Robert Lewandowski : ce que vous ne savez (peut-être) pas

Robert Lewandowski
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Robert Lewandowski - © CHRISTOF STACHE - AFP

Robert Lewandowski est peut-être à 31 ans le meilleur avant-centre du monde. Et l’histoire du football mondial retiendra certainement son nom. Ou son surnom : LewanGOALski. A côté des infos connues sur l’attaquant du Bayern, il y a des anecdotes et des infos inédites.

Robert Lewandowski est peut-être à 31 ans le meilleur avant-centre du monde et l’histoire du football mondial retiendra certainement son nom. Ou son surnom : LewanGOALski ? Ses statistiques et son C.V. parlent pour lui.

Mais à côté de cela, voici quelques aspects de sa carrière et de sa personnalité beaucoup moins connus. Et bougrement intéressants pour mieux comprendre et apprécier le personnage. Ces précieuses infos et anecdotes nous sont contées par Michel Thiry, grand connaisseur du football polonais (mais aussi ex-joueur professionnel, ex-directeur technique, consultant tv, agent de joueurs...).

Son début de carrière a failli être un flop

Né à Varsovie et formé au Varsovia, il a 16-17 ans lorsque le Legia lui offre une saison de contrat avec la réserve de la D1. Echec. 2 buts inscrits seulement, des pépins physiques, le jeune attaquant n’est pas prolongé et trouve de l’embauche en D3, à Znicz Pruszkow.

Il y brille durant deux saisons (deux fois meilleur buteur du championnat), mais peu de clubs huppés s’intéressent à sa réussite. "C’est incroyable, et c’est la preuve que le scouting était défaillant, et aux mains de gens incompétents" glisse Michel Thiry, qui n’y va jamais par quatre chemins pour livrer sa pensée. "Heureusement pour lui, le Lech Poznan, à cette époque, était ambitieux et dans une bonne spirale. C’est le seul club professionnel digne de ce nom qui lui tend la main, alors qu’il a fait ses preuves et a déjà 20 ans. Quelle erreur de la part des grandes équipes européennes !".

Dortmund aura le nez creux, 2 ans plus tard. " La bonne idée de Dortmund, c’est de prendre trois Polonais dans l’équipe (Piszczek et Blaszczykowski), ce qui favorise leur intégration. Mais c’est surtout parce que Lewandowski se sentait désiré par Jürgen Klopp, qui deviendra son mentor, d’ailleurs".

La suite de l’histoire on la connaît : après 2 titres nationaux, une finale de C1 et 116 buts en 4 saisons, le Bayern l’engage et fait de lui l’avant-centre complet qu’il est aujourd’hui, et surtout un titulaire incontesté dans une des équipes les plus prestigieuses de la planète foot.

Depuis ses débuts professionnels, il a toujours été le N1. (A part pour sa première année au Borussia, où Klopp lui préférait souvent Lucas Barrios. Ndlr). Mais c’est aussi parce qu’il a géré sa carrière de manière mature, prudente tout en étant ambitieuse ".

"Il me fait penser à Zidane et à Merckx"

C’est sûr, Lewandowski n’est pas un bon client pour la presse "people". C’est quelqu’un de modeste, calme, sage. Ni effacé ni mouton. C’est un leader, il a de l’ego, de l’aura aussi, et dans les vestiaires de l’Equipe nationale et du Bayern, il s’impose. Un peu comme Zidane jadis.

Regardez ses célébrations : jamais dans l’exagération. Quand on parle avec lui, on est séduit par sa simplicité, alors qu’il a tout pour être considéré comme une star. J’ai eu cette même impression un jour en ayant la chance d’échanger avec Eddy Merckx".

Le sens du collectif, chez le Capitaine de la Pologne c’est aussi dans le jeu qu’il le prouve. Souvent, surtout si son équipe ne domine pas, on le voit redescendre dans le jeu, chasser les ballons et participer à la relance, au détriment parfois de sa fraîcheur. Ses statistiques d’assists sont probantes : en 466 matchs de Bundesliga, il a signé 90 passes décisives (pour 337 buts) et en 112 matchs en Equipe nationale : 20 assists pour 61 buts.

Robert et Anna: les Beckham polonais? Oui et non

C’est une belle histoire qui réunit Robert Lewandoswki et Anna Stachurska. Ils sont adolescents lorsqu’ils se croisent lors d’un camp de vacances sportives. A Pruszkow, il s’entraîne dans le club de foot, elle, quelques rues plus loin, dans celui de karaté. La future Madame Lewandowska signera d’ailleurs une très jolie carrière internationale (Médaille de bronze au Mondial de Karaté 2008, Médaille d'Or à l'Euro 2009, notamment). Aujourd’hui, dans l’opinion publique polonaise, ils symbolisent le couple idéal. Michel Thiry précise "Avant eux, Radoslaw Majdan (Footballeur professionnel) et Doda (Chanteuse pop) étaient surnommés " les Beckham polonais ". Parce qu’ils étaient des People très présents dans la vie nocturne polonaise et dans les médias. Un couple très glamour. Ils sont séparés maintenant. Les Lewandowski, c’est très différent. Oui, ils sont beaux, célèbres, ils réussissent leur vie… Mais ils sont discrets, privilégient la vie de famille (2 filles), se montrent toujours très complices. Rien de " bling bling " chez eux. Anna est assurément un des secrets de la réussite de Robert. Il le dit souvent ".

Il fait un don d’1 million d’Euro pour lutter contre le Coronavirus

Le couple Lewandowski ne s’exprime que peu dans les médias, et seulement sur des questions sportives. Exception cette fois, pour expliquer le versement d’une somme d’un million d’Euros, pour lutter contre la pandémie du Covid-19, et ce dès le début de la crise sanitaire. "…Nous sommes tous au courant de cette situation difficile. Aujourd’hui nous jouons tous dans la même équipe… Nous en sortirons ensemble" ont-ils précisé.

Quand on demande à notre consultant du jour comment il voit l’après-carrière de la star du Bayern il hésite puis se lance "Businessman philanthrope, je le vois bien dans ce genre de vie là. En Pologne ".

Sous-estimé et mal considéré Lewandowski ?

Michel Thiry attire notre attention sur quatre faits qui interpellent. D’abord une anecdote. " En Pologne, quand on a annoncé son transfert au Bayern, et malgré sa réussite totale à Dortmund, les gens dans la rue me disaient qu’il n’allait pas réussir à Munich, que c’était un niveau trop élevé pour lui. Incroyable ! C’est aussi un bel exemple du pessimisme de ce peuple ".

Moins côté que Lubanski et Boniek

Jusqu’ici, dans son pays, "Lewy" ne jouit pas de la popularité de ses illustres prédécesseurs Boniek et Lubanski.Pourtant, sa carrière en club (7 titres, bientôt 8 en Bundesliga, 4 (super) coupes d’Allemagne, 1 finale de C1…), et surtout sa régularité à haut niveau dans des clubs prestigieux comme Dortmund et le Bayern, ainsi qu’en équipe nationale (meilleur buteur et plus grand nombre de sélections de l’histoire) devraient le placer sur pied d’égalité avec eux. Il est certes moins technique que Lubanski et moins explosif que Boniek, mais pour moi il est plus complet. Son problème est peut-être son ego, moins surdimensionné ? ! Lui, on ne le verra pas jongler avec un rouleau de papier toilette sur les réseaux sociaux ! Mais il va les dépasser, vous verrez ".

Jamais sur le podium du Ballon d'Or

Là, il faut qu’on m’explique ! Ou plutôt il faut que moi j’explique le petit jeu des lobbies et des copinages dans les jurys de ce genre d’élection ". Thiry s’insurge. Le meilleur classement de LewanGOALski est une quatrième place, en 2015. Seulement 8e en 2019, 16e en 2016… Le polonais est-il pénalisé par sa nationalité, son caractère plus effacé, le statut de la Bundesliga… Mystère. Les chiffres parlent pourtant pour lui : depuis 5 saisons, il carbure à plus de 40 buts (toutes compétitions confondues). Dans ce championnat d’Allemagne il a été 4 fois (bientôt cinq) meilleur buteur et quatre fois deuxième. Sur les six dernières années et pour les cinq grands championnats, il trône juste derrière Messi et Ronaldo au classement des meilleurs artificiers : 218 buts (266 matchs), pour 264 buts (280 m) pour l’Argentin et 238 buts (256 m) pour le Portugais.

Il lui faudrait enfin remporter la ligue des Champions. Peut-être cette année ? ! " sourit Michel Thiry.

Mais pourquoi ne brille-t-il pas en Equipe nationale ?

"Que ce soit dans un Euro ou en Coupe du Monde, il n’a jamais fait basculer un match difficile à lui seul. Ni brillé autant qu’en club. Ça reste une question difficile, pour moi". Et notre consultant de lister quelques grands attaquants qui ont su se montrer décisifs pour leur pays : Mario Kempes (Argentine) au Mondial 78, Marco Van Basten (Pays-Bas) à l’Euro 88, Jozef Masopust (Tchécoslovaquie) finaliste de la CM 62, Davor Suker (Croatie) 3e en CM 98, Brian Laudrup (Danemark) titré à l’Euro 92, ou encore Diego Forlan (Uruguay), Eusébio et Ronalodo avec le Portugal.

"Peut-être le niveau moyen de la Pologne est-il la cause principale de cette situation, mais si je dois chercher une partie de l’explication chez Robert, je dirais que ce qui lui manque c’est un niveau technique tel qu’il lui permette de réaliser l’un ou l’autre coup de génie décisif".

Il reste quelques (belles) années au mari idéal d’Anna et au papa rêvé de Klara et Laura pour devenir aussi le joueur parfait de Michel Thiry.

Stats et records (source wikipedia)

 

  • 2e meilleur buteur de l’histoire du Bayern Munich avec 232 buts
  • 3e meilleur buteur de l’histoire de la Bundesliga avec 229 buts
  • 4e meilleur buteur de l’histoire de la Ligue des champions avec 64 buts
  • Meilleur buteur étranger de l’histoire du Bayern Munich
  • Meilleur buteur étranger de l’histoire de la Bundesliga avec 229 buts
  • Joueur le plus capé de l’histoire de la Pologne avec 112 sélections
  • Meilleur buteur de l’histoire de la Pologne avec 61 buts
  • Quintuplé le plus rapide de l’histoire en 9 minutes
  • Quadruplé le plus rapide de l’histoire de la Ligue des champions en 14 minutes et 31 secondes.
  • Unique joueur à avoir inscrit un quadruplé en demi-finale de Ligue des champions