment Grizi et les Français Grizou sait que c'est son moment. A l'Atlético depuis 2014, il ne compte qu'une maigre Supercoupe d'Espagne à son palmarès et l'occasion est trop belle d'y remédier.

"Je le trouve à l'aise, concentré, chaud bouillant", a souligné l'avant-centre hispano-brésilien Diego Costa, devenu son parfait complément depuis janvier. Et la saison du Français, mal engagée à l'automne, a évolué dans le bon sens : 7 petits buts en club d'août à décembre, 20 buts en 2018.

"C'est un grand joueur. Il est très fort mentalement en ce moment", a souligné son entraîneur Diego Simeone. "Il n'a pas eu un très bon début de saison et il le sait. L'arrivée de Costa l'a beaucoup aidé parce qu'il lui permet de se libérer sur le terrain en attirant à lui la défense. (Griezmann) continue de progresser et nous avons besoin de lui."

En ce sens, la presse espagnole prête à l'Atlético le désir de prolonger le joueur sous contrat jusqu'en 2022, avec un salaire relevé de 12 à 20 millions d'euros par an.

Mais les titres tant convoités seraient peut-être plus faciles à gagner ailleurs : depuis plusieurs mois, la presse catalane donne pour acquis son départ vers Barcelone cet été en échange de sa clause libératoire de 100 millions d'euros. Un chiffre jugé "peu cher" par son équipier Filipe Luis. "Et il le sera encore moins s'il gagne la finale", soupire le Brésilien.

Alors que l'Atlético achèvera sa saison dimanche contre Eibar en Liga, Grizi a dit vouloir trancher son avenir avant le Mondial (14 juin-15 juillet). Au point que toutes ces rumeurs ont semé le trouble dans les rangs colchoneros avant la finale.

"Griezmann traite les supporters rojiblancos comme des clients", s'indignait lundi dans un éditorial Roberto Palomar, rédacteur en chef de Marca. "Ce n'est pas un symbole du club, c'est un pion."

Peut-il être perturbé mercredi ? L'intéressé a semblé égal à lui-même samedi en Liga contre Getafe, avec une passe décisive tout en subtilité (1-0).

"Je crois que que Griezmann est assez grand pour savoir ce qu'il fait", a dédramatisé Diego Costa. "C'est flatteur d'être convoité par le Barça mais il sait que nous l'aimons ici. S'il part ou non, c'est sa décision. Pour le moment il ne pense qu'à gagner un trophée." Et pour Antoine Griezmann, le plus tôt sera le mieux.

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