L'unité du football allemand apparue avec le coronavirus s'effrite déjà

La belle unité que le football allemand a affiché depuis l'apparition de la pandémie de coronavirus afin de permettre la reprise de la compétition professionnelle en Allemagne semble être à classer au rayon des souvenirs après l'interview du président de la fédération (DFB) Fritz Keller au Spiegel et la réponse du président du Bayern Munich Karl-Heinz Rummenigge.
La belle unité que le football allemand a affiché depuis l'apparition de la pandémie de coronavirus afin de permettre la reprise de la compétition professionnelle en Allemagne semble être à classer au rayon des souvenirs après l'interview du président de la fédération (DFB) Fritz Keller au Spiegel et la réponse du président du Bayern Munich Karl-Heinz Rummenigge. - © Boris Roessler - Boris Roessler/dpa

La belle unité que le football allemand a affiché depuis l’apparition de la pandémie de coronavirus afin de permettre la reprise de la compétition professionnelle en Allemagne semble être à classer au rayon des souvenirs après l’interview du président de la fédération (DFB) au Spiegel et la réponse du président du Bayern Munich Karl-Heinz Rummenigge.

La reprise réussie, bien qu’à huis clos, du championnat de Bundesliga et de division 2 en Allemagne le week-end passé, n’a pas permis de masquer plus longtemps les dissensions qui règnent dans le football outre-Rhin.

Le président de la DFB Fritz Keller a été le premier à relancer la polémique dans le Spiegel où il a notamment déclaré sans citer de noms : "Voilà où cela mène quand les nouveaux riches, dont certains sont présents en Bundesliga, font des folies avec leur argent". Et d’ajouter : "La suffisance est à nos pieds. Il s’agit d’une catastrophe pour l’image du football. Nous devons examiner comment faire les choses après la crise, avec plus d’humilité et en étant plus proches des gens".

Le puissant Bayern Munich s'est immédiatement senti visé. Rummenigge a répliqué dès lundi sur Sky qualifiant de "populiste" le terme de "suffisance" employé par Fritz Keller. "Peut-être que la DFB devrait acheter un balai et balayer devant sa propre porte, comme il convient. Quand nous avons eu une crise dans le football allemand ces dernières années (celle liée à l’attribution du Mondial 2006, NDLR), elle a été trouvée à la DFB", a précisé l’ancien double Ballon d’Or 1980 et 1981.

L’argent plus crucial que jamais

En toile de fond de cet affrontement, apparaît la lutte sur le choix des priorités à donner dans le football et le partage des ressources de celui-ci. Et dans la crise actuelle, l’argent devient plus crucial que jamais.

La DFB a cédé à la Ligue allemande (DFL) la gestion du football professionnel des D1 et D2 qui génère le plus d’argent. La fédération gère la Coupe nationale et les autres étages de la pyramide du football allemand.

La Coupe va pouvoir se poursuivre à partir du mois prochain, mais la troisième division masculine et la Bundesliga féminine restent à l’arrêt. Un accord doit encore être trouvé entre les clubs et les hommes politiques pour aller de l’avant.

La DFL a versé à titre de solidarité 7,5 millions d’euros à 25 clubs des divisions 3 et Bundesliga féminine afin qu’ils puissent continuer à jouer à l’avenir.