Yannick Carrasco toujours "bloqué" en Chine, quel gâchis !

Yannick Carrasco
Yannick Carrasco - © STR - AFP

26 février 2018, Yannick Carrasco imite Axel Witsel qui, lui, avait rejoint la Chine et sa SuperLiga un an plus tôt. Un choix du cœur ? On en doute. Un choix sportif ? On en doute encore plus. Un choix pécuniaire ? Sans doute. Mais, c’est bien connu, l’argent ne fait pas forcément le bonheur même s’il y contribue.

Yannick Carrasco, c’est un joueur de talent, un virtuose du ballon capable de coups de pattes dévastateurs, de gestes techniques éblouissants et de coups d’éclat qui font soulever les foules. Nombreux sont ceux qui, en le voyant évoluer à Monaco et ensuite à l’Atletico, lui prédisaient un avenir rayonnant. Carrasco est cependant aujourd’hui toujours "bloqué" en Chine et son palmarès se limite à une Coupe : l’Europa League. Même s'il estime, lui-même, qu’il ne l’a pas vraiment gagnée. Il avait participé à quelques matches en poules avant de quitter l’Atletico Madrid trois mois avant la finale remportée par les Colchoneros face à l’OM.

Après un an et demi passé à Dalian Yifang, Yannick Carrasco a fait le tour et ce séjour en Chine, il aimerait évidemment l’écourter comme l’a fait, avec succès, Axel Witsel. C’est là que s’arrête la comparaison avec l’actuel médian du Borussia Dortmund.

Entre l’envie, le désir d’un retour en Europe et la réalité, il y a un pas qu’il ne franchit pas ou plutôt qu’un homme ne lui autorise pas à franchir. Le vœu du joueur belge n’est pas partagé par le président intransigeant de son club. Cette intransigeance se retourne contre un Carrasco qui ne pensait pas s’éterniser en Chine mais qui est aujourd’hui pieds et poings liés à une équipe avec laquelle il est sous contrat jusqu’au 31 décembre 2022. Le danger est qu'on finisse par l'oublier ...

Les jours et les semaines passent et rien ne semble bouger pour Carrasco. Un silence d’autant plus interpellant qu’une première porte s’est déjà fermée pour lui en Angleterre où le mercato s’est clôturé le 8 août dernier. Dans les autres grands pays européens, le mercato s'achève le 2 septembre. Va-t-il s’ajouter malgré tout à la longue liste de Diables de l’épopée russe à déménager cet été (Eden et Thorgan Hazard, Vincent Kompany, Simon Mignolet, Nacer Chadli, Romelu Lukaku, Dedryck Boyata, Thomas Vermaelen et Youri Tielemans qui a, lui, définitivement signé en faveur de Leicester) ? Le doute est permis.

Les possibilités ne semblent guère nombreuses. Son nom a circulé au Bayern Munich (qui vient d'acquérir le Brésilien Coutinho) et à l’AC Milan. Le club acquéreur doit avoir les reins assez solides financièrement car Dalian ne le laissera pas filer pour rien (un montant de 28 millions d’euros a été évoqué) et il faudra prendre en charge un salaire sans doute assez considérable. Cela limite donc les opportunités de se recaser en Europe. Si finalement, il obtient satisfaction, il atterrira dans un club avec lequel il n’aura pas participé à la préparation d'avant-saison. Sur le plan physique et du rythme, il va devoir "se remettre à niveau". Axel Witsel y était parvenu mais il avait rejoint le BVB avant le coup d'envoi de la saison en Bundesliga.

A son âge (26 ans qu’il fêtera le 4 septembre), Yannick Carrasco est sans aucun doute à un nouveau tournant important de sa carrière. Depuis son départ en Chine, même si Roberto Martinez affirme encore compter sur ses services, il n’est plus du tout incontournable chez les Diables rouges. Et ce, même si ses statistiques sont plutôt bonnes avec Dalian (7 buts et 5 assists en 25 matches en 2018 et déjà 14 buts et 7 passes décisives en 19 rencontres en 2019).

Avant le Mondial en Russie, sur le flanc gauche, il était LE titulaire. Au fil des matches, il a cependant perdu du crédit et surtout sa place. Sur les 5 dernières rencontres de la Belgique, il a à chaque fois débuté sur le banc et est monté au jeu dans 3 des 5 matches en question pour un total de temps de jeu de seulement … 30 minutes !

Thorgan Hazard a désormais pris possession des lieux à gauche et ce ne sera pas chose aisée de l’en déloger. Et derrière le frère d’Eden, il y a de la concurrence avec Nacer Chadli (qui a rejoint Anderlecht pour avoir du temps de jeu et pour à nouveau performer afin de convaincre le sélectionneur national qu’il est loin d’être fini) mais aussi Leandro Trossard qui va poursuivre sa progression en Premier League, à Brighton. Si nécessaire, Timothy Castagne peut également dépanner à cette position.

Bref, Yannick Carrasco est loin, très loin même, d’être assuré d’une place dans les 23 Diables qui disputeront l’Euro 2020. Le temps presse donc même si, en football, la vérité d’un jour n’est pas forcément celle du lendemain.

Quoi qu’il en soit, la réflexion qui prime actuellement est : "Quel gâchis !".

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