Wilmots: "J'ai failli être sélectionneur de la Hongrie"

Wilmots: "J'ai failli être sélectionneur de la Hongrie"
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Wilmots: "J'ai failli être sélectionneur de la Hongrie" - © Tous droits réservés

Marc Wilmots s'est confié en exclusivité au micro de Vincent Langendries ce vendredi, à deux jours du 1/8ème de finale que les Diables disputeront contre la Hongrie. Le sélectionneur national a fait le point sur l'actualité du groupe et affirmé qu'il avait été approché il y a plusieurs années par la fédération hongroise pour devenir le sélectionneur magyar. "J'ai failli être sélectionneur de l'équipe de Hongrie, il y a 7-8 ans ou 9-10 ans" nous déclare Marc Wilmots. "Le Président m'avait contacté. J'ai donc bien suivi l'équipe de Hongrie et les jeunes qu'ils avaient à l'époque, comme Nemeth par exemple. L'équipe avait bien presté. Il y avait une bonne génération. Cela ne m'étonne donc pas qu'ils soient maintenant en 1/8ème de finale de l'Euro. Ils ont un bon amalgame entre les jeunes et les plus anciens. Ils ont les armes pour jouer en contre attaque. Il faudra faire attention. Nous devons mettre des attaques placées et ne pas nous livrer à fond car le match peut durer plus de 90 minutes. Il faudra voir la forme du moment."

Ce match de 1/8ème de finale génère beaucoup d'attentes en Belgique après le verdict de la phase de poule, qui a placé la Belgique dans le côté de tableau plus accessible, sans les grandes nations historiques que sont l'Angleterre, l'Espagne, l'Allemagne, la France ou encore l'Italie. Marc Wilmots tempère: "Il y a beaucoup d'équipes avec de la qualité. L'Espagne, l'Allemagne, ... mais qui a dominé vraiment un adversaire jusque maintenant? On nous critique plus que d'autres mais les grandes équipes n'ont pas fait plus. Parce que physiquement les petits pays sont en forme, jouent resserrés et en contre. Il faut donc gérer les matches, ne pas être naïf. Il nous faut de la maturité. On l'a eue contre la Suède. Il fallait être calme et attendre. Il faut du métier. On le voit avec l'Italie. Elle fait la faute nécessaire, elle met le pied sur le ballon. C'est un art de faire cela."

L'objectif du sélectionneur national dépasse ce simple tournoi: "Nous avons un groupe jeune. On a construit un groupe pour l'avenir aussi, pour qu'il continue à avoir des résultats. Le tournoi, c'est la cerise sur le gateau. On peut aller en 1/4, en 1/2... L'objectif est toujours d'aller jusqu'au bout. C'était aussi le cas lors de la Coupe du Monde. On est tombé sur un os mais on a eu aucun regret car on a essayé de faire le maximum. Ici, ce sera la même chose. Ce qui est important c'est le travail sur le long terme que nous sommes en train d'effectuer."

Dimanche, Marc Wilmots sera officiellement à la tête de son 50ème match avec les Diables Rouges: "C'est un beau jubilé" avance le Belge "avec match à enjeu. C'est pour cela qu'on fait ce métier, de footballeur ou entraineur. On a un objectif: aller le plus loin possible, avec un groupe jeune, qui a envie." Son bilan est flatteur avec, en 49 matches, 33 victoires, 8 nuls et 8 défaites pour 72% de points gagnés: "Je suis fier de ce bilan. On a toujours parlé du bloc équipe. On a les talents individuels et on a travaillé pour que ces individualités se mettent au service de l'équipe. Et puis, il y a le mental, l'envie, les supporters. Quand je vois qu'il y a 10 ou 12000 supporters belges aux matches, avec un esprit fair play. On a un public fantastique. Mais forcément, on n'accepte plus une seule défaite, cela devient presque un drame national. Il faut donc trouver le bon équilibre, regarder le bilan de ces 4 dernières années."

Au pays toutefois, c'est clair, une élimination serait vécue comme un échec: "Chaque élimination est un échec" rebondit Marc Wilmots. "Après il faut voir comment cela s'est passé. Si on est éliminé, tout le monde va partir avec un goût amer, nous les premiers. On a envie de faire plaisir aux supporters belges le plus longtemps possible. Mais il y a de temps en temps des matches où cela ne tourne pas. Heureusement, c'est arrivé rarement ces derniers temps. On part peut-être avec 60% de chance mais cela ne veut rien dire en football. J'ai connu beaucoup de matches comme cela. Eux sont dans un contexte hyper relax, comme nous étions avant d'affronter le Brésil en 2002. Il fallait voir la tête des Brésiliens, tellement ils étaient stressés car ils étaient obligés de bien prester. Pour dimanche, c'est à moi à gérer cela calmement et à bien les préparer pour ce duel."

Une chose est sûre, le coach prépare son match dans les moindres détails et envisage toutes les possibilités, y compris de départager la Belgique et la Hongrie aux tirs au but. Si cela devait être le cas, les 5 tireurs sont déjà désignés: "En 1, Eden Hazard. En 2, Kevin De Bruyne. En 3, Romélu Lukaku, Axel Witsel et Dries Mertens. Ça, c'est pour la théorie. Après, il y a le contexte du match, les émotions et le feeling. On va faire une petite séance de tirs au but demain."

Marc Wilmots est aussi donné des détails sur la réunion "de crise " qui s'est tenue juste après la défaite contre l'Italie. "C'est la première fois qu'on débutait un tournoi avec une défaite. Jean-François Gillet, moi-même, avons senti que c'était le moment de rassembler le groupe, de faire l'unité. Ils l'ont fait. Simon Mignolet a eu un rôle capital dans cette réunion, qui n'a duré que 3 minutes. Ils se sont dit les choses simplement, que tout le monde devait être positif et aller de l'avant."

Pour terminer, le sélectionneur national est revenu sur le cas de Radja Nainggolan, qu'une vidéo diffusée en Italie montre avec un paquet de cigarettes dans sa chambre d’hôtel. "Je connais bien Radja. Il a besoin de fumer. Je ne sais pas combien [de cigarettes] mais je m'arrange toujours pour avoir une chambre avec balcon pour lui. C'est dans ses habitudes. Je pense que si je l'empêche de fumer, il va casser sa chambre. Tant qu'il preste sur le terrain, je n'ai aucun problème. Les autres joueurs non plus. Je ne suis pas son père. Je ne vais pas lui interdire, il a 26 ans. Si un joueur veut boire un verre de vin, il peut, si il veut fumer une cigarette, il peut aussi. Je ne vais pas changer la personne, ce n'est pas mon but. Mon but, c'est qu'il s'entraine, qu'il joue bien et qu'il fasse des performances."

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