Wilmots : "Mon départ des Diables n'est pas une blessure"

Marc Wilmots
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Marc Wilmots - © EMMANUEL DUNAND - AFP

Marc Wilmots était l'invité de la "Grande interview" sur L'Equipe TV, ce lundi soir. L'ancien sélectionneur des Diables est revenu sur l'élimination face au pays de Galles, son départ, la complémentarité Hazard-De Bruyne, son avenir. "Mon départ des Diables n'est pas une blessure", a-t-il assuré.

Absences et manque d'expérience, les causes d'un échec

Les attentes étaient grandes en Belgique et ailleurs avant l'Euro. L'élimination en quart de finale face au pays de Galles a été très difficile à digérer. Marc Wilmots a notamment expliqué ce revers par les nombreux absents en défense (Kompany, Vertonghen, Vermaelen) et aussi par l'inexpérience de leurs remplaçants (Meunier, J. Lukaku, Denayer). "Dix ans d'expérience à Manchester ou Barcelone, ça ne s'achète pas. J'ai décidé de mettre des jeunes, mais ce qui est arrivé ce n'est pas leur faute", a-t-il souligné.

Interrogé sur une éventuelle faillite tactique, Willie est resté fidèle à sa ligne de conduite. "On était bien en place pendant 25 minutes. Et puis on a reculé. Pourquoi ? A-t-on eu peur ? Est-ce qu'on a cru que c'était fait ? Ce sont des questions qui restent encore aujourd'hui. Il y avait trois joueurs (Meunier, J. Lukaku, Denayer) qui ne devaient pas jouer. Ce sont des choses qu'on ne contrôle pas. Mais je préfère qu'on tape sur moi plutôt que pour les jeunes. Avec notre meilleure défense, on aurait pu aller au bout".

Son bilan chez les Diables


Wilmots a rendu son costume de sélectionneur. Il a retrouvé celui de supporter. "Mon départ n'est pas une blessure. J'étais bien sûr déçu de ne pas aller en demi-finale. Après 7 ans, c'était bon. J'avais fait le tour. Maintenant, je suis content", a-t-il affirmé en mettant son bilan en avant. "En quatre ans, on a pris 75% des points. En arrivant, je voulais remettre le pays sur la carte. C'est fait. On a aussi les meilleurs supporters d'Europe. Ce sont les seuls qui applaudissent l'hymne national adverse".

Concernant son départ, Wilmots l'explique par des changements dans la hiérarchie à l'Union belge. "Il y a eu une guéguerre entre les pro et les amateurs à l'Union belge. Les pros ont repris le pouvoir et ont voulu reprendre en main la gestion sportive de l'équipe nationale. Je ne voulais pas travailler comme ça, donc j'ai décidé d'arrêter".

Il souhaite le meilleur à ses anciens protégés pour la suite. "Ce sont aux joueurs de montrer qu'ils ont envie. Le staff a changé, j'espère que ça va aller mieux parce que je reste supporter de l'équipe nationale. Mais faire mieux, c'est aller en demi-finale ou gagner une Coupe du Monde. Avant, on était la surprise, maintenant tout le monde veut se payer le scalp de la Belgique". Roberto Martinez a installé une défense avec trois arrière-centraux. Un système que Marc Wilmots n'a jamais testé parce que les Diables ne jouaient pas dans ces schémas en clubs et qu'il n'a pas eu la possibilité (en raison des blessures) et "le temps de travailler les automatismes". Il reconnait l'avantage de ce dispositif. "Ce système avec cinq défenseurs donne plus de liberté aux deux joueurs de classe mondiale."

Hazard et De Bruyne complémentaires ? Une évidence

L'ex-attaquant pense évidemment à Eden Hazard et Kevin De Bruyne. Deux joueurs dont la compatibilité ne se discute pas et qui "doivent toujours être dans l'équipe".

Pour Wilmots, la qualité de passe de KDB, la capacité d'Hazard à faire la différence sur une action individuelle sont complémentaires. "Il suffit de voir le nombre de match qu'ils ont gagné ensemble, les buts et les assists qu'ils ont marqués." Au sujet du joueur de Chelsea, il assure qu'il a encore "beaucoup de belles années à donner à la Belgique". "Il est en évolution constante. Il est cool, tranquille. Je l'ai vu grandir depuis son arrivée à 17 ans chez les Diables. Je lui ai donné le brassard pour le responsabiliser, le faire grandir plus vite. Avant, il se contentait de réaliser une action, sans aller au bout. Maintenant, il prend du plaisir à être buteur. Il va être de plus en plus décisif".

Prêt à rebondir

L'arrivée de Thierry Henry dans le staff belge a surpris en France. Wilmots est convaincu que Titi peut apporter son vécu à nos jeunes attaquants. "J'ai appris en Allemagne que c'est toujours mieux de montrer que d'expliquer. Il peut le faire, c'est un avantage qu'il a". Aurait-il accueilli le Français dans son équipe ? "On ne me l'aurait pas imposé mais si on me l'avait proposé pourquoi pas ? Il aurait fallu dialoguer avec lui, parler de sa vision et de son rôle, de ce qu'il peut apporter".

La page Diables rouges est donc tournée. Wilmots se dit prêt à "rebondir" de préférence dans un club "pour nourrir sa passion au jour le jour". Il attend simplement le bon projet. "Je suis prêt, mon staff est prêt", insiste-t-il en révélant qu'il a refusé d'aller à Valence sur les conseils de Jorge Mendes son agent.

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