Michy "Batsman" Batshuayi, super-héros du Borussia Dortmund

Il y avait longtemps qu'on n'avait plus vu le "Mur Jaune" de Dortmund en folie comme ce dimanche soir! Le but vainqueur de Michy Batshuayi au bout du temps additionnel contre Francfort (3-2) a plongé les supporters dans l'extase et fait du jeune Belge le nouveau héros de la Ruhr.

"C'était sensationnel et fantastique. Parfois, le football c'est de la magie", a lâché l'ancien marseillais de 24 ans, arrivé de Chelsea fin janvier pour remplacer le canonnier historique du club Pierre-Emerick Aubameyang, parti à Arsenal.

"Le super-héros Batshuayi veille sur le BvB", lui fait écho la presse allemande lundi.

Eternel sourire aux lèvres, portant négligemment un sac à dos "Bob l'Eponge" déjà fameux à Dortmund, le Bruxellois ne boude pas son plaisir. En cinq semaines en Allemagne, il a joué neuf match et déjà marqué sept fois, dont trois doublés (deux en Bundesliga et un en Europa League).

A Chelsea, il n'entrait pas dans les plans d'Antonio Conte et se morfondait sur le banc.

Mais lorsque Hans-Joachim Watzke, le patron du Borussia, a tenté de négocier une option d'achat au moment où s'est décidé le prêt, le propriétaire des Blues Roman Abramovich a catégoriquement refusé. A Dortmund, on commence à comprendre pourquoi!

'Le Mondial en vue'

"La décision de venir à Dortmund était la meilleure que pouvait prendre Batshuayi", estime son compatriote Marc Wilmots, ancien sélectionneur national belge, "s'il continue à marquer comme ça, le sélectionneur Roberto Martinez aura du mal à se passer de lui" pour la campagne de Russie.

Du coup, le Borussia voit le piège se refermer: plus le Belge brille, plus il attire les regards d'autres grands clubs, et plus les chances diminuent de le garder en fin de saison.

En janvier, Séville, Monaco, Tottenham et la Roma s'étaient déjà montrés intéressés. "Batsman", comme il se surnomme lui-même, a fait le choix de l'Allemagne. Pourquoi? "Parce que le jaune et le noir ont toujours été mes couleurs préférées", répond-il dans un éclat de rire.

Aussi, sans doute, parce qu'il savait que Dortmund lui donnerait du temps de jeu et la possibilité de relancer sa carrière, à une période cruciale avant le Mondial.

Positif, proche des fans et plein d'humour (il fait mouche aussi souvent sur les réseaux sociaux que dans les surfaces), le Bruxellois assume son passé de sale gosse, qui l'avait fait surnommer le "Balotelli Belge" par des journalistes de son pays.

'Je n'étais pas un ange'

A 14 ans, il est exclu du RC Anderlecht. Puis de l'équipe de l'équipe de Belgique des U21 en 2013. "C'était à s'arracher les cheveux. C'est à coup sûr l'un des joueurs les plus compliqués que nous ayons jamais eu", témoigne même son ancien coach chez les jeunes au Standard de Liège, Christophe Dessy, dans le magazine allemand Kicker.

"A l'époque je n'étais pas un ange, pour le dire poliment", admet l'attaquant, qui reconnaît que ses frasques d'adolescent ont freiné sa progression.

L'homme a commencé à se stabiliser à Marseille, où l'entraîneur Michel l'a pris sous son aile comme un fils, en 2015-2016. Comme à Dortmund, il avait apprécié dans la cité phocéenne un environnement où le football est vécu comme une passion dévorante, et où les supporters ne marchandent pas leur amour à ceux qui font briller le maillot.

Aujourd'hui, "j'ai un physio qui s'occupe de moi, et une cuisinière qui me prépare des menus diététiques. Je fais le maximum pour être préparé le mieux possible", assure-t-il dans un récent entretien avec Sport-Magazine, en Belgique.

Dortmund a en outre mis à sa disposition un tuteur, qui lui sert d'interprète et l'aide à organiser sa vie quotidienne. De quoi lui donner envie de rester? La décision appartient à Roman Abramovich.

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