Wilmots s'en va : chronique d'un divorce annoncé...

Football : Thierry Luthers et Marc Wilmots
Football : Thierry Luthers et Marc Wilmots - © Belga Image

Depuis quelques jours, l’issue du dossier semblait inéluctable. Comme les Diables Rouges n’avaient pas atteint leur objectif lors du dernier Euro, le coach, traditionnel premier fusible, devait sauter… L’échec en quarts de finale face au Pays de Galles a été durement ressenti non seulement dans l’opinion publique mais aussi au sein de la Maison de Verre, chez l’employeur du coach fédéral.

Après quatre ans de bons et loyaux services à la tête de l’équipe nationale, la situation de Marc Wilmots devenait, cette fois, réellement intenable. D’autant que les langues se sont déliées entre-temps, démontrant que le Hesbignon ne faisait plus l’unanimité dans son vestiaire, la pire des situations sportives à vivre pour un coach. Depuis quelques jours, c’est aussi un style de coaching et un mode de fonctionnement qui avaient été sérieusement remis en cause. L’équipe n’avait pas assez progressé depuis deux ans et le manque de réactivité tactique de Marc Wilmots a été montré du doigt. Cela se retrouve même indirectement dans le catalogue des critères recherchés pour le nouveau profil d’entraîneur. Qui devra non seulement exciper d’une grande expérience internationale avec des résultats probants à la clef, se montrer flexible dans ses choix footballistiques, ne pas perdre de vue que les joueurs évoluent quasiment tous dans des clubs du top niveau, avoir une communication ouverte (cela, on ne peut certainement pas le reprocher à "Willie") et, enfin, travailler main dans la main avec la fédé.  Pas un mot évidemment sur l’enveloppe budgétaire prévue pour dénicher cet oiseau rare, belge ou non d’ailleurs, alors que les caisses fédérales ne débordent pas, c’est un euphémisme, et qu’il a fallu sans doute payer l’indemnité de sortie à Wilmots (rien d’annoncé officiellement à cet égard)….

Nouvel homme fort de la Fédération mais toujours Président de Bruges, Bart Verhaeghe n’a pas manqué de rappeler que Michel Preud’homme était toujours sous contrat à Bruges… au cas où cela nous aurait échappé. Mais nous restons persuadés, vu l’urgence, (amical de prestige contre l’Espagne le 1er septembre et premier match qualificatif à Chypre le 6) que l’entraîneur liégeois demeure le premier choix même si, pour respecter la procédure, les candidatures vont affluer sur le bureau de Chris Van Puyvelde, le Directeur technique (en place depuis novembre mais on s’aperçoit seulement aujourd’hui que c’est bien lui le patron sportif de l’Union Belge)…

Un mot enfin à propos de Marc Wilmots qui nous manquera avec son ton franc et direct, parfois enjoué, souvent sympa. Durant ces quatre ans passés à la tête de l’équipe nationale, il aura donné du tonus et de l’enthousiasme autour des Diables Rouges, redorant ainsi le blason belge sur des valeurs quasi-désuètes de patriotisme (drapeau, nation, peuple belge, Brabançonne…), les amenant surtout à la première place du ranking mondial de la FIFA. Enfin, sur un plan strictement comptable, son bilan est éloquent et virtuellement inattaquable: 51 rencontres, 34 victoires, 8 partages et 9 défaites, dont quatre seulement en match officiel. Mais la dernière en date, le 1er juillet à Lille, lui aura été fatale….

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