Adiós, San Iker !

Adiós, San Iker !
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Adiós, San Iker ! - © Tous droits réservés

Iker Casillas a annoncé ce mardi soir qu’il prenait sa retraite à 38 ans. Dans son sillage, c’est toute une page qui se tourne. Une époque qui touche à sa fin. 

De Casillas, j'ai évidemment de nombreux souvenirs. Parce qu’il fait partie du paysage du ballon rond depuis quasiment vingt ans. Si je devais n’en garder qu’un seul, ce serait lors d’un simple match de Ligue des Champions, en 2008 ou 2009. Dernier rempart d’un Real Madrid à la peine ce jour-là, Casillas réalise un match de titan. Une prestation cinq étoiles. De la trempe de celles dont on se rappelle longtemps après coup. Ce soir-là, Casillas avait plus que jamais honoré son éloquent surnom de San Iker (Saint Iker).

Plus encore que sa performance, c’est son discours d’après-match qui avait marqué le jeune téléspectateur que j’étais à l’époque. En bon capitaine, il s’était logiquement présenté à la presse. Il avait, alors, sorti cette simple phrase pour justifier son état de grâce : “C’est à cela que servent les gardiens”, suivi d’un regard gêné vers la caméra. Une déclaration emplie d’humilité, cocktail de sagesse et d’une faculté à se mettre en retrait au profit du collectif. Et qui, au final, résume parfaitement Iker Casillas Fernandez.

Les gros titres, Casillas les a évités tout au long de sa carrière. L’attention, le côté flashy d’un football toujours plus porté vers le business, ce n’était pas pour lui. Les punchlines salvatrices, les aphorismes d’avant-match pour intimider un adversaire ? Encore moins. Non, ce qu’il aimait, lui, c’était s’exprimer sur le terrain. Parce que c’était là qu’il se sentait le plus à l’aise.

Iker Casillas, c’est un talent inné, décelé très tôt. Ses premiers entraîneurs disaient de lui qu’il avait quelque chose de spécial. Casillas c’est aussi des réflexes au dessus de la moyenne, une aptitude à sauter sur le moindre ballon qui traîne. Une abnégation, un jusqu’au boutisme et une faculté à s’interposer devant n’importe quel attaquant. 

Casillas, c’est plus de 700 matches avec le Real Madrid. Trois Ligue des Champions, cinq titres de champion d’Espagne avec la Maison Blanche. Quatre nominations comme meilleur gardien du monde, meilleur portier des Euros 2008 et 2012 ainsi que de la coupe du monde 2010. 

Casillas, c’est aussi un homme à records. Celui du plus jeune portier à avoir remporté une Ligue des Champions à l’aube de l’an 2000, à 19 ans à peine. Celui de recordman de rencontres disputées en Ligue des Champions (181). Celui de clean-sheets dans cette même compétition (53).

Après 19 saisons au Real Madrid et un dernier chapitre malheureusement avorté par un corps chancelant au FC Porto, Casillas a décidé de raccrocher les crampons. Des adieux formulés à son image, dans la plus pure sobriété, sans fioritures. En tirant sa révérence sportive, Casillas ferme donc un chapitre. Mais continue d’écrire la fin de son livre. Il se présentera prochainement pour devenir le président de la fédération espagnole de football. Bon vent mais surtout bonne chance, San Iker !

 

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