Kevin de Bruyne jamais élu joueur du mois en Premier League, quand la régularité devient un défaut

Kevin de Bruyne, taulier de Manchester City.
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Kevin de Bruyne, taulier de Manchester City. - © LAURENCE GRIFFITHS - AFP

Trois buts et quatre passes décisives, c’était un mois complet” affirme-t-il sobrement, brandissant fièrement le trophée de joueur du mois de décembre octroyé par la Premier League. Lui, c’est Bruno Fernandes, le nouveau maître à jouer de Manchester United.

Depuis qu’il a posé ses valises à Old Trafford en janvier 2020, le Portugais de 26 ans n’en finit plus de brûler les étapes. Omniprésent dans la construction, décisif à la conclusion, il a magnifié le jeu de Mancuniens qui se surprennent désormais à tutoyer les sommets du championnat anglais.

Fernandes brille, De Bruyne brille… par son absence

Ce vendredi, Fernandes a donc hérité de son 4e trophée de joueur du mois sur l’année civile 2020. Il dépoussière ainsi les livres d’histoire puisque jamais personne n’avait raflé autant de trophées individuels sur une seule et même année en Premier League. Ni Alan Shearer, ni Thierry Henry, ni Wayne Rooney, ni Cristiano Ronaldo….ni Kevin de Bruyne.

A la lecture du palmarès de ce classement honorifique, on constate même l’absence pure et simple du Diable rouge. Rendez-vous compte, De Bruyne n’a donc jamais gagné le moindre trophée de joueur du mois alors qu’il évolue en Premier League depuis 5 ans et donc 60 mois. Un constat qui interpelle au vu du pedigree et de la réputation du maestro belge Outre-Manche.

Quand la régularité peut devenir un défaut

Une question se pose dès lors : Comment expliquer cette absence au palmarès ?

Peut-être faut-il chercher un premier élément de réponse dans le style de jeu du Belge.

Kevin de Bruyne, c’est l’assurance tous risques de City. Hyper fiable, jamais absent et rarement en deçà de ses standards personnels, KDB fait partie de cette gamme de joueurs qui brillent… par leur régularité, sans faire de vagues mais en rendant l’exceptionnel presque banal.

Kevin de Bruyne, c’est une clairvoyance, un altruisme, une vista, un coup de patte, 39 buts ainsi que 76 passes décisives en 170 matches d’une rarissime régularité en Premier League.

Mais malheureusement pour lui, dans certains cas, cette même régularité peut se retourner contre lui et devenir un navrant défaut. Parce qu’en football, c’est souvent cette irascible tyrannie de l’instant qui l’emporte.

Être bon tout le temps ne suffit pas. Il faut être exceptionnel au bon moment pour récolter les suffrages. Un joueur qui a planté un triplé un soir sera donc plus que probablement plébiscité au détriment d’un autre qui s’est montré plus discret mais bien plus régulier.

Le syndrome Ballon D’or

Et la Premier League, comme tous les championnats d’ailleurs, semble également touchée par le syndrome Ballon d’Or. Celui qui fait que les vrais buteurs, plus flashy peut-être, plus décisifs probablement, marqueront davantage les esprits au moment où il faut voter. La preuve en chiffres.

Depuis avril 2015 (et le trophée décerné… à Christian Benteke, une autre époque), seuls quatre lauréats sur 50(!) n’étaient pas des joueurs purement offensifs de formation : Forster en février 2016, Alli en janvier 2017, Van Dijk en décembre 2018 et Alexander-Arnold en décembre 2019. Le cas Bruno Fernandes est un cas à part puisque le Portugais évolue dans un registre plus hybride. De quoi pénaliser KDB qui évolue plus bas sur l’échiquier ?

Toujours est-il que malgré cette absence au palmarès mensuel, c’est sur la durée que Kevin de Bruyne en impose. Elu joueur de l’année la saison dernière, il a été plébiscité par le jury au terme d’une saison pleine. La preuve que finalement, avec le recul et l’esprit reposé, les votants mettent leur culture de l’instant temporairement de côté pour élire le joueur le plus régulier. Et là, Kevin de Bruyne en met naturellement plein la vue. Qu’il ait été élu joueur du mois auparavant ou pas… 

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